Lecture et écriture avec les ardoises numériques à l’école élémentaire Ecole Jules-Ferry, Montgeron (91)

Publié le

Premier prêt des ardoises Bic dans l’ Essonne : retour d’usage des enseignantes

Le CDDP d’Evry, par l’intermédiaire d’Alexis Tarrassenko, Professeur ressources informatiques sur les circonscriptions d’Evry et de Montgeron, a proposé à l’école élémentaire Jules Ferry d’expérimenter pour la première fois dans l’Essonne les ardoises numériques Bic en cycle 2. Deux enseignantes ont répondu favorablement :
- En tant que maître +, Géraldine Madarasz, nommée sur ce poste cette année dans le cadre du dispositif "plus de maîtres que de classes" et intervenant essentiellement sur le cycle 2 est référente du projet.
- Amandine Besnard-Lambert, qui occupe le poste CLIN sur l’école, participe aussi au projet avec des élèves allophones et issus du voyage.
L’utilisation de ces ardoises nécessite une formation de 2h qui s’est déroulée au CDDP d’Evry et a permis la prise en main du logiciel Bic, l’élaboration de premiers exercices, et un aperçu des possibilités pédagogiques de ce matériel.
Le principe est l’utilisation d’un « cartable enseignant », clé USB contenant le logiciel et permettant de travailler sur un PC à son domicile par exemple pour élaborer les exercices et le soir, au retour, effectuer les corrections pour chaque élève. Cette clé USB branchée sur le PC fourni avec les ardoises, et synchronisée à chaque nouveau branchement, permet de transférer aux ardoises les exercices sous forme de séances qui peuvent être collectives ou individualisées (selon des groupes qui ont été faits au préalable, les noms et prénoms des élèves étant enregistrés au début).


Mise en place du projet :
Particularité de l’école :
L’école Jules Ferry est repérée sur la circonscription comme une école à profil particulier même si elle ne relève pas de l’éducation prioritaire. La nouveauté de cette année est le moyen supplémentaire attribué dans le cadre du dispositif PMQC.
Par ailleurs, l’école a une structure particulière : les bâtiments du cycle 2 et du cycle 3 sont séparés par une rue.
Nous sommes deux enseignantes sans classe, ce qui présente un intérêt car nous avons pu dégager du temps pour la préparation des exercices et nous avons travaillé en atelier avec les élèves en dehors de la classe. Cela présente également un inconvénient, nous n’avons pu exploiter toutes les possibilités de l’outil et nous nous sommes essentiellement focalisées sur le français.


Public ciblé :

  • Tous les élèves de CP soit environ 56 élèves. Chaque élève s’est exercé sur les ardoises 2 fois par semaine. Les exercices étaient en lien avec l’album étudié en classe : Brouille et Chatouilles de Carol Thompson
  • 14 élèves de CE1 étaient concernés dans le cadre d’un décloisonnement lecture, 2 fois par semaine, en lien avec l’ouvrage étudié : Une soupe 100% sorcière, et en lien avec le projet d’écriture : la recette.
  • Madame Besnard-Lambert est intervenue dans le cadre de séances décrochées auprès de ses groupes de voyageurs et d’allophones.

Préparation des exercices
Dès la réception des ardoises, nous avons banalisé deux après-midi pour nous familiariser avec les outils. Le logiciel offre plusieurs supports d’exercices : activité écrite / étiquettes / internet/ calcul / tables de calculs / tableau libre / QCM .
Nous avions également la possibilité d’importer directement des documents personnels. L’utilisation de ces derniers s’est avérée complexe lors de la manipulation par les enfants : le format ne correspondait pas toujours au format de l’ardoise.

Malgré une réflexion anticipée, pendant les vacances, sur les exercices que nous allions proposer aux élèves, la réalisation des exercices s’est révélée laborieuse lors de la mise en pratique réelle. La première prise en main fut longue, dispersée et engendra du découragement. C’est pourquoi nous avons décidé de nous concentrer sur les supports suivants : activité écrite / étiquettes / tableau libre/ QCM.

Notre objectif était double : maîtriser l’ardoise BIC tout en proposant aux élèves un contenu pédagogique intéressant.
A force de manipuler, la création des exercices devient plus facile même si le temps de préparation reste long et que la correction des exercices n’est pas si aisée avec les copies successives d’écran. Pour 20 à 30 minutes de travail pour les élèves, cela demande à l’enseignant un investissement temps double.
L’intérêt d’avoir des clés USB, cartable enseignant, est de pouvoir travailler chez soi, une fois le logiciel BIC installé sur son ordinateur personnel. Cependant, les ardoises étant à l’école, nous ne pouvions prévisualiser les exercices créés, d’où de petites déconvenues au moment de l’utilisation des ardoises avec les élèves, outre quelques « bugs » informatiques rencontrés. Il est à noter que sur 4 semaines d’utilisation effective, deux séances n’ont pu avoir lieu (impossibilité de diffuser les exercices sur les ardoises, clé USB non reconnue par l’ordinateur). La société BIC a dû prendre la main à distance sur l’ordinateur de prêt pour réinitialiser les clés. D’autre part, une des 4 clés reste définitivement inutilisable et les exercices créés sont donc perdus.

