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La parabole du cygne noir

Pour Antoine Flahault, épidémiologiste, il existe une mécanique des épidémies, assez comparable à celle qui préside aux phénomènes économiques. En effet, certaines crises épidémiologiques sont aussi imprévisibles que les crises économiques. On sait décrire les épidémies, leur diffusion et leurs issues, mais on reste impuissants à annoncer leur déclenchement. Tout comme nous le sommes à imaginer le vol d’un cygne noir…

Ouvrircompléments pédagogiques

03:16
Lycée Général et technologique, Lycée professionnel et post-bac, 2de

« Tous les cygnes que j’ai rencontrés depuis mon enfance étaient blancs. Donc, le prochain cygne que je verrai sera aussi blanc ! » Peut-on ainsi prédire avec certitude un événement à venir ? L’existence de cygnes noirs et la possible rencontre avec un tel spécimen pourraient bien rendre cette prédiction caduque. Toute notre expérience passée, si riche soit-elle, ne nous permet pas de prédire avec certitude l’avenir. Tel est en substance l’un des concepts abordés par Nassim Nicholas Taleb dans son ouvrage Black Swan, ici mentionné par le professeur Antoine Flahault. Prévoir l’émergence d’une maladie infectieuse constitue donc un exercice particulièrement difficile. Cependant, une fois l’épidémie détectée, il devient possible, à l’aide de modélisations mathématiques, de prévoir sa trajectoire… mais pas encore son impact au sein d’une population.

Entretien avec Antoine Flahault

Expérience et prédiction en termes de maladies infectieuses, modélisation mathématique et prévision de la propagation d’une épidémie.

L’intervention du professeur Flahault peut être abordée dans le cadre de démarches de projet menées dans l’enseignement d’exploration MPS en 2de, ou celui des TPE de 1re S/ES.
Elle est aussi utilisable dans le cadre d’un projet interdisciplinaire SVT-mathématiques.
La seconde partie de l’intervention du professeur Flahault constitue un bon levier pédagogique pour inviter des élèves à élaborer, exploiter et/ou critiquer des modèles mathématiques qui permettent de prévoir l’évolution d’une épidémie. Différents modèles connus peuvent ainsi être proposés (l’urne de Polya, les modèles de Hamer et de Reed-Frost…). En prenant en compte quelques paramètres simples, les élèves peuvent ainsi être confrontés à des outils mathématiques utilisés en recherche épidémiologique. On pourra aussi envisager d’utiliser les données du site Sentinelle pour dresser des cartes d’évolutions spatiales et temporelles de la prévalence d’une maladie. Communiquer à l’aide de langages et outils adaptés, discuter de la validité ou non des résultats expérimentaux obtenus constituent ici des capacités majeures mises en jeu dans ces démarches.

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