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La parabole de saint Denis

Au IIe siècle après Jésus-Christ, un évêque du nom de saint Denis est décapité sur ordre du pouvoir romain. Un « miracle » se produit alors : le supplicié prend sa tête dans ses mains et se met à marcher ! C’est à partir de cette légende que le philosophe Michel Serres choisit de remonter le fil du temps et de dérouler pour nous les étapes qui ont conduit à l’invention des objets techniques par les humains…

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Lycée Général et technologique, Lycée professionnel et post-bac, 3e, 2de, Terminale S, Terminale STL, Terminale ST2S

Le philosophe Michel Serres part de la légende de saint Denis, qui, décapité, est monté, la tête dans les mains, au sommet de la colline Montmartre. Miracle ? Pas tout à fait, car nous connaissons cette situation. Dans notre ordinateur se trouvent les facultés cognitives (propres à l’esprit) que sont la mémoire, l’imagination, la raison. Ces facultés dépendent de notre cerveau. Cette situation est-elle neuve ? Pas vraiment, car depuis longtemps nous mettons nos facultés hors de nous : dans l’écriture puis dans l’imprimerie, pour garder nos idées en mémoire. Nous voyons que depuis longtemps nous objectivons, externalisons les fonctions du corps dans des objets que nous avons fabriqués à cet effet. C’est vrai aussi des fonctions corporelles. Ainsi, le marteau est comme un avant-bras armé d’un manche, pour faire mieux que le poing. Toute la technique, toutes nos inventions techniques ne sont donc que des externalisations de nos fonctions, intellectuelles et corporelles. Nous avons progressivement placé hors de nous dans des objets techniques toutes nos fonctions et, récemment, avec l’ordinateur, toutes nos fonctions cognitives.

Entretien avec Michel Serres.

Les fonctions du corps et de l’esprit ; l’invention de la technique ; la matière et l’esprit (programme de SVT de 3e, Bulletin officiel spécial n° 6 du 28 août 2008, partie transversale Diversité, parentés et unité des êtres vivants ; de seconde, Bulletin officiel spécial n° 4 du 29 avril 2010, parties Corps humain et santé/Comprendre le fonctionnement de son organisme, ses capacités, ses limites ; programme de philosophie de terminale, Bulletin officiel n° 25 du 19 juin 2013, partie La raison et le réel).

Définir ce qui constitue le monde de la technique : outils et machines ; méthodes de travail.
Souligner que le philosophe cherche, à travers la diversité historique des inventions et à travers les progrès techniques (passage de l’outil à la machine), ce qui caractérise toujours la technique (son « essence », dit-on en philosophie). L’essence de la technique consiste à réaliser ce dont l’humanité ne peut pas se charger (ses capacités étant limitées) ou ne veut pas se charger (se fatiguer à laver le linge, ou à faire de longs calculs), par externalisation de certaines fonctions.
Montrer aussi que l’externalisation est sans limites. Par exemple, des fonctions propres à la survie sont désormais externalisées : l’assistance médicale à la procréation, la fécondation in vitro, la transplantation d’organes, la duplication de cellules souches pour produire des organes, etc., montrent que les individus sont même en mesure de régler des problèmes de reproduction ou de maintien en vie. On pourra s’interroger sur les enjeux éthiques que soulèvent néanmoins ces inventions, commodes certes, mais problématiques par certains côtés.

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