Concours National
de la résistance et de la déportation

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CNRD 2011-2012 – Lauréate « lycée : devoir individuel » - entretien avec Johanna Zilberstein du lycée général et technologique Notre-Dame-de-Bury de Margency

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  • Thomas Rouchié (T. R.) : Catégorie « Rédaction d’un devoir individuel ».
  • Anna Laurent (A. L.) : Alors les élèves qui ont œuvré dans cette catégorie ont réalisé un devoir individuel sur table en durée limitée. Il s’agissait d’une composition ou d’un commentaire de documents à partir de sujets élaborés par les commissions académiques autour du thème du concours « Résister dans les camps nazis ».
  • T. R. : Mlle Johanna Zilberstein, lycée général et technologique Notre-Dame de Bury à Margency, dans l’académie de Versailles, et elle est accompagnée de son professeur, M. Jean-Marc Naudi-Bonnemaison.
  • Johanna Zilberstein (J. Z.) : Participer à ce concours était une volonté que j’avais depuis la troisième, et il est vrai que ça ne s’était pas fait, pour x et y raisons : beaucoup de travail – en troisième, il y a le brevet –, la seconde est une année assez compliquée où je n’ai pas voulu me charger, en première il y a le bac… donc je repoussais tous les ans, et arrivée en terminale, je me suis dit : « Allez, c’est la dernière année où tu peux le faire, vas-y ! ».

    C’est un rêve ! J’aurais gagné d’autres concours, ça ne m’aurait pas fait cet effet-là. Il est vrai que celui-là avait pour moi un côté personnel, plus de force, plus d’importance. C’était un rêve d’y participer et c’est un rêve d’être là maintenant, dans les primés. J’avais présenté aussi un devoir collectif, c’était plus en amont, pour la préparation au devoir individuel. Vraiment, ce qui me tenait à cœur était le devoir individuel, mais la préparation du dossier, sur le thème en général, m’a permis de mettre de l’ordre dans mes idées et de préparer clairement la dissertation. J’ai décidé de faire parler les témoins, de beaucoup les citer, ce sont eux qui ont complètement articulé mon devoir, parce que je pense que ce sont les mieux placés pour en parler. Durant l’année, j’ai rencontré beaucoup de témoins, j’ai entendu Marie-José Chombart-de-Lauwe, j’ai rencontré… mince… !

  • Jean-Marc Naudi-Bonnemaison (J.-M. N.-B.) : M. Bonvallet…
  • J. Z. : M. Henri Bonvallet, j’avais rencontré ultérieurement Mme Dora Goland, et j’ai utilisé tous ces témoignages, pour après les regrouper par catégories : solidarité, aide entre les détenus, résistance à l’ordre établi. Mais j’ai décidé de les faire vraiment parler eux. Je pense que le fait de rencontrer les témoins lui (le concours) donne un aspect un peu plus concret. On ne parle pas seulement de quelque chose qui est passé – il est vrai que pour la plupart des élèves, ça n’a plus grande existence, entre guillemets, ça appartient à l’histoire –, car le fait qu’on puisse rencontrer des témoins nous permet de nous dire : « Ah oui, ça a vraiment existé, ça a vraiment été là, cet homme, cette femme que j’ai en face de moi y a vraiment participé, et ce sont des gens qui transmettent des messages assez incroyables. J’ai retenu, de mon entretien avec Dora Goland, un message d’espoir et de courage que, je pense, personne d’autre, surtout quelqu’un qui n’aurait pas vécu ça, n’était capable de livrer.
  • J.-M. N.-B.M. : Je présente tous les ans des élèves et mon travail réside, justement, dans cette proposition que je leur fais, et quand cette proposition tombe sur cette énergie et cette volonté, eh bien voilà, on aboutit ici.
    Toutes les formules sont bonnes, j’ai envie de dire, à partir du moment où il faut arriver à ses fins dans ce concours. Cela peut être avec une classe tout entière, j’ai utilisé un peu toutes les formules, dans toutes les catégories, sauf l’audiovisuel ; c’est trop récent et je n’ai pas les compétences pour. Mais je vais recruter, je pense.
  • J. Z. : Je pense qu’il ne faut pas avoir peur d’aller au fond des choses. Il ne suffit pas de se cantonner juste à ce qu’on voit, il faut aller chercher plus loin. Moi, c’est vraiment ce que j’ai fait, dans toutes mes recherches ; j’ai eu de la matière et je suis allée à chaque fois plus loin chercher d’autres choses. Et au niveau des témoins, ou quand on me parlait, par exemple, d’un camp, j’allais voir s’il s’était passé d’autres choses en plus, je ne me suis pas contentée de ce qu’on me donnait, je suis allée plus loin. Je pense qu’il ne faut pas hésiter à aller chercher dans tout ce qui est possible, les documentaires, tout ce qui est audiovisuel, mais aussi dans les livres – j’ai lu beaucoup, beaucoup de livres pour préparer ce concours –, et puis bien sûr, aller à la rencontre des témoins.
    Il faut y aller, il faut le faire, parce que c’est une expérience humainement assez incroyable, et puis on voit, même pour soi, pour une connaissance de soi, que ça apporte aussi. On est face souvent à des horreurs, on lit des horreurs, on voit des horreurs, et on apprend à les dépasser, à dépasser l’horreur de la surface pour aller voir plus profond. Et on apprend beaucoup, beaucoup de choses.