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La maladie du sommeil : l’histoire

La maladie du sommeil est connue depuis le Moyen Âge, mais la première grande épidémie connue frappe l’Ouganda et le bassin du Congo à la fin du XIXe siècle, tuant 1 million de personnes. Le trypanosome, parasite à l’origine de la maladie, est découvert en 1901 par deux biologistes anglais, Ford et Dutton. Deux ans plus tard, le médecin David Bruce découvre le vecteur du trypanosome : la mouche tsé-tsé. Pendant l’entre-deux-guerres, la médecine coloniale fait des progrès dans le traitement de la maladie du sommeil, mais à partir des années 1960, l’attention faiblit et une nouvelle épidémie se déclare en 1970, qui atteindra son pic en 1998. Depuis, les efforts de lutte ont repris et l’OMS espère éradiquer la maladie à l’horizon 2020.

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Lycée Général et technologique, 1re S, 1re ES/L, 1re STSS

Déjà relatée dans des écrits datant du XIVe siècle, la maladie du sommeil fait depuis longtemps partie des fléaux sanitaires affectant l’Afrique subsaharienne. Les symptômes de cette pathologie sont consécutifs à la présence dans l’organisme d’un protozoaire, Trypanosoma brucei, découvert sous le microscope par les biologistes anglais Robert Ford et Joseph Everett Dutton. Ce parasite unicellulaire est inoculé dans le sang de la victime par la mouche tsé-tsé, son hôte vecteur.
L’identification de ce vecteur par le médecin anglais David Bruce (1903) et la connaissance précise de son cycle de vie ont permis d’engager des mesures prophylactiques pour lutter contre la propagation des foyers infectieux sur le continent africain. C’est ainsi qu’à partir de 1920, Eugène Jamot entreprend, avec ses équipes médicales mobiles formées au diagnostic de terrain, de se rendre au plus près des populations pour dépister massivement les sujets infectés. Cette doctrine d’intervention, nommée « doctrine Jamot », s’est avérée particulièrement efficace au Cameroun, faisant chuter de manière remarquable la prévalence de la maladie durant l’entre-deux-guerres.
Cependant, l’abandon progressif de ces mesures dans les années 1960, période de décolonisation, a permis le retour de la mouche tsé-tsé et de son parasite pathogène. Le pic épidémiologique atteint en 1998 a rappelé la nécessité d’une reprise des efforts prophylactiques, l’objectif fixé par l’OMS étant l’éradication de cette parasitose d’ici 2020.

Animation 2D

Épidémie, parasitose, trypanosome, hôte vecteur, mouche tsé-tsé, prophylaxie, doctrine Jamot, prévalence de la maladie.

L’étude de cette parasitose tropicale permet de mettre au jour les liens étroits qui peuvent unir le peuplement d’un pays, les infrastructures mises en place, les modes de vie de ses habitants et la difficulté à juguler la propagation d’une maladie infectieuse. Il peut être intéressant, au travers de la projection de cette séquence, d’amener les élèves à comprendre comment le mode de vie des populations autochtones (habitudes du quotidien, transformation des biotopes) et/ou le contexte géopolitique d’une région ont pu (par exemple, durant la période de colonisation) et peuvent encore (de nos jours) influer sur la répartition géographique et la prolifération des glossines, hôtes vecteurs du parasite… L’étude pourra, par exemple, prendre appui sur la fiche d’actualité scientifique présentée avec la séquence vidéographique.

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