Des appareils photos numériques en CM1 pour une correspondance avec une classe anglaise École Frédéric Mistral Bois d’Arcy (78)

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Des photos numériques pour présenter la classe à la classe anglaise correspondante.

Fabienne Delaire, enseignante en CM1 à l’école Frédéric Mistral de Bois d’Arcy, a emprunté une mallette d’appareils photos numériques pour réaliser une présentation sous forme d’affichage de leur école et de leur commune à leurs correspondants anglais de Penzance.

Après avoir expliqué l’objectif du projet à la classe et l’utilisation de la mallette d’appareils photos numériques, les élèves ont exprimé leurs idées afin de présenter d’abord leur classe, le fonctionnement de l’école puis leur commune et ses principaux bâtiments. Ils étaient très enthousiastes à l’idée de partager leur vie d’élève au quotidien.

Une première phase d’échanges à l’oral a permis de lister les idées et de distinguer ce qui serait pris en photo ou ressortirait plutôt d’une présentation écrite.
Ces échanges étaient aussi l’occasion d’apprendre et de s’exercer à respecter les règles liées à la participation à un débat.
Répartis en groupes, les élèves devaient planifier leur travail, se répartir les tâches et définir le projet final d’affichage.
Chaque groupe a exposé son projet à l’ensemble de la classe afin de le valider.

Finalement, le projet initial était trop ambitieux compte tenu du délai du prêt et nos projets annexes de classe déjà importants. A la place des affichages, l’exploitation des photos s’est portée sur la photo portrait ou paysage- école et a été redirigée vers le traitement de texte avec la rédaction de fiches d’identité ou de compte-rendus de visites que nous avons eu l’occasion de faire lors de notre classe de neige.
Le lien avec les compétences à acquérir dans le cadre du B2i a pu être fait de manière plus dynamique et justifiée.
Par ailleurs des photos ont été jointes aux billets publiés sur notre blog de classe et des mini séquences vidéo en anglais ont été réalisées et publiées sur notre blog pour nos correspondants.

