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La lignée humaine

C’est une erreur de placer l’homme au sommet de l’évolution, comme l’aboutissement ultime du processus. Preuve en est que des espèces nouvelles apparaissent chaque jour. Au sein du buisson des espèces, l’homme appartient tout simplement à la lignée des grands singes et un chimpanzé est plus proche d’un humain qu’il ne l’est d’un gorille. Un changement de perspective auquel nous convie avec humour Pierre-Henri Gouyon.

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Cycle 4, Lycée Général et technologique, Terminale S

Pierre-Henri Gouyon tente de nous faire comprendre que, nous, humains, sommes comme toutes les autres espèces actuelles : le résultat de l’évolution, la terminaison d’une petite branche du buisson du vivant.
Cette vision objective de l’évolution est cependant troublée par celle, anthropocentrique, de l’humain qui contemple le buisson du vivant. Un anthropocentrisme l’amène à vouloir à tout prix dégager une ou des caractéristiques exceptionnelles à une branche si particulière : la sienne.
En prenant appui sur plusieurs exemples parlants, Pierre-Henri Gouyon explique que chaque espèce actuelle est en fait le résultat d’une histoire évolutive, de bifurcations successives de lignées à partir d’un ancêtre commun. Ces histoires évolutives ont laissé des empreintes, des signatures dans chaque génome. Ainsi, la comparaison des ressemblances et différences entre les génomes de deux espèces actuelles permet d’établir des filiations cohérentes au regard de la théorie de l’évolution.
De quoi pouvoir réfuter une affirmation souvent entendue : « L’évolution a produit de très nombreuses espèces et, à la fin, elle a produit l’Homme. »

Témoignage/entretien de Pierre-Henri Gouyon.

Homo sapiens peut être regardé, sur le plan évolutif, comme toute autre espèce. Il a une histoire évolutive et est en perpétuelle évolution. Cette histoire fait partie de celle, plus générale, des primates. D’un point de vue génétique, l’homme et le chimpanzé, très proches, se distinguent surtout par la position et la chronologie d’expression de certains gènes. Homme et chimpanzé partagent un ancêtre commun récent. Aucun fossile ne peut être à coup sûr considéré comme un ancêtre de l’homme ou du chimpanzé (programme de SVT de terminale S, Bulletin officiel spécial n° 8 du 13 octobre 2011, Thème I-A-4 : Un regard sur l’évolution de l’Homme).

En terminale S, les élèves sont amenés à porter un regard réfléchi sur l’histoire évolutive de la lignée humaine, sur la place de l’Homme au sein des primates.
L’établissement de liens de parenté entre représentants hominines et paninines peut s’effectuer à travers l’analyse comparative de séquences alignées de gènes ou de protéines homologues. On montre alors que la génétique permet de confirmer les liens de parenté entre certaines espèces et même de les quantifier. Cette étude vient conforter l’affirmation du professeur Gouyon : « La filiation des formes vivantes se traduit tout à fait concrètement par des ressemblances en termes de génomes… »

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