Photo et vidéo en Arts Plastiques et EPS au collège Collège Émile-Zola, Suresnes (92)

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Autonomie des élèves et valorisation des résultats sur un projet interdisciplinaire.

Claire Pastor, professeure d’Arts Plastiques au collège Emile Zola, à Suresnes, a emprunté une mallette d’appareils photo et une mallette vidéo.
Voici son retour d’usage.

Le projet

Il s’agit d’un travail interdisciplinaire en groupe avec une classe de cinquième de 30 élèves, mené avec la collaboration du professeur d’EPS. Tout le cours est élaboré autour d’un thème commun qui est la PROLIFÉRATION.
Le professeur d’EPS élabore une chorégraphie en lien avec ce mot, il s’attache particulièrement à l’amplitude du geste, au rythme lent et rapide, au désaxer, milieu/centre, unité et naissance d’autre chose.
Comme ce thème fait appel à la naissance, nous avons convenu de faire quatre tableaux avec différents types d’arbres : le sapin, le saule pleureur, un chêne, le noisetier tortueux. Cette chorégraphie, pour qu’elle est du sens, a besoin d’être filmée. Les élèves ne se voient pas danser.
Par la suite les élèves vont travailler ces mouvements en arts plastiques par rapport à des ombres. L’incitation pour ce cours est "prolifération d’ombres".
Pour que les idées de mouvement et de prolifération puissent être travaillées par les élèves, il est utile de leur faire découvrir le médium photographique et cinématographique. Ils pourront enregistrer des images sur les déformations que vont provoquer ces ombres.
C’est un vrai travail collaboratif qui met en exergue le corps, le corps en mouvement et le corps en tant que medium. Le film et les photographies me semblent être le meilleur support pour faire découvrir aux élèves ce qu’ils auront fait. Mais également faire toucher du doigt l’illusion de mouvement que procurent le cinéma et des photographies mises les unes derrières les autres.

Toutes les productions constitueront un film. Celui-ci sera projeté devant l’équipe enseignante et les parents de cette classe.

Utilisation des appareils photo numérique

  • Aspect technique
    Les élèves n’ont eu aucun souci d’utilisation. La prise en main s’est faite immédiatement.
  • Aspect humain
    Les élèves ont été très surpris d’avoir du matériel de qualité et en quantité. Ils ont été lors du cours répartis en groupe de trois. Les appareils photographiques ont donc été utilisé par tous les élèves à tour de rôle.
  • Aspect pédagogique
    Autonomie : les élèves ont été en totale autonomie. La séquence a été répartie en deux séances.
    La première séance consistait en la découverte des possibilités de l’appareil par leurs propres moyens. Nous avons par la suite regardé les productions et fait un bilan : le cadrage, la lumière, les ombres.
    Les élèves lors de la deuxième séance ont été également remis en totale autonomie, avec juste un rappel sur les observations du cours précédent. Les photos étaient mieux cadrées, plus réfléchies que les premières.
    Valorisation des résultats
    Les élèves ont été mis en contact direct avec cet outil graphique qu’il ne connaissait pas sous ce jour. Ils ont eu la sensation de faire de "vraies photos" (mots dit par les élèves) et de découvrir une partie des aspects de la photographie : le cadrage et décider ce cadrage. Les résultats étaient de très bonne qualité plastique et ce sans retouche artificielle ; aucune photographie n’a été corrigée, modifiée par un logiciel. Pendant deux séances les élèves ont été des photographes.

Utilisation de la vidéo

  • Aspect technique
    Beaucoup plus difficile au niveau de la prise en main, sans fiche explicative. Nous n’avons changé que quelques paramètres, essentiellement la luminosité.
  • Aspect humain
    Les élèves qui ont pu utiliser l’appareil ont bien aimé la sensation que procure le fait de filmer. La caméra a été utilisée en fixe et en mobile. Ainsi l’élève était derrière sa caméra immobile (avec toute l’attention que cela demande), mais également en mouvement à la poursuite d’éléments. Pour cet appareil seulement deux élèves ont pu être utilisateurs. Ils filmaient le reste de la classe qui réalisait une autre activité. Les élèves, le temps de deux séances, sont devenus acteurs...
  • Aspect pédagogique
    Autonomie  : les deux élèves étaient seuls lors de la prise de vue. Je les ai laissés volontairement découvrir les contraintes de cet appareil. Par exemple, lors d’une prise en mouvement caméra, il faut faire attention à ses gestes, sinon l’image est floue, instable, cela peut être volontaire mais il faut que cela ait du sens, donner au spectateur la sensation qu’il bouge lui aussi, qu’il est au cœur de l’action. Ils ont donc été amenés à réfléchir : " Qu’est ce que j’ai envie de faire vivre au spectateur ? Et comment rendre compte de cela ? "
    Valorisation des travaux
    Le film réalisé a été projeté en classe. Le montage a été réalisé par mes soins. Le montage ne faisait pas partie de la séquence. Peut-être une autre fois !!! Pour ce travail ce qui était visé c’est comment donner la sensation de réalité à une scène en mouvement et comment faire partager ce moment au spectateur, et ce en une seule prise.
    Avec cet appareil les erreurs se voient immédiatement, puisque l’on peut regarder le film. Il est donc aisé de refilmer jusqu’à obtenir satisfaction. Les élèves étaient seuls décisionnaires. Le fait de voir les micros films devant la classe comme de vrais films, au cinéma (j’avais préalablement installé la salle), le élèves ont été surpris de la qualité de leurs images défilantes ; leurs camarades les ont félicités.

Conclusion

En bref une très belle expérience, autant pour moi que pour les élèves, mes objectifs sont atteints.
L’essentiel de cette séquence était l’autonomie des élèves et la valorisation des résultats. Les élèves ont vraiment aimé ce qu’ils voyaient et en ont été très fiers. Ils ont vraiment eu la sensation que les résultats étaient aboutis, finis et beaux (mots d’élèves).

Claire Pastor, professeure d’Arts Plastiques
Collège Émile-Zola, Suresnes (92)

Matériel prêté dans le cadre de Créatice