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Nos corps virtuels

Comparant le corps au manteau d’Arlequin, composé de 1 000 couleurs juxtaposées, Michel Serres, philosophe, nous invite à une réflexion sur les potentialités multiples d’un corps humain, sans cesse mouvant et aux ressources quasi infinies…

Ouvrircompléments pédagogiques

02:09
Lycée Général et technologique, Lycée professionnel et post-bac, 3e, 2de, Terminale S, Terminale STL, Terminale ST2S

Le philosophe Michel Serres conteste l’idée que le corps est. Il préfère qu’on dise, à propos du corps, qu’il peut. Le corps peut beaucoup de choses dont l’esprit s’étonne, comme on le voit en gymnastique. Le corps relève non de l’être, mais du possible. Il est capable de mouvements et positions qui le font ressembler au manteau d’Arlequin, composé de mille morceaux chatoyants. Du coup, le corps pourrait aussi être figuré comme un corps blanc, tel Pierrot lunaire, car il peut endosser toutes les couleurs, comme le manteau d’Arlequin, et comme le corps du danseur qui peut tout. Le corps porte en lui le génie du virtuel. Il est moins réel que virtuel, c’est-à-dire qu’il est capable d’endosser toutes les positions et modifications.

Entretien avec Michel Serres.

Le corps et ses pouvoirs ; la liberté ; la matière et l’esprit.

Cette séquence soutiendra une réflexion menée sur le corps, ses possibilités et ses limites. En cela, elle trouvera sa place plutôt au lycée, soit en seconde en lien avec le programme de SVT, soit en terminale en lien avec le programme de philosophie, partie « La raison et le réel ». Elle pourra cependant être utilisée en cycle 4, notamment dans le cadre d’un EPI qui associerait lettres, sciences et éducation à la santé par exemple.
Cette séquence s’associe à celle intitulée « Les potentialités du corps ». Toutes deux proposent en effet une approche inédite du corps, non pas en tant qu’être contenant des réalités qui permettent de l’identifier, mais comme un ensemble de pouvoirs, une dynamique ouverte sur l’action.
Chercher ce que signifie ici virtuel (corps virtuel), avec un champ sémantique qui relève des sciences humaines des années 1960 où l’homme était défini comme un ensemble de potentialités (ou virtualités) se développant sous l’effet de la société et de l’éducation (cf. Lucien Malson, Les Enfants sauvages, Union générale d’éditions, 1964 : le corps virtuel est le corps capable, habité de potentialités).
Cette vision renie l’idée d’une destinée par le corps s’imposant à l’individu. Rien n’est arrêté tant que la volonté ou le désir n’ont pas décidé de faire ceci ou cela avec le corps.
Différencier ce qui est de l’ordre de la nécessité (hérédité ; fonctions internes automatiques) et de l’ordre de la volonté exercée sur soi-même (en reprenant les exemples de la séquence « Les potentialités du corps »).

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