Nous faisons ici une liste de remarques et critiques en vue d’éventuelles modifications à venir pour améliorer l’utilisation de cet outil :
Bibliothèque Bic : il est dommage qu’une bibliothèque personnelle ne puisse être créée. Si un même thème est travaillé, à chaque fois il faut télécharger les mêmes images pour réaliser un nouvel exercice.
QCM : Dans cet exercice, la bibliothèque n’est pas du tout proposée.
Tableau Libre : les étiquettes peuvent se cacher et donc « disparaître » pour les élèves.
Etiquettes : le choix (imposé) des couleurs des pastilles n’est pas forcément pertinent selon l’image utilisée.
Écriture : pour des élèves gauchers, les modèles de lettres pourraient apparaître à droite. De plus, le nombre de mots est limité à une ligne or pour un travail de copie, c’est peu.
L’organisation des documents créés est assez limitée. Il est dommage qu’on ne puisse pas créer plusieurs dossiers et sous dossiers. On met un peu de temps à trouver le document souhaité.
Conseils pour les futurs enseignants utilisateurs :
Pour appréhender au mieux la création des exercices, il faut vraiment prévoir la forme et le type d’exercice que l’on souhaite proposer afin d’éviter une dispersion. Anticiper sur la recherche d’images et les rassembler dans un seul dossier pour une meilleure utilisation.

Utilisation des ardoises BIC par les élèves :
Ardoises numériques : lecture/écriture en CP-CE1Les élèves ont accueilli les ardoises avec un réel enthousiasme. Ils ont apprécié les différents types d’exercices proposés et ont été très demandeurs. Il faut rappeler que la majorité de ces élèves sont en difficulté voire grande difficulté. Nous avons pu noter une nette amélioration du comportement de travail. Tous les élèves étaient concentrés et dans la réalisation du travail demandé. Pour les élèves les plus performants, cet outil a été l’occasion d’expliquer leur procédure et d’aider certains de leurs camarades en difficulté soit face à un exercice soit face à l’outil.

Nous avions une petite appréhension sur le graphisme. Nous trouvions que le stylet « accrochait ». Les élèves, qui eux sont en cours de construction graphique, ont eu un ressenti opposé ; ils ont apprécié l’outil.

Le gros point positif est que l’enseignant peut observer (et intervenir) de l’ordinateur Bic sur le travail de l’élève sans le déranger. A ce propos on peut aussi interrompre et relancer un exercice pour le groupe ou pour un élève. La réaction avec l’élève est immédiate.

Nous avons également la possibilité de proposer une correction automatique avec un choix de nombre d’essais. Encore une fois, l’élève a un résultat immédiat et individuel. Le fait d’avoir plusieurs essais met l’élève en situation de réussite car même s’il échoue une ou deux fois, ces échecs ne sont plus visibles pour lui au terme de l’exercice.

Conseils pour les futurs enseignants utilisateurs :

Même si l’ardoise BIC nous a été présentée comme un outil permettant à l’élève d’être complètement autonome, ce dernier doit malgré tout prendre le temps de se familiariser avec l’outil. L’élève (avec ou sans ardoise) se précipite, en effet, sur l’exercice sans forcément lire la consigne (d’où la nécessité de présenter d’emblée un exercice clair).
La difficulté d’utilisation est donc visible lorsque l’exercice comporte plusieurs pages et une correction automatique. Le premier réflexe de l’élève est de cliquer sur « j’ai terminé », ce qui clôt l’exercice. Cependant, après plusieurs séances d’utilisation, l’élève devient plus vigilant. Il est à noter que la touche pour se corriger ne se présente pas sous la même forme et la même couleur pour tous les exercices, ce qui est dommage.

Enfin nous pouvons proposer des exercices chronométrés, ce qui nous permet de stopper réellement l’activité (nous qui avons toujours tendance à donner 5 minutes supplémentaires). Cependant lors de la création, il est difficile d’évaluer le temps nécessaire car il faut prendre en compte la présentation de l’exercice, l’explication de la consigne si nécessaire et la durée réelle de l’exercice.

Conclusion :
Pour l’enseignant, le ratio « préparation / gain (séance de 20 min) » n’est pas forcément bon même si à force de l’utiliser l’enseignant améliore son temps de préparation.
Les ardoises nous ont été retirées au moment où nous commencions à être vraiment à l’aise et au moment où les élèves commençaient à devenir autonomes à force de se familiariser avec les types d’exercices et leurs présentations.
Sur une durée plus longue et avec un nombre supplémentaire d’ardoises, le projet se révèlerait être un support de travail très intéressant.

Cette expérience a été très appréciée par les élèves et a été une vraie source de motivation pour eux. Certains ont même davantage gagné confiance en eux et cela s’est ressenti sur leurs apprentissages en classe.
Dès à présent, nous souhaitons renouveler l’expérience dès que possible sur un trimestre et pouvoir ainsi former d’autres enseignants de notre école à l’utilisation de ces ardoises numériques.

Géraldine Madarasz et Amandine Besnard-Lambert, professeures des écoles à l’école Jules Ferry de Montgeron
Emprunt réalisé dans le cadre de Créatice