Des tablettes en EPS : danse, acrosport et handball Cité scolaire Les Renardières-Lucie Aubrac, Courbevoie (92).

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Des parcours différenciés en Education Physique et Sportive (EPS).

Voici le projet TICE-EPS, présenté par Yvon Morizur, professeur d’Éducation Physique et Sportive à la Cité scolaire (collège-lycée) Les Renardières-Lucie Aubrac, à Courbevoie (92).

L’ambition de ce projet est de mettre en place, via l’utilisation de tablettes tactiles, des parcours différenciés en Education Physique et Sportive (EPS).
Ce choix se fonde sur un constat professionnel et sur une conviction partagée au sein de notre équipe pédagogique. L’utilisation de « fiches » en EPS permet de conserver les traces des résultats, des données recueillies durant les cours. Cette fonction de conservation, de mémoire du cycle renvoie à une information disponible pour les élèves et également pour les enseignants (nous pourrions envisager de conserver les résultats d’une année sur l’autre). Pour autant, la « fiche d’EPS », quand elle est systématisée, quand elle est trop complexe ou trop simple, quand elle n’est pas réutilisée, ne produit pas les effets escomptés. D’un outil fonctionnel et pratique, la fiche devient une « mise en grille », un passage obligé perdant tout son sens pour l’élève. Combien de fois avons-nous retrouvé des fiches sous des tapis ou tout simplement dans la poubelle ?
La deuxième dimension fait référence à une aide dans les apprentissages en mettant en relation les critères de réalisation, de réussite.
Persuadés de l’intérêt de ce support, nous devons toutefois relativiser la portée et l’utilisation systématique en cours d’EPS.
Il est important de souligner que l’impact environnemental lié à la consommation de papiers sera très nettement diminué. Cette dimension écologique devrait permettre d’engager les élèves et l’équipe pédagogique dans une démarche et une réflexion éco-citoyenne.

Quels apprentissages ?

Capacités-connaissances Connaissances-attitudes Attitudes Des compétences ancrées dans des contextes scolaires d’APSA
Connaissances du résultat. Mieux observer à travers la mise en évidence de critères précis. Mise en évidence de ce qu’il y a à faire. Autoscopie. Reconnaître et observer le produit de l’apprentissage. Gestion autonome du travail. Recueil et utilisation des résultats. Mise en projet et connaissance des résultats. Responsabilisation à travers la gestion et l’utilisation d’un matériel onéreux et fragile. Articulation d’une dimension méthodologique et sociale et d’une dimension culturelle. L’utilisation de la tablette s’inscrit dans un contexte de pratique.

L’expérimentation pourrait être étendue sur un ensemble de plusieurs classes allant de la sixième à la terminale. L’ensemble de l’équipe pédagogique serait concerné. L’un de nos collègues EPS a l’intention de s’inscrire pour l’année prochaine à un stage de formation continue sur l’utilisation des nouvelles technologies dans et par l’EPS.

Nous avons donc souhaité expérimenter l’utilisation des tablettes via le CRDP qui propose des mallettes pédagogiques en prêt.

Quel matériel ?
Si le service CréaTice du CRDP propose des mallettes différentes (système apple, android), nous sommes divisés au sein de l’équipe sur le matériel, mais nous sommes arrivés au consensus suivant : nous souhaitons avant toute chose une tablette ayant une autonomie de plus ou moins 8 heures (une journée de cours), un démarrage instantané, un écran de 10 pouces. Les applications et les logiciels disponibles vont orienter le choix de la mallette pédagogique.
Si l’expérience est concluante nous envisageons de monter un projet visant à acheter une mallette pour la cité scolaire.

Bilan de l’expérimentation, mallette de tablettes android, du début d’année scolaire jusqu’aux vacances de la Toussaint.

Le premier élément à mettre en évidence est la durée relativement courte pour tester et mener à bien cette expérimentation. Nos cycles sont longs et de fait, un trimestre correspond à une activité.

Répartition

La mise en place du projet tablette prend forme au sein de l’équipe pédagogique. Nous avons décidé lors de notre conseil d’enseignement de répartir les quinze tablettes par activités. Ainsi 2 professeurs travaillent sur la danse au niveau 6ème/5ème, 2 autres sur l’acrosport au niveau 3ème et au niveau 1ères et le dernier sur le hand-ball au niveau 4ème.
Nous n’avons pas voulu nous disperser et nous nous sommes concentrés sur une activité par enseignant.

Les éléments positifs
La tablette est plus fonctionnelle et plus pratique que les outils multimédias que nous utilisions jusqu’à présent (caméra vidéo, ordinateur portable). Elle permet à chaque cours :

  • Une utilisation d’une tablette par groupe d’élèves. Cette gestion pédagogique permet une autonomie accrue dans les cours.
  • Une grande maniabilité et une simplicité d’utilisation (les élèves ont cette culture numérique, il n’y a pas de découverte de l’appareil et de fait, l’enseignant ne perd pas de temps à apprendre aux élèves à utiliser l’outil).
  • Une fiabilité de l’outil : le grand écran, la batterie d’autonomie relativement longue, le système d’exploitation performant sont compatibles avec une utilisation scolaire.
  • La connaissance du résultat facilite les apprentissages des élèves. Le point essentiel de ce bilan est à mettre en relation avec cette connaissance des résultats. La dimension autoscopie (l’élève a connaissance de sa prestation, de sa performance) renseigne l’élève dans son apprentissage. Cela s’est vérifié en acrosport et en danse.

Les points négatifs

  • Une dépendance vis à vis des applications et des logiciels : le plus gros point noir réside dans cette dépendance. En EPS, il existe deux environnements qui développent des applications permettant d’utiliser en cours les tablettes numériques : EPSOFT et Pdagogie. Ces deux environnements ont un coût et compte-tenu de la durée d’expérimentation du « projet tablette », notre chef d’établissement n’a pas souhaité s’engager sur des frais aussi importants pour une durée si courte. Un autre point important se trouve dans l’inadéquation possible entre l’application (ce qu’elle permet, ce qu’elle mesure) et les contenus d’enseignement élaborés par l’enseignant. L’idéal serait que l’enseignant soit concepteur de sa propre application en fonction de ses objectifs éducatifs, des choix qu’il réalise et du contexte d’enseignement dans lequel il se trouve.

Bilan général

Le bilan général de ce projet est mitigé mais reste cependant positif au regard de la dynamique qu’il a suscitée au sein de l’équipe pédagogique. Deux enseignantes se sont inscrites à un stage académique pour l’utilisation des outils numériques en EPS. Nous allons renouveler notre demande de subvention pour l’achat de tablettes numériques et établir un plan sur plusieurs années :

  • une phase d’expérimentation : une tablette par professeur (5 en tout et un ENT)
    L’idée serait de construire ce lien entre les applications et nos contenus d’enseignement et de travailler collectivement afin que les tablettes deviennent un outil facilitant les apprentissages dans toutes les activités de notre programmation.
  • une phase de généralisation : achat échelonné de tablettes à destination des élèves.
    L’objectif de cette étape serait de permettre une utilisation collective en cours. Au total nous aimerions disposer d’une quinzaine de tablettes afin que les élèves puissent les utiliser en autonomie.

Yvon Morizur, professeur d’Éducation Physique et Sportive
Cité scolaire (collège-lycée) Les Renardières-Lucie Aubrac, Courbevoie (92).

Matériel prêté dans le cadre de CréaTice