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La rougeole : le futur

Mis au point dans les années 1960, le vaccin contre la rougeole est extrêmement efficace, largement produit et désormais utilisé partout dans le monde. Il est produit à partir du virus lui-même qui est cultivé, purifié et injecté. Les chercheurs utilisent également le virus de la rougeole comme « véhicule » avec pour objectif la réalisation de vaccins contre le chikungunya, la dengue ou encore le sida.

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Lycée Général et technologique, Terminale S, Terminale STL

Le vaccin antirougeoleux, développé dans les années 1960, compte parmi les meilleurs vaccins actuellement disponibles. Il est élaboré à partir du virus vivant atténué (c’est-à-dire ayant perdu son pouvoir pathogène), entretenu sur des cultures cellulaires avant d’être purifié. Il est extrêmement efficace puisqu’une injection (ou parfois deux), réalisée très tôt au cours de l’enfance, suffit pour immuniser le sujet à vie. Il a démontré son efficacité et son innocuité depuis près de quarante ans maintenant .
Actuellement, les chercheurs explorent les spécificités du virus et l’efficacité du vaccin développé contre lui, pour l’appliquer au traitement d’autres pathologies. En effet, il pourrait servir à développer des vaccins efficaces contre d’autres virus, en utilisant les techniques de recombinaison génétique. Ainsi, en combinant le matériel génétique du virus de la rougeole avec des fragments génétiques extraits d’autres virus (virus du sida, de la dengue, du chikungunya…), on pourrait obtenir des vaccins que l’on nomme « recombinants », qui, en produisant des molécules issues des virus insérés dans le vecteur (virus de la rougeole), pourrait induire, chez les patients, une réponse immune efficace contre les pathogènes ciblés.
Le virus de la rougeole est aussi utilisé à l’heure actuelle comme arme pour éradiquer des tumeurs dans des essais cliniques associés à la lutte contre certains cancers (de la plèvre, par exemple). En effet, ce virus de la rougeole présente une affinité marquée pour les cellules cancéreuses qu’il infecte et finit par détruire.

Intervention du docteur Frédéric Tanguy, responsable de l’unité de génomique virale et vaccination de l’Institut Pasteur, avec incrustations de courtes infographies illustratives muettes.

Vaccination, vaccin vivant atténué, immunisation, vaccin recombinant, lutte anticancéreuse.

Le programme de SVT en terminale S et celui de CBSV en terminale STL permettent d’aborder le principe de la vaccination et les modifications engendrées sur le phénotype immunitaire du patient. La séquence exposée ici peut permettre de conclure cette partie de programme en présentant, à l’aide d’exemples ciblés, l’intérêt des vaccins de dernière génération. L’utilisation de vecteur génétique pour les vaccins recombinants constitue en effet une ouverture intéressante pour approfondir les notions acquises en génétique (synthèse des protéines) et en immunologie (expression de marqueurs antigéniques et reconnaissance spécifique par les cellules immunocompétentes).

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