Concours National
de la résistance et de la déportation

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A – mots, sigles, acronymes et expressions commençant par A

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  • Abwehr
    Service de renseignements de la Wehrmacht, dirigé de janvier 1935 à février 1944 par l’amiral Wilhelm Canaris, dépendant de l’OKW et chargé des services secrets et du contre-espionnage. Canaris fut en conflit constant avec la SS et le Sipo-SD et lui et son entourage étaient antinazis (Canaris fut limogé en février 1944, arrêté après l’attentat du 20 juillet 1944 contre Hitler et pendu au camp de concentration de Flossenbürg en avril 1945, peu avant la libération du camp par l’armée américaine). Dans les territoires occupés, l’Abwehr lutte aussi contre les résistants et procède à des arrestations. Ses services étaient installés à Paris à l’hôtel Lutetia.
  • ACP → Comité français de la Libération nationale.
  • AEF → Afrique équatoriale française.
  • Afrique équatoriale française ou AEF
    Colonies françaises d’Afrique centrale (Gabon, Moyen-Congo, Tchad et Oubangui-Chari), devenues cinq républiques autonomes en 1958 (République congolaise ou Congo-Brazzaville, République centrafricaine, République gabonaise, République du Tchad, République du Cameroun). L’AEF avait à sa tête un gouverneur général représentant la métropole, résidant à Brazzaville. Dès fin août 1940, le gouverneur du Tchad Félix Éboué, premier gouverneur noir d’une colonie française, rallie sa colonie à la France libre (26 août), juste avant que Leclerc s’empare de Douala (27 août) et de Larminat de Brazzaville (28 août), le jour même où le gouverneur de l’Oubangui se rallie à la France libre, tandis que Koenig prend Libreville (Gabon) le 11 novembre 1940. Éboué s’installe alors à Brazzaville, nommé par de Gaulle gouverneur général de l'AEF (qui servira de base de départ pour les opérations en Afrique des forces françaises libres de Leclerc, de Larminat et Koenig) et il restera gouverneur général jusqu’au 15 février 1944 – épuisé, il meurt le 17 mai 1944.
  • Afrique occidentale française ou AOF
    Colonies françaises d’Afrique de l’Ouest (Mauritanie, Sénégal, Soudan français, Guinée, Côte d'Ivoire, Niger, Haute-Volta, Dahomey), devenues autonomes en 1958, puis indépendantes en 1960. L’AOF avait à sa tête un gouverneur général représentant la métropole, résidant à Dakar, et distinct du gouverneur du Sénégal. À la différence de l’AEF, l'AOF reste fidèle au régime de Vichy en 1940-1942 : la tentative de débarquement des troupes britanniques et françaises libres (dont de Gaulle) a échoué à Dakar fin septembre 1940, sous le feu des forces de Vichy commandées par le gouverneur général Boisson. Après le débarquement allié en Afrique du Nord du 8 novembre 1942, Boisson se rallie à l'amiral Darlan, devenu à Alger haut-commissaire de France en Afrique, sous l’égide des Américains, puis, après la mort de Darlan (24 décembre 1942), au général Giraud. Ce n’est qu’après le rapprochement de De Gaulle et de Giraud au sein du Comité français de la libération nationale (3 juin 1943) que de Gaulle obtient la démission de Boisson le 23 juin et nomme le 13 juillet Pierre Cournarie (gouverneur du Cameroun depuis novembre 1940) gouverneur général de l’AOF, qui bascule alors dans le camp gaulliste.
  • Agence d’information et de documentation → Bureau d’information et de presse.
  • AID → Bureau d’information et de presse.
  • AJ → Armée juive.
  • Aktion K ou Aktion KugelKugel-Erlass.
  • Aktion T4Untermensch(en).
  • Allied Military Government of Occupied TerritoriesAMGOT.
  • Alliés
    Principalement le Royaume-Uni (et donc l’Empire britannique et le British Commonwealth of Nations), la France libre (puis la France combattante), puis l’URSS (juin 1941) et les États-Unis (décembre 1941), tous en guerre contre les puissances de l’Axe Rome-Berlin-Tokyo (Allemagne, Italie, Japon).
  • AMGOT ou Allied Military Government of Occupied Territories, Gouvernement militaire allié des territoires occupés
    Officiers britanniques et américains spécialisés dans l’administration civile, sous les ordres des états-majors alliés, et chargés d’administrer les territoires (des pays de l’Axe ou des pays collaborant avec eux) libérés par les armées alliées, jusqu’à la mise en place d’élections. Après la Sicile ainsi administrée après le débarquement de juillet 1943, l’AMGOT devait se mettre en place en France après les débarquements de 1944 au fur et à mesure de la progression des Alliés– pour les Américains, c’est Vichy le gouvernement légal de la France. Or, de Gaulle à la tête du Comité français de la Libération nationale à Alger entend que le CFLN soit seul responsable de la souveraineté, de la mise en place des nouveaux pouvoirs publics remplaçant les autorités de Vichy, et de l’administration civile de la France à la Libération ; le 3 juin 1944, le CFLN devient donc le Gouvernement provisoire de la République française, alors qu’à l’inverse les Américains ont imprimé des billets de banque de francs d’occupation alliée. Aussi de Gaulle se rend-il dès le 14 juin à Bayeux, libéré, et nomme-t-il François Coulet commissaire de la République chargé d’administrer la tête de pont. L’AMGOT devra donc limiter ses ambitions et travailler avec la nouvelle administration française, notamment pour le ravitaillement de la population. L’arrivée de De Gaulle à Paris dès le 25 août parachève ce qui s’est produit sans les autres villes libérées : partout le GPRF a installé les nouveaux pouvoirs administratifs – l’AMGOT n’a plus lieu d’être en France.
  • Amt
    Bureau ou service ou département dans l’administration allemande.
  • AOF → Afrique occidentale française.
  • Armed Forces of the CrownBritish Armed Forces.
  • Armée juive ou AJ ou Organisation juive de combat ou OJC
    Organisation militaire sioniste créée à Toulouse fin 1941-début 1942 par Avraham Polonski et David Knout, afin de faire passer clandestinement en Espagne environ 300 Juifs à destination de la Palestine et d’entraîner des jeunes volontaires pour combattre les Allemands. Un premier maquis juif est ainsi créé en octobre 1943 dans le Tarn. Des Groupes francs sont créés dans des villes comme Lyon, Grenoble, Nice. Début juin 1944, l’AJ est reconnue comme la branche militaire des Éclaireurs israélites et devient l’Organisation juive de combat, au sein des FFI. À la Libération, des maquis de l’AJ prennent part