Utilisation de tablettes tactiles : danse en EPS 6e Collège Georges Pompidou, Orgerus, 78

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Le retour vidéo de sa propre prestation permet une prise de conscience rapide des objectifs à atteindre.

Aline Dessiaume, professeure d’EPS au Collège Pompidou, Orgerus, témoigne de son utilisation d’une mallette de tablettes lors des cours de danse dans sa classe de 6e.

Démarche

Nous avons pu exploiter le matériel sur 4 séances correspondant au début du cycle danse.
Nous avons donc ciblé notre travail sur « l’unisson » (effectuer à 2 les mêmes gestes au même moment) et la suppression des gestes « parasites » qui traduisent généralement une gêne face au regard des autres et empêchent le danseur d’entrer totalement dans son rôle.
Ces deux critères ont été pris en compte conjointement mais sur des chorégraphies de plus en plus complexes.

Avant de les placer en situation, nous leur avons demandé de visionner sur la tablette une chorégraphie courte effectuée par des élèves de 6ème qu’ils ne connaissent pas (vidéo issue d’une expérimentation pédagogique dans l’académie de Nancy). L’exercice consistait à comptabiliser les gestes parasites relevés dans la vidéo.
Ceci a permis d’une part de mieux cerner ce que sont ces gestes, qu’il conviendra d’éviter, et d’autre part de s’initier au rôle d’observateur en orientant le regard sur des critères objectifs sans dimension affective (élèves danseurs méconnus).

Ensuite, les élèves étaient regroupés par 4, soit 2 binômes fonctionnant alternativement dans les rôles de danseur et d’observateur/caméraman.
Chaque binôme réalisait une chorégraphie simple en étant filmé et observé par un autre binôme. L’objectif était de repérer les gestes parasites, puis d’effectuer un retour aux danseurs afin qu’ils améliorent leur prestation.


Nous avons utilisé la même démarche pour le travail de l’unisson.

Tout en augmentant progressivement la taille des groupes de travail, afin que les danseurs s’exposent à un public plus nombreux, des vidéos de danseurs confirmés voire professionnels, dans des styles différents (urbains, folkloriques, contemporains …etc), ont été proposées aux élèves.

Bilan

  • Par l’utilisation du matériel, nous avons constaté une amélioration de la motivation (surtout chez les garçons qui entraient à reculons dans cette activité) et de l’autonomie chez la majorité des élèves.
  • Le retour vidéo de sa propre prestation a permis une prise de conscience rapide des objectifs à atteindre, une visibilité immédiate de la progression et une meilleure mémorisation de la gestuelle à reproduire.
    L’’observation médiée par la tablette a permis à chaque élève de prendre une part active dans l’évaluation (auto-évaluation, et co-évaluation).
  • Le regard des autres est plus facilement accepté par le filtre de la tablette et par le travail en groupe restreint.
  • Les groupes ont pu évoluer à leur propre rythme, en consultant les consignes disponibles sur la tablette, et en refaisant les exercices.
  • Ce type de matériel s’est révélé un excellent catalyseur dans la verbalisation et les interactions entre les élèves.
  • Les élèves ont pu accéder à une petite partie de la culture de la danse en visualisant dans des conditions confortables pour chaque élève des vidéos d’artistes reconnus.
  • Une tablette par groupe fait gagner un temps considérable dans le choix d’une musique lorsque l’on souhaite offrir un large éventail de style musical.
  • Pour l’enseignant : gagner du temps pendant la séance, afin d’être plus disponible pour multiplier et individualiser les interventions.

Liens avec le socle commun

Compétence 1 : Prendre en compte les propos des autres, expliquer son point de vue, rester dans le propos de l’échange.
Compétence 5 : Acquérir une culture et une sensibilité artistique et s’ouvrir vers différents formes d’expression (histoire des arts).
Compétence 6 : Comprendre l’importance du respect mutuel, accepter les différences, participer à la réalisation d’une production collective
Compétence 7 : Concevoir et mener un projet à son terme

Limites

Si l’utilisation de ce type de matériel permet de gagner un temps précieux dans les apprentissages, elle est assez chronophage pour l’enseignant en amont et en aval de la séance (travail conséquent pour la création, la distribution des fichiers avec éventuellement des conversions de formats, la récupération et l’exploitation des vidéos …).
Des bras musclés sont préférables pour déplacer la mallette qui pèse son poids, même avec des roulettes, de la voiture au gymnase, en passant par le collège et jusqu’à chez soi où l’on envahit son bureau avec les tablettes, l’ordinateur, la plate-forme de synchronisation et les différents câbles.

Je recommande chaudement néanmoins ce type de projet (même à ceux que la musculation et le travail nocturne rebutent !), pour tous les bénéfices décrits plus haut.
Je conseille également de ne pas se limiter à une seule classe mais de profiter du matériel pendant le délai du prêt et expérimenter d’autres projets simultanément dans d’autres activités.

Aline Dessiaume, professeure d’EPS
Collège Pompidou, Orgerus (78)

Matériel prêté dans le cadre de Créatice