Concours National
de la résistance et de la déportation

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CNRD 2011-2012 – Lauréate « collège : devoir individuel » - entretien avec Marie-Renée Andreescu du lycée français Anna-de-Noailles de Bucarest (Roumanie)

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  • Thomas Rouchié (T. R.) : Catégorie « Rédaction d’un devoir individuel ».
  • Anna Laurent (A. L.) : Alors les élèves qui ont œuvré dans cette catégorie ont réalisé un devoir individuel sur table en durée limitée. Il s’agissait d’une composition ou d’un commentaire de documents à partir de sujets élaborés par les commissions académiques autour du thème du concours « Résister dans les camps nazis ».
  • T. R. : Catégorie collège, j’invite à venir recevoir leur prix Mlle Marie-Renée Andreescu, du lycée français Anna-de-Noailles, de Bucarest, en Roumanie – c’est le lycée de l’agence pour l’enseignement français à l’étranger –, accompagnée de sa professeure documentaliste, Mme Fanny Chartres.
  • Marie-Renée Andreescu (M.-R. A.) : J’ai participé à ce concours quand j’étais en troisième, donc dans un lycée français à l’étranger. Il y a eu plusieurs élèves, mais seule ma copie a été sélectionnée pour être envoyée plus loin. J’ai pensé comparer la façon dont les résistants survivaient soit dans les camps de concentration, soit dans les camps de la mort, soit dans les trains, dans les camps de transit, ou bien encore comparer la différence entre une résistance passive et une résistance active. Et comment en fait chaque acte, même minimum, pour survivre et pour garder son humanité, est en fait un acte de résistance en soi.
    Je voulais montrer aux hommes que la résistance n’est pas seulement combattre, n’est pas seulement avec des armes, comme on en a idée parfois, le stéréotype, mais que c’est juste une lutte pour la liberté. La résistance, c’est surtout rester humain dans un monde qui ne l’est pas. Parce que les nazis, ce qu’ils ont fait dans les camps de concentration est tout sauf humain. Donc il fallait montrer, selon moi, la façon dont survivre là-bas, garder sa personnalité, son caractère signifiaient en fait résister contre un système qui s’opposait à toute sorte d’humanité. Nous, en Roumanie, on n’a pas tellement été touché par les camps de concentration, il n’y en a pas eu sur notre territoire. Donc du coup, les témoignages sont très rares, peut-être qu’ils ont été déportés dans d’autres pays. Donc on a fait des recherches – dans les livres, sur Internet – de témoignages, j’en ai regardés – on pouvait même poser des questions –, mais sinon, je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de rencontrer quelqu’un pour parler de ce que cela signifiait.
  • Fanny Chartres (F. C.) : C’était la première année que le lycée français inscrivait des élèves au concours, donc on a découvert le concours l’année dernière. C’est le professeur d’histoire-géographie de Marie-Renée, Thomas Stanescu, qui a inscrit ses élèves, et moi de mon côté, j’ai travaillé avec lui pour la recherche documentaire, pour fournir aux élèves du matériau. Il est vrai que Marie-Renée est une élève très curieuse, qui veut savoir, comprendre, comme elle l’a dit, donc le travail elle l’a géré, je dirais, toute seule.
    On avait un fonds documentaire sur ce thème, qu’on a forcément élargi dans l’optique de ce concours, et il est vrai que la fondation en elle-même nous aide énormément, avec tout un tas de documents, une sitographie qui est très complète, et quand on est à l’étranger, c’est très important d’avoir sur Internet des références de qualité.
  • M.-R. A. : Pour réussir ce concours, en fait, il faut comprendre, comprendre ce que cela signifiait. On ne peut pas passer un message dans un texte si on n’a pas compris nous-mêmes ce que cela signifiait. Il faut se rendre compte des dimensions immenses de ce que ça signifie, et aussi, même si on ne réussit pas à remporter le premier prix ou même un seul prix, si on a réussi à réaliser le devoir de mémoire, à se rendre compte comment ça nous a influencés nous-mêmes dans le futur, alors je pense que le but de ce concours est atteint.