Concours National
de la résistance et de la déportation

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CNRD 2011-2012 – Cérémonie : allocution de Michel Boyon

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Je suis très heureux de pouvoir participer à cette cérémonie de remise de prix du concours national de la Résistance et de la Déportation, et je le suis encore plus dans un lieu aussi emblématique de notre histoire que celui dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui.

En 2009, j’avais proposé au ministre de l’époque qu’on ajoute une catégorie « audiovisuel » aux différents types de prix qui étaient décernés dans le cadre du concours, tout simplement parce que j’avais constaté que l’audiovisuel– les images, les sons – était un matériau de plus en plus utilisé dans le cadre du concours, et aussi parce que j’avais conscience que l’audiovisuel est un matériau magnifique pour restaurer la mémoire, la préserver et plus encore la diffuser.

Donc je suis très heureux que cette suggestion ait été retenue par les organisateurs du concours national à l’époque, et c’est Sylvie Genevoix qui avait été chargée, au nom du Conseil supérieur de l’audiovisuel, de mettre en place cette filière audiovisuelle et de participer à cette sélection des premiers lauréats. Sylvie nous a quittés il y a très peu de temps ; nous lui portions des sentiments de considération, d’amitié et d’affection extrêmement forts, et je salue son mari, Bernard Maris, qui est aujourd’hui parmi nous.

Les félicitations que je voudrais adresser vont, bien sûr, aux lauréats eux-mêmes. Il y a des futurs professionnels parmi eux, parce que les dimensions historiques, aussi bien que techniques, et je dirais même artistiques, sont présentes dans les travaux qu’ils ont faits. Ce que nous avons vu, pour cette catégorie, ce sont de vrais scénarios, de vraies mises en scène, de vrais montages effectués presque comme s’ils étaient déjà des professionnels reconnus. Sur la base, bien sûr, d’archives, mais aussi du recueil de témoignages, de l’animation, de la cartographie. Tous ces éléments étaient rassemblés et je crois qu’on peut se dire que la relève, pour les métiers de l’audiovisuel, est aujourd‘hui assurée. Patrice Gélinet, membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel, a agi avec maestria pour la sélection des lauréats et je lui en suis reconnaissant.

Des compliments aussi à l’ensemble de votre ministère, monsieur le ministre, notamment les professeurs, les directeurs d’établissement, les inspecteurs d’académie, qui ont agi pour détecter, mobiliser, accompagner les collégiens et les lycéens qui ont travaillé sur ces sujets. Cela a été fait de manière extrêmement efficace, mais il faut aussi saluer, au-delà des personnes que je viens de citer, les centaines, les milliers d’agents de l’éducation nationale qui ont participé au concours, et plus encore les bénévoles qui, dans les diverses associations et fondations, y ont participé.

Et enfin, une troisième catégorie de félicitations et de compliments pour le jury lui-même non seulement parce qu’il a fait les bons choix, c’est évident – un jury, monsieur le ministre de l’éducation nationale, fait toujours les bons choix, par définition –, mais aussi et surtout parce que le choix du thème, « Résister dans les camps nazis », est à la fois très fort et terriblement d’actualité. La présidente, Joëlle Dusseau, a rappelé tout à l’heure, dans des mots que je n’ai pas la capacité d’employer avec la même intensité, la même charge d’émotion, ce que pouvait représenter la vie dans les camps, mais c’est quand même l’illustration de quelque chose : c’est que résister dans les camps, ce n’était pas simplement survivre, pas simplement essayer de pratiquer les actes de la vie courante, c’était aussi confectionner un objet, dessiner sur le sol, faire une chorale – comme vous l’avez dit –, c’était méditer. C’était cela, résister dans les camps. Et l’esprit de résistance, on l’a bien vu dans ce qui a été dit par les deux présidentes, c’est quelque chose qui s’ancre profondément dans la dignité de la personne humaine ; résister, c’est affirmer la dignité de la personne face à la barbarie. Je crois qu’il y a dans tout cela une grande leçon que nous pouvons tirer et elle ressort magnifiquement dans les travaux des collégiens et des lycéens qui ont été sélectionnés par le jury : c’est qu’il faut beaucoup de courage pour rester un homme.