Logo Corpus

Réduire les inégalités de santé

Pour Jean-Paul Moatti, économiste de la santé, la source des inégalités de santé dont souffre la population française réside principalement dans un déficit d’information et de prévention auprès des catégories sociales les plus défavorisées. Mais réussir une politique de prévention ne relève pas que de la qualité des messages diffusés : l’environnement, les conditions de vie jouent également un rôle capital.

Ouvrircompléments pédagogiques

02:32
Lycée Général et technologique, 1re ES/L

Les inégalités sociales de santé s’expliquent bien sûr en partie par des problèmes d’accès aux soins, mais tiennent beaucoup à des inégalités de prévention et de dépistage des maladies. Jean-Paul Moatti explique que, s’il est prioritaire d’améliorer la prévention primaire qui permet à des personnes d’éviter ou de mieux faire face à la maladie, il convient d’en repenser les méthodes et les moyens. La politique de prévention et d’éducation à la santé devrait ainsi davantage tenir compte des raisons sociologiques qui font que certaines populations adoptent plus que d’autres des comportements à risque (consommation d’alcool, de tabac par exemple) et sont moins soucieuses que d’autres de se soumettre aux tests de dépistage de certaines maladies, y compris lorsqu’ils sont gratuits. C’est, selon lui, le seul moyen pour réduire les inégalités de prévention.

Interview de Jean-Paul Moatti, professeur d’économie de la santé à l’université de la Méditerranée.

Politique de prévention et d’éducation à la santé.

Comment un phénomène social devient-il un problème public ? Comment analyser et expliquer les inégalités ? (programme de sciences économiques et sociales en classe de première et terminale, Bulletin officiel du 23 mai 2013).
Cette séquence permet de se rendre compte des difficultés de mise en œuvre d’une politique efficace de prévention en matière de santé publique. Le constat est établi clairement : les inégalités de santé s’expliquent pour une bonne part par des inégalités de prévention et de dépistage. Comment y remédier de façon plus efficace ? Autrement dit, comment orienter la politique de prévention ? Faut-il seulement plus d’information, plus d’éducation ? Faut-il recourir à la taxation des produits dangereux pour la santé afin de « punir » les consommateurs ?
On comprend aussi les causes des inégalités de prévention qui restent fortes en France.
Il ne suffit pas d’être normatif (quelle bonne conduite avoir en matière de prévention ?) et paternaliste (la figure tutélaire de l’État prétend dire à certaines populations ce qui est bon pour elles) pour réussir à infléchir les comportements de ceux qui en auraient le plus besoin. Les autorités de santé doivent se pencher sur les raisons profondes, sociales et économiques, qui font que certaines populations résistent aux conseils, profitent peu de l’offre de dépistage, pour rendre la politique de prévention à la fois plus efficace et moins culpabilisante. On pourra montrer enfin aux élèves que la politique de prévention n’est pas indépendante d’autres politiques publiques (environnement, famille par exemple).

Vidéos associées