Balado en SEGPA SEGPA Collège Romain-Rolland à Bagneux (92)

Publié le

Lecture, dictée, poésie. Différencier le rythme de travail pour gérer l’hétérogénéité des élèves.

COMPTE-­RENDU D’EXPERIMENTATION par les 3 professeurs porteurs du projet, professeurs des écoles spécialisées option F : Assia Omar, Emilie Brun et Julie Vanhille.

Présentation succincte du profil des classes

Si les groupes d’élèves que nous accueillons présentent tous des difficultés, celles-­‐ci sont loin d’être homogènes. Nous observons une grande disparité dans un même groupe pour une même compétence. Disparité redistribuée différemment pour une autre. Ces variations induisent dans une classe de devoir reconfigurer des sous-groupes d’une activité à l’autre. Pour exemple, un élève peut faire partie d’un sous-­groupe ne maîtrisant pas la lecture à haute voix puis rejoindre un autre sous-groupe dont les acquisitions en compréhension de texte sont les plus abouties dans la classe, qu’il s’agisse d’informations explicites ou implicites. D’autre part, lors des activités de classe, nous constatons une dispersion entre deux phases d’apprentissage lorsque le professeur n’est pas disponible immédiatement avec une usure rapide de l’implication des élèves.

Ouvertures pédagogiques

La maîtrise de la langue tant écrite qu’orale étant la source première des difficultés des élèves de SEGPA, notre utilisation de la baladodiffusion ciblait exclusivement la compétence 1 du Socle commun pour un usage entre les murs. Le recours à cet outil nous a permis :

  • d’élargir notre gamme d’approches en termes de différenciation pédagogique ;
  • d’alléger l’organisation s’appuyant sur le recours quasi exclusif à l’enseignant ;
  • de faire évoluer les élèves vers de plus en plus de distance avec la présence rassurante de l’adulte et ainsi plus d’autonomie ;
  • de gérer de manière plus économique et plus efficace les paliers de progression

En lecture : lors d’activités ciblées sur la compréhension, nous avons enregistré les textes afin d’alléger la tâche de décodage. Les élèves pouvaient ainsi se concentrer sur la compréhension.

En dictée : nous avons pu enregistrer différentes versions d’une même dictée, selon les compétences ciblées pour chaque élève (variation de la longueur des textes, variation des temps de conjugaison…). Autre avantage apporté par la baladodiffusion, la dictée pouvait se faire au même moment pour tout le groupe. Les élèves avaient la maîtrise de l’exercice puisqu’ils pouvaient revenir en arrière, réécouter.

En mémorisation de poésies : des enregistrements « à trous » ont été réalisés pour, d’une part favoriser la mémorisation et d’autre part, donner le rythme et l’intonation. Les élèves pouvaient en effet trouver le ton juste plus facilement en se calant sur les passages enregistrés. D’autre part, nous avons modulé les enregistrements en fonction des possibilités des élèves et les avons fait évoluer progressivement.

En procédures : lors de séances d’apprentissage classiques, faute de temps, seul un nombre limité d’élèves peut être entendu sur ses procédures. C’est ainsi que l’enseignant passe à côté de procédures intéressantes pouvant être partagées avec l’ensemble du groupe ou encore accéder à des informations sur des procédures qui expliquent la persistance de certaines difficultés. Avec la possibilité pour les élèves de s’enregistrer, nous avons pu avoir accès à l’intégralité des procédures mises en œuvre par les élèves, les analyser en équipe et intervenir sur les difficultés de manière plus pointue. D’autre part, l’acte lui‐même de s’enregistrer confère aux procédures un statut supérieur à la réalisation demandée. Ce n’est pas le moindre des avantages pour des élèves qui ont justement besoin de s’emparer de manière durable de stratégies efficaces.

En lecture d’images : nous avons tenté d’associer les lectures littéraires et l’histoire des arts par l’image. Pour exemple, nous avons enregistré des lectures de mythes et ajouté des images d’œuvres (peintures notamment). C’est la seule expérience qui n’a pas été satisfaisante en raison de la dimension des images.

Conclusion

L’outil présente un intérêt à différents autres niveaux :

  • Il est familier aux élèves et ne présente pour eux aucune difficulté de manipulation ;
  • Les documents audio fournis sont d’une très bonne qualité ;
  • Les élèves sont responsabilisés d’abord par rapport au matériel et son utilisation et d’autre part dans leur rapport aux apprentissages ;
  • Les élèves habituellement effacés ont réalisé autant d’enregistrements que les autres, ce qui donne à l’outil une fonction inédite de médiation ;
  • Écouter ses propres productions orales, avoir la possibilité de les améliorer dans le temps, chez soi, sans la pression de l’immédiateté ou du groupe, constitue un apport de taille pour des élèves qui souvent ne conçoivent pas l’oral comme un apprentissage à part entière.

Assia Omar, Emilie Brun et Julie Vanhille, professeurs des écoles spécialisées option F
SEGPA du collège Romain-Rolland à Bagneux (92)

Matériel prêté dans le cadre de CréaTice