Bilan de l’utilisation des appareils photos

  • Aspects techniques
    • En tant qu’enfant, les élèves n’ont pas eu trop de mal dans la prise en main des appareils car chez eux cette faculté d’adaptation semble naturelle et décomplexée.
    • Si certains se montraient timides et hésitaient même à prendre l’appareil en main, beaucoup d’entre eux étaient très curieux et "fouillaient" sans hésiter dans les fonctionnalités de l’appareil. La simplicité des appareils les y a aidés largement.
    • Le lien autour du cou assurant la sécurité de l’appareil était très rassurant et pratique pour tous.
    • L’avantage de la mallette est de pouvoir constituer des groupes et multiplier les ateliers, les sujets, les "missions" et investir un plus grand nombre d’élèves à la fois. J’avais collé des pastilles de couleur sur les appareils pour reconnaître les groupes utilisateurs.
Lexique simplifié pour photographes en herbe
  • Aspects humains : pour l’enseignant
    • - L’analyse et l’exploitation des photos multipliées par le nombre d’appareils nécessitent d’y consacrer un temps non négligeable à prendre en compte dont on ne mesure pas l’ampleur lorsque l’on découvre l’activité.
    • Exploiter les photos dans le cadre d’un blog ou du traitement de texte permet d’éviter le coup du développement papier et libère de cette contrainte.
    • La durée du prêt de 5 semaines qui a été en réalité réduite à 3 semaines effectives juste avant la classe de neige a été trop courte. Je pense que 5 semaines sont suffisantes, à condition de s’y consacrer pleinement, si on ne cible qu’une utilisation bien spécifique. Mon erreur est d’avoir élargi à la vidéo car l’opportunité était belle et palliait pour une courte période notre impossibilité de communiquer via skype comme l’aurait souhaité notre classe correspondante. Cela nous a ainsi demandé de préparer nos vidéos et a dévié l’aspect photographique.
    • C’est surtout une fois que nous ne les avons plus eus que je me suis rendue compte d’un manque certain et de leur place dans nos méthodes et perspectives de travail !
  • Aspects humains : pour les élèves
    • Les vidéos en anglais ont permis de rassurer ceux qui étaient moins à l’aise dans la prise de parole car ils pouvaient se revoir, se corriger ou préparer leurs propos.
      Le fait de se voir et de s’entendre facilite l’analyse de ses réussites ou de ses erreurs.
    • L’enthousiasme à manipuler l’appareil photo était général d’autant plus que pour beaucoup c’était la première fois.
    • L’assimilation des règles à respecter pour réussir une photo sont vite comprises. (mais je n’ai pas eu le temps de voir dans la durée si les erreurs étaient corrigées et si les élèves novices, avec l’expérience, pouvaient devenir des élèves photographes avertis).
      L’expérience les aura au moins sensibilisés sur quelques règles et "techniques" de prise de vue.
    • À partir d’un questionnaire qu’ils devaient renseigner, j’ai pu percevoir ce que l’usage des appareils avaient suscité : la conscience de faire des "belles" photos, ou en tout cas du soin à prendre dorénavant pour respecter les conseils lors d’une prise de vue et non plus photographier pour photographier. Il y a ainsi eu une prise de conscience du "travail technique" minimum à réaliser.
    • Par ailleurs, même si tous les aspects de l’usage de la photo n’ont pas été évoqués, l’expérience a permis dans un premier temps déjà d’élargir la fonction de la photo puisque la photo souvenir (d’événements réguliers ou exceptionnels) a été dépassée et elle a pris une dimension d’échanges, de communication et de ressources.
      • Un élève a même souligné l’usage de la photo comme un outil de communication et d’information lors des recherches d’enfants disparus.
      • Un autre, passionné de Lego et possédant une ville Lego, a émis le projet de réaliser un mini film en utilisant des photos successives.
      • Deux autres ont précisé leur goût et leur sensibilité pour la photographie de paysages ou encore la photographie comme moyen de découvrir le monde ou encore des villes, et objet à posséder pour voyager et dépassant alors l’usage généralement retenu dans la classe de la photo souvenirs de famille ou de vacances.
      • Un autre a également évoqué la photo comme outil de preuve...
        Tout ceci montre la richesse et la dimension esthétique ou utilitaire de l’usage photographique.
        En ce qui concerne les vidéos, ils ont pris un réel plaisir et tous ont voulu y participer malgré leurs premières réticences.
  • Aspects pédagogiques
    • Les vidéos d’anglais favorisent un échange linguistique dynamique puisque l’élève peut préparer son projet : il est ainsi dans une perspective de communication propre à l’apprentissage d’une langue vivante "avec filet" : sketches, questions posées en différé mais à l’oral à nos correspondants, échanges de formules apprises en classe et mises en situation.
      De plus, la vidéo rassure les plus timides ou angoissés à prendre la parole en anglais puisqu’ils peuvent revenir sur l’enregistrement et se corriger.
      De la même manière, la réécoute permet de comparer et entendre les erreurs ou améliorations à travailler concernant alors un aspect plus phonologique.
      Selon l’objectif visé, l’utilisation de l’appareil photo intervient en phase finale d’un travail de préparation mais il peut aussi être utilisé en cours d’apprentissage, au moment de l’appropriation phonologique ou des accentuations à respecter. Cela donne à mon avis un regard extérieur de l’élève sur lui-même qui peut être utile à des élèves ayant des difficultés en langue.
      Dans le cadre des fiches d’identité ou des exposés compte-rendus, je trouve que l’usage de ces appareils permet de motiver les élèves, de personnaliser leurs productions et de réaliser des documents photos propres relatant l’activité de la classe. L’appareil photo numérique devient un outil pour illustrer des compte rendus.
Exemples d’exploitations des photos

En conclusion, l’emprunt de ces appareils est venu confirmer l’intérêt d’utiliser la photo numérique dans une correspondance sur internet avec une classe anglaise car elle a dynamisé les échanges en permettant un échange visuel plus facile, et plus rapide que par voie postale.

Fabienne Delaire, enseignante à l’école Frédéric Mistral de Bois d’Arcy, 78
Emprunt réalisé dans le cadre de Créatice