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Qu'est-ce qu'être normal ?

Bruno Falissard, pédopsychiatre, donne son point de vue sur la notion de « normalité ». Pour lui, médecin, elle n’existe pas : il y a des personnes qui souffrent et dont il faut prendre soin et des personnes porteuses de différences qui enrichissent la société. Si une norme existe, elle est d’ordre mathématique, elle est l’affaire des statisticiens.

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02:11
Cycle 4, Lycée Général et technologique, Lycée professionnel et post-bac

Dans ce témoignage, Bruno Falissard engage une réflexion sur le concept de normalité. Les êtres humains ont une tendance naturelle à vouloir faire partie d’un groupe, à se comporter et s’apparenter aux autres, à se référer à des normes. La question de la normalité psychologique nous interroge tous.
Si la normalité peut se comprendre lorsqu’on la définit en référence à des normes établies, issues de données statistiques (comme le QI), il en est tout autrement lorsqu’on s’intéresse au psychisme. Qu’est un sujet normal dans ce cas ? Le patient qui consulte son psychothérapeute parce qu’il souffre doit-il être considéré comme anormal ? Pour Bruno Falissard, la normalité psychique n’a pas de réelle signification. Ce patient est avant tout un être en souffrance et doit être pris en charge pour cette raison : « Nous ne sommes pas tous identiques et nous avons parfois intérêt à accepter en notre sein des personnes différentes. »

Entretien de Bruno Falissard.

Normalité, anormalité, statistiques/données statistiques, normes, normes biologiques, physiologiques, morphologiques.

Utilisable au lycée comme en cycle 4, cette séquence pourra être un bon point d’appui pour lancer un débat ou travailler sous forme de projet dans le cadre de l’EMC par exemple. Le concept de normalité et l’utilisation de normes en biologie sont souvent mobilisés dans l’enseignement de SVT. L’étude de pathologies est en effet corrélée à l’étude d’un fonctionnement (d’un organe par exemple) dit anormal. C’est la raison pour laquelle il est intéressant de prolonger, en accompagnement personnalisé (en première ou en terminale), la réflexion engagée par Bruno Falissard sur cette conception personnelle du normal/anormal. Une co-intervention menée par l’enseignant de philosophie et celui de SVT permettrait aux élèves d’approfondir cette réflexion à différentes échelles. Un être humain peut-il se définir par lui-même ou par comparaison aux autres ? Les normes biologiques, physiologiques ou morphologiques sont-elles figées ? Sont-elles applicables à tous les sujets ? à tous les sujets d’une même population ? Que penser de la conception de la normalité concernant les comportements sexuels, pour telle ou telle culture, pour telle ou telle époque ?

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