Mathématiques : interroger les élèves avec des boîtiers Collège Les-Saules, Guyancourt, 78

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Dynamiser la participation des élèves en les impliquant dans la question posée.

Clémence Scolari, professeure de mathématiques au collège les Saules, à Guyancourt, a expérimenté une mallette de boîtiers d’expression Prométhéan. Voici son retour d’usage.

Aspects techniques
Nous avons donc rencontré des difficultés techniques pour la prise en main.

  • Les boîtiers sont alimentés avec des piles, dont le compartiment est accessible avec un tournevis particulier, le changement des piles est assez lourd à gérer.
  • Les boitiers sont obligatoirement nominatifs, donc pour les utiliser avec plusieurs classes, je leur ai donc donné un numéro au lieu d’un nom.
  • Les élèves, soit-disant accros aux sms et smartphones se sont trouvés désarmés pour utiliser correctement les touches de validation au départ. Mais après une explication claire, ils s’y sont retrouvés.
  • Du côté du professeur, il faut absolument prévoir les questions et surtout les réponses à l’avance (choix multiples) pour tout ce qui concerne les fractions (impossible à leur faire écrire sur le boitier), le calcul littéral (soit on est en mode numérique, soit en mode alphabet…), les nombres négatifs (il faut appuyer 2 fois sur la touche – pour l’avoir, donc il y a eu à chaque session des erreurs de frappe).

Aspect humain devant l’expérience innovante

  • Les élèves de ma classe de 3ème prépa pro, qui sont en grande difficulté scolaire, refusent souvent d’écrire, sont souvent freinés par l’aspect « rédaction » d’un exercice ont réellement accroché avec les boîtiers. Même certains refusant simplement de travailler en classe habituellement ont joué le jeu car ça ne demandait pas de sortir un stylo de la trousse.
  • Pour les autres classes, cela a été plus long, voire pénible au démarrage (jeux, réponses fausses pour blaguer…), puis on a fini par y arriver peu à peu… et ils se ruaient sur le boitier dès que c’était autorisé et le réclamaient à chaque début de cours.

Aspect pédagogique

  • Lors de questions imprévues, ou nécessitant un simple « oui ou non », "Vrai/Faux", cet outil est formidable. Au lieu de l’habituel trio d’élèves qui lèvent la main et un qui donne la réponse sans qu’on sache ce que pensent les autres, on a en 15 secondes l’avis de 100% de la classe, qui se doit d’écouter la question à ce moment donné, et se positionner pour la réponse.
  • On peut plus facilement varier le type d’activités : exercice rédigé, puis travail mental rapide avec le boîtier, puis leçon écrite, puis question flash sur un point donné pour vérifier sa compréhension avec le boitier etc. Il faut avouer que de nombreux exercices de début de chapitre ne nécessitent pas d’être rédigés, mais simplement d’être compris. Technique de calcul, astuce de calcul mental, addition de relatifs… Le boîtier permet d’immédiatement relever les moindres difficultés rencontrées. On ne fait plus cours de la même façon, et on insiste davantage sur la compréhension et la maitrise du calcul mental en premier lieu.
  • Le côté « anonyme » est motivant, car chacun répond sans complexe. Et le fait pour le professeur d’avoir la possibilité de retrouver qui a répondu faux, m’a permis de vite retrouver les « fraudeurs » essayant de simplement mettre un peu "d’animation" dans le cours.
  • Point négatif, les élèves en difficulté, qui ont déjà du mal à écrire, sortir leurs affaires ou rédiger, refusaient catégoriquement une fois le boitier en main de faire autre chose qu’utiliser le boitier, même lorsqu’il fallait obligatoirement chercher la réponse au brouillon lors d’un problème complexe.

Clémence Scolari
Professeure de mathématiques
Collège les Saules, Guyancourt

Matériel prêté dans le cadre de CréaTice