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La maladie du sommeil : le soin

Souvent dépourvue de symptômes, la maladie du sommeil est difficile à diagnostiquer dans sa première phase. Il est nécessaire de faire une analyse de sang pour détecter la présence du parasite, ainsi qu’une ponction lombaire. Les médecins disposent alors de deux médicaments, efficaces malgré leurs effets secondaires. Lorsque la maladie parvient dans sa phase neurologique, les symptômes sont plus visibles mais à ce stade, les traitements sont beaucoup plus difficiles à mettre en œuvre.

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Lycée Général et technologique, 1re STSS, Terminale ST2S

La doctrine Jamot, préconisée dès le début du XXe siècle par le médecin français Eugène Jamot, a permis la mise en place d’un dépistage efficace au cœur même des populations africaines touchées par la maladie du sommeil. La présence du trypanosome dans le sang du patient infecté pouvait, et peut toujours, être rapidement mise en évidence sous le microscope à partir d’un simple prélèvement sanguin. Cependant, le diagnostic permettant d’évaluer le stade clinique de la maladie, avancé ou non, nécessite un examen plus approfondi, réalisé à partir d’une ponction lombaire. Si l’infection est diagnostiquée, plusieurs stratégies thérapeutiques peuvent être envisagées. Elles s’appuient sur l’utilisation de substances pharmacologiques dont certaines, malgré leur efficacité antiparasitaire, présentent une toxicité avérée. Tel est le cas, par exemple, du mélarsoprol, connu depuis l’époque coloniale.
Actuellement, grâce aux recherches entreprises par le DNDi (Drugs for Neglected Diseases initiative), l’expérimentation se porte sur l’utilisation thérapeutique du NECT, combinaison d’éflornithine et de nifurtimox. Prescrit pour les patients entrés dans la seconde phase de la maladie, le NECT offre des résultats satisfaisants en plus d’une utilisation moins contraignante que les traitements antérieurs.

Vidéographie entrecoupée de courtes séquences illustrant la mise en œuvre de dépistages au sein des populations à risques, la réalisation d’une ponction lombaire, l’administration de traitements pharmacologiques, ainsi que le témoignage d’un patient soigné au mélarsoprol.

Doctrine Jamot, dépistage de masse, diagnostics, stratégies thérapeutiques, substances pharmacologiques, pharmacotoxicité, DNDi.

La séquence ici proposée montre à quel point le dépistage de masse semble essentiel pour tenter d’éradiquer une épidémie. Le cas présenté permet de proposer aux élèves de rechercher, dans un cadre à la fois historique et épidémiologique, associant histoire-géographie, biologie et sciences techniques sanitaires et sociales, d’autres exemples connus d’épidémie infectieuse pour lesquels ce dépistage à l’échelle d’une population entière a permis de réduire significativement la prévalence de la maladie.
Dans un tout autre domaine d’étude, la séquence permet aussi de débattre avec les élèves de la délicatesse du choix d’une stratégie thérapeutique : de l’importance d’établir la balance (bénéfices sur la santé du patient/effets secondaires) d’une molécule pharmacologique lorsqu’on parle d’épidémie majeure ou de pandémie. Les longs travaux de recherches cliniques menés par E. Jamot sont, à ce titre, tout à fait explicites.

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