Utiliser les boîtiers de réponse en Mathématiques Collège La-Bruyère, Osny

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Une nouvelle façon d’approcher les Mathématiques en motivant les élèves.

Présentation

Dans l’optique de faire des Mathématiques autrement, le collège La-Bruyère d’Osny a emprunté une mallette de 32 boîtiers de réponse eInstruction.

L’expérimentation s’est déroulée avec deux classes de troisième du collège La-Bruyère, en parallèle avec une classe de 3è du collège Georges-Pompidou, d’Orgerus.
Nous avons utilisé les boîtiers sur deux types d’activités :
- interrogations
- sondage pendant une correction ou une leçon

Les interrogations

Nous avons procédé à plusieurs interrogations avec des supports différents.

Après une présentation et une explication du fonctionnement, nous avons proposé une interrogation de calcul mental. Les questions ont été rédigées directement à l’aide du logiciel eInstruction en construisant une leçon. Nous avons utilisé deux types de questions/réponses :
- les questions à choix multiples
- les questions permettant une réponse de type numérique

Cette première leçon a été faite avec un temps imposé pour chaque réponse, ce qui a un peu déstabilisé les élèves. La nouveauté des boîtiers ajouté au temps limité pour répondre ont bloqué quelques élèves qui ont eu par la suite un peu de mal avec l’usage de ces boîtiers.

Pour les autres interrogations nous avons modifié les supports soit en projetant toutes les questions au tableau soit en le donnant directement sur une feuille ; toujours avec deux types de réponses pour permettre de guider les élèves sur certaines questions ou les laisser libre dans leur choix de réponse.

Les sondages

L’autre axe de travail que nous avons choisi d’explorer avec les boîtiers était sous forme de sondage. Nous avons utilisé les boîtiers de plusieurs manières pour connaître l’avis des élèves pendant le cours sans avoir à faire un sondage “à main levée”.

Par exemple lors de la correction d’un exercice sur le PGCD, nous avons demandé aux élèves ce qu’ils ont trouvé comme réponse. L’analyse de leurs réponses a permis d’expliquer les erreurs classiques de manière totalement anonyme.

Un autre exemple sur un exercice :

Paul dit : 350 et 210 se terminent par “0” donc leur PGCD est 10.
Yasmina dit : 350 et 210 se terminent par “0” donc leur PGCD est au moins 10.
Qui a raison ?

Dans une classe les élèves ont répondu “à main levée” : un seul élève avait la bonne réponse, la majorité des autres ayant suivi ceux qui d’habitude ont les meilleurs résultats.
Dans l’autre classe, les élèves ont voté avec les boîtiers. Chaque élève a répondu selon son idée sans se laisser influencer et les résultats étaient beaucoup plus partagés, ce qui a permis une discussion entre eux pour arriver au résultat.

Nous avons renouvelé ce genre de vote sur une démonstration comportant une erreur. Les élèves ont voté une première fois pour trouver la ligne comportant l’erreur. Quelques élèves seulement avaient la bonne réponse. Puis ils se sont mis en groupe de 4 ou 5 pour discuter de l’exercice et ont voté à nouveau, en grande majorité pour la bonne réponse.

Bilan de l’expérience

Parmi les 42 élèves présents lors d’un petit sondage sur l’utilisation des boîtiers :

  • 14% annonce avoir eu du mal à comprendre leur utilisation

    Un peu bizarre au début mais on comprend assez vite

    Il y a trop de chiffres et de lettres sur la même touche

  • 21% pense que les boîtiers leur ont permis de progressé en Mathématiques

    Parfois on fait du calcul mental et ça m’aide

    Ça donne des réponses simples, sans s’embrouiller dans la rédaction

    Je suis toujours perdu avec ce boîtier en plus ça me stresse car on a peur de se tromper de touche

    Ces boîtiers étaient une façon de travailler en s’amusant, ça m’a permis de mieux écouter en cours et donc de progresser

  • 67% des élèves sont prêts et demandent à renouveler l’expérience en Mathématiques ou dans d’autres matières

    C’est très intéressant de savoir les erreurs que chacun peut faire ainsi que de savoir le temps de réflexion que l’on peut avoir (dans toutes les matières)

    En français pour différentes raisons mais il pourrait être intéressant de les utiliser dans chaque matière pour faire des sondages, pas des évaluations

    En svt pour proposer des hypothèses sous forme de sondage, physique aussi

Dans l’ensemble, cette expérience des boîtiers a apporté une nouvelle façon d’approcher les Mathématiques en motivant certains élèves. Cependant tous n’ont pas été convaincus et il reste donc encore du travail pour que cet outil entre dans le quotidien de nos classes.

C’est peut-être plus facile pour le prof car il n’a pas à corriger, ça corrige automatiquement. Mais pour nous c’est peut-être pas à notre avantage. Mais ça apporte une touche de modernité au collège.

Guillaume Barré, professeur de mathématiques

Matériel prêté dans le cadre de Créatice

Lire le reportage de l’expérimentation menée au collège d’Orgerus.