Réaliser des carnets de voyages avec des tablettes en collège Collège Saint-Exupéry, Villiers-le-Bel (95)

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Voyage dans le Paris cosmopolite : écrire, dessiner, photographier avec des tablettes.

Voici un témoignage d’expérimentation de tablettes Ipad au collège Saint-Exupéry à Villiers-le-Bel (95).

Le projet

Dans le cadre des actions éducatives du Val d’Oise et avec la MDE95-Canopé, nous participons au projet « Carnets de voyage » avec une classe de 5e. Notre projet a pour thème « Voyage dans le Paris cosmopolite » ; lors de trois sorties, nous nous rendrons, pour des temps d’écriture et de dessin, dans des lieux qui évoquent les différents continents, tous situés à Paris : Institut du Monde arabe, musée du quai Branly, statue de la Liberté, place de l’Europe, une rue du 18e arrondissement, etc.

Nous souhaitons, grâce aux tablettes, permettre aux élèves d’écrire « en direct » lors des sorties (productions « poétiques » et comptes-rendus de la journée), de prendre des photographies et de les traiter. Cela permettrait de renouveler et de faciliter les situations d’écriture, de rassurer et motiver les élèves peu à l’aise avec l’écrit. Pendant la sortie, l’accès au site de la carnettiste qui nous accompagne sur le projet pourrait permettre de nourrir la créativité des élèves (recherche d’idées dans un lieu ou face à un objet). Les comptes-rendus des sorties seront retravaillés pour être publiés par les élèves sur le site du collège.
La prise en main de l’appareil ouvrira certainement d’autres perspectives, les enseignantes n’étant pas encore familières de leur usage (applications permettant de dessiner par exemple).
Les tablettes seraient utilisées lors des deux dernières sorties ; une première sortie sans tablettes permettra aux élèves de se familiariser avec la démarche et aux 4 accompagnateurs de les aider dans l’utilisation du matériel technique emporté et d’anticiper l’utilisation du matériel numérique.

Utilisation

Nous avons utilisé 4 tablettes Ipad2 dans le cadre d’un projet de « Carnets de voyages » proposé par le Conseil général du Val d’Oise.
Il s’agit de faire réaliser par les élèves des carnets de voyages sur le Paris cosmopolite. Les productions (textes, dessins, collages) sont réalisées sur des cartes touristiques de Paris et sont destinées à être publiées par le Conseil Général du Val d’Oise.

Les tablettes ont été utilisées lors de la phase de « préparation » ; au cours de deux sorties dans Paris, elles ont permis les usages suivants :

  • Recherche documentaire (vérification d’informations sur les éléments culturels observés)
  • Prise de photographies
  • Prise de notes (copie de cartouches de présentation d’objets dans des musées)

Ensuite, les tablettes ont servi à présenter les photographies afin que les élèves puissent dessiner les objets qui avaient été pris. D’autres photographies ont été imprimées pour des collages.

Prise en main

  • Facile sur place avec la démonstration du personnel de Canopé pour la connexion du compte et le transfert de photos.
  • Aide d’un possesseur d’Ipad pour quelques astuces de prise en main (gestes).
  • Un compte avec une adresse mail spécifique a été créé pour le projet afin d’éviter une éventuelle divulgation d’informations personnelles en laissant les élèves en autonomie.
  • Le choix des applis a été limité pour notre projet : certaines des applis pour les musées étaient payantes, d’autres que nous avions sélectionnées ne correspondaient pas à notre thème (visite virtuelle de Paris historique). Nous avons créé sur la tablette quelques liens vers les sites des musées et Wikipédia.
  • Pas de difficultés particulières de prise en main par les élèves qui se sont vite approprié l’application « photo ».

Difficultés pédagogiques et humaines

  • Problème d’équipement local : le CDI, lieu du projet, n’est pas équipé de bornes wifi… l’usage des tablettes a donc été quasi nul après les sorties.
  • Les élèves se sont montrés intéressés par l’objet mais vite excités et surtout occupés à se prendre en photo. L’organisation du travail des élèves pendant le projet (libre circulation avec du matériel de peinture et de collage) a conduit à des restrictions d’utilisation : nous avons imposé le fait de laisser une tablette par table pour dessiner à partir de photos, mais ne pouvions suffisamment surveiller le matériel dans le grand CDI, et y avons donc renoncé.
  • Les housses sont pratiques pour des sorties mais n’ont pas de protection d’écran. Nous en avons acheté afin de confier plus sereinement les tablettes aux élèves, mais cela a généré pas mal de stress.
  • L’installation d’un compte mail et des liens sur chaque tablette a été quelque peu fastidieuse, mais surtout le transfert des photos par mail (déconnexions intempestives) puis leur récupération.
  • Les photos ne sont pas de grande qualité lorsque l’éclairage est faible.
  • Enfin nous avons eu quelques difficultés organisationnelles et nous n’avions pas réservé le matériel adéquat pour notre usage (ipad sans caméra).

Au final

Nous avons le sentiment d’avoir nettement sous-exploité le matériel emprunté. L’expérience « innovante » est restée traditionnelle. Le matériel devait venir en renfort d’un projet qui avait déjà commencé et qui devait respecter un délai court ; or nous avions déjà installé les élèves dans des habitudes organisationnelles et nous n’avons pas eu le temps nécessaire pour les repenser.
Il aurait probablement fallu :

  • Emprunter davantage de tablettes (1 pour un groupe de 5 ou 6 élèves en sortie implique une moindre responsabilisation des élèves) : une par binôme avec un responsable clairement identifié aurait été nécessaire.
  • Vérifier l’installation des bornes wifi – même dans un collège dit numérique…
  • Emprunter largement en amont (ou posséder soi-même) une tablette afin d’avoir le temps de se familiariser avec les applis et de laisser les idées émerger.
  • Venir emprunter les tablettes avec nos identifiants Itunes puisque nous en avions, afin de tester l’installation d’applis sur place.
  • Dans le cadre de notre projet, nous aurions eu besoin d’un accompagnement plus ciblé pour utiliser au mieux ces tablettes, en amont comme pendant le projet (suggestions d’utilisation en rapport avec le projet par exemple). Afin de réaliser une expérience innovante sur l’utilisation de tablettes, cette utilisation doit être un objectif même du projet, ce qui n’était pas le cas du nôtre - et un accompagnement est nécessaire.

Cependant cette expérience nous a donné l’envie – et le coup de pouce – pour acheter, à titre personnel, une tablette ; cet achat débouchera sans aucun doute sur des idées pédagogiques davantage ou réellement « innovantes ».

Amélie Boulay et Johanne Rastel, professeures
Collège Saint-Exupéry, Villiers-le-Bel (95)

Matériel prêté dans le cadre de Créatice