Des baladeurs pour postsynchroniser en anglais
Collège Louis-Pasteur de la Celle-Saint-Cloud (78)

Publié le

Utilisation d’une mallette de baladodiffusion pour postsynchroniser des dialogues inventés avec des extraits de séries.

Catherine Valentin a expérimenté, dans des classes de troisième et sixième, à deux périodes différentes, deux mallettes de baladodiffusion. Ces élèves ont entre autres choses postsynchronisé des dialogues inventés avec des extraits de vidéos.

Nous vous proposons ci-dessous son retour d’usage.

Aspect pédagogique

    • Au premier trimestre j’ai pu emprunter les MP4 mais seulement pour une courte période car ce matériel a beaucoup de succès auprès des enseignants. J’ai donc eu juste le temps de les utiliser comme moyen d’évaluation de l’expression orale individuelle en troisième. Les élèves devaient lire et répondre à un quiz de personnalité en s’inspirant de modèles étudiés en classe.
    • L’expérience a été très positive. Au lieu de passer les uns après les autres devant la classe entière sur plusieurs séances, tous ont pu s’enregistrer sans avoir à affronter le regard des autres, tout le monde a passé son oral le même jour et surtout ils ont pu s’enregistrer plusieurs fois, s’écouter, s’autoévaluer et améliorer leur oral grâce à la fiche d’évaluation que je leur avais fournie (accent de mot, intonation des questions, apartés, hésitations, exagérations…) pour ne me restituer que leur meilleure prestation. (Il est indispensable de noter le numéro du
      MP4 prêté à chaque élève car certains oublient de donner leur nom au début de l’enregistrement).
    • Les plus réservés ont pu enfin oser s’appliquer en respectant les consignes et les critères donnés et les moins travailleurs ont dû fournir un effort supplémentaire puisqu’ils étaient obligés de s’autoévaluer avant de s’enregistrer à nouveau et donc améliorer leur première production. Devant la classe entière, ces derniers se seraient contentés de lire un texte d’une voix monotone sans tenir compte des critères d’évaluation.
    • Au début j’ai pensé que la notation allait me prendre beaucoup de temps puisqu’il s’agissait d’écouter les productions des élèves de mes trois classes de troisième… Finalement j’ai trouvé cela plaisant et assez rapide car d’une part les élèves s’étaient vraiment bien investis, l’écoute était facile (le bruit de fond des autres élèves qui s’enregistraient en même temps n’a pas du tout gêné l’écoute) et d’autre part ma grille d’évaluation facilitait la notation. Je n’ai pas eu besoin d’écouter plusieurs fois un même enregistrement.
    • Au troisième trimestre, les élèves de troisième ont dû travailler en binôme pour inventer, écrire puis enregistrer la doublure d’un petit extrait de film. Comme la lecture de la vidéo sur les MP4 n’a pas fonctionné, j’ai projeté l’extrait vidéo muet (1mn 13s) grâce au TNI. Je l’arrêtais à chaque réplique pour que les élèves puissent rédiger les répliques à deux. Lors d’une deuxième séance, les élèves ont pu s’enregistrer tout en fixant la vidéo sur grand écran devant eux. La synchronisation n’était pas parfaite mais le travail était là. Il s’agissait d’une tâche finale non évaluée à l’issue d’une séquence sur le thème de la dispute et de la réconciliation entre amis et les élèves devaient réinvestir le vocabulaire et les structures étudiés à cette occasion.
    • Tous les dialogues inventés étaient différents. (J’avais dû parfois former moi-même quelques binômes afin que certains élèves en difficultés soient aidés par des élèves plus autonomes et plus moteurs.) Le résultat était là ; quelle créativité ! Et quelle joie pour eux de pouvoir entendre leur voix dans une série télévisée !
    • Personnellement, ce travail m’a également permis d’apprendre à utiliser le logiciel Windows Movie Maker pour couper la vidéo, enlever le son et les paroles d’origine et y ajouter les enregistrements de mes élèves.
  • En fin d’année, mes deux classes de sixième ont également pu bénéficier des MP4. Cette fois-ci il s’agissait d’un travail de compréhension orale suivi d’expression orale individuelle. Tout d’abord ils ont dû écouter deux très courtes histoires puis tester leur compréhension et leur mémoire par écrit. La deuxième étape était de l’expression orale individuelle ; écouter et répéter des énoncés puis enregistrer un petit poème donné, basé sur le travail d’accentuation effectué précédemment lors des répétitions.

Aspect technique

  • La prise en main de la mallette Balibom a été vraiment très facile surtout par rapport à la mallette que j’avais empruntée en début d’année scolaire. Avec Balibom il suffit de brancher une prise de secteur à la mallette, poser les MP4 sur leur socle puis importer les fichiers audio à partir de sa clé USB. Avec la première mallette, je n’étais pas arrivée à collecter les enregistrements de mes élèves pour les emporter chez moi sur ma clé USB. J’avais donc dû évaluer les enregistrements de mes élèves sur place, au collège, en utilisant mes écouteurs pour chaque MP4.
  • La seule difficulté rencontrée avec la solution Balibom a été la diffusion de vidéos. Le format n’était pas le bon. J’ai appris que je devais changer de « codec ». Grâce à l’aide de trois de mes collègues, nous avons cherché plusieurs types de format ou codec ; aucun n’a marché ! Un seul sur une petite dizaine permettait de visionner quelques images mais la qualité était vraiment très mauvaise. De toute façon, après réflexion, je déconseille les MP4 pour les vidéos car l’écran est vraiment petit !
  • J’avais également imaginé que les élèves auraient pu visionner l’extrait vidéo muet sur les MP4 et s’enregistrer en même temps à la place des acteurs mais cette double tâche (visionner + enregistrer) n’est pas prévue sur les MP4.

Aspect humain devant l’expérience innovante

    • Les élèves étaient vraiment ravis, curieux et enthousiastes de pouvoir modifier leurs habitudes de travail.
    • Le fait de s’enregistrer individuellement a un peu déstabilisé les plus timides au tout début mais étant donné que tous les élèves devaient parler en même temps à voix haute, tout le monde s’y est mis rapidement.
    • Deux ou trois élèves ont regretté que les écrans ne soient pas tactiles et auraient préféré des appareils encore plus sophistiqués tels que des « iPads », « iTouch » ou autre… Mais globalement ils étaient très contents ; rare étaient ceux qui avaient oublié leurs écouteurs !
    • Trois ou quatre élèves se sont amusés à aller écouter la radio mais comme ils avaient un travail à rendre, cela n’a pas duré !
  • Les familles ont été prévenues de l’utilisation des MP4 par le site internet du collège, le carnet de correspondance ainsi que le cahier de textes puisque les élèves devaient apporter leurs propres écouteurs. Je n’ai pas eu de retour de la part des parents.

Catherine Valentin, professeure d’anglais au collège Louis Pasteur de la Celle-Saint-Cloud
Emprunt réalisé dans le cadre de Créatice