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1797, Galvani et l’électricité animale

La recherche scientifique peut parfois prendre les allures d’un match impitoyable. À la fin du XVIIIe siècle, deux éminents savants italiens se heurtent à la question de l’origine de la commande des mouvements. Pour Galvani, le médecin, l’électricité qui fait se contracter la patte d’une grenouille est d’origine animale. Pour Volta, le physicien, elle est métallique… Entre expériences contradictoires, arguties interminables et dialogue de sourds, les deux ont finalement raison…

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4e

Suite à une expérience menée sur son balcon avec des pattes de grenouille, le médecin Luigi Galvani (1737-1798) postule l’existence d’une « électricité animale » qui induirait la contraction musculaire. Le physicien Alessandro Volta (1745-1827), lui, s’oppose à cette théorie : la patte de grenouille ne serait que l’indicateur de l’existence d’une « électricité métallique » née de la mise en contact des métaux. La polémique court sur plusieurs années. Et Galvani propose enfin une expérience où tout métal est absent : l’électricité animale existe.
Mais deux ans après la mort de Galvani, Volta construit la première pile électrique, un empilement de rondelles de métaux baignant dans l’acide, qui prouve que l’électricité est définitivement métallique.
Une trentaine d’années plus tard, l’amélioration des instruments de mesure permet au physicien Leopoldo Nobili (1784-1835) de construire un ampèremètre très sensible. Il découvre l’existence de faibles courants parcourant les nerfs. Luigi Galvani avait donc lui aussi raison. Nobili baptise son instrument « galvanomètre », rendant ainsi hommage au médecin, tandis que s’ouvrent les premières études scientifiques qui mèneront à la neurologie moderne.

Archives historiques.

L’électricité est un vecteur de l’information nerveuse. Choc des découvertes de Galvani avec l’interprétation physicienne de l’électricité.

Proposer aux élèves de préciser la démarche expérimentale de Galvani, en montrant l’importance de la contradiction dans la progression de la connaissance : c’est parce que Volta intervient que Galvani perfectionne son travail et arrive à une expérience sans métal. Toute théorie scientifique doit être falsifiable, et doit – en théorie – répondre à ses détracteurs par l’expérience.
L’électricité fut une question très importante au XVIIIe siècle, dont la controverse Galvani/Volta n’est qu’un aspect. Une autre controverse agita les salons aristocratiques : celle de la nature de l’électricité entre l’abbé Jean-Antoine Nollet et Benjamin Franklin. Demander aux élèves de se documenter sur les deux protagonistes et de résumer les arguments opposés. S’aider de l’ouvrage de Sigaud de Lafond Traité de l’électricité (1771), disponible sur Internet, qui explique la théorie de l’électricité effluente.
Organise une confrontation d’arguments dans la classe divisée en deux, les uns adopteront la position de Galvani et les autres celle de Volta. Préparer en amont le débat afin de bien faire émerger les faits positifs et les découvertes qui ont servi d’arguments : par exemple l’existence de poissons électriques, l’invention de la bouteille de Leyde (1745), les orages et les paratonnerres (1752), les machines électrostatiques, etc.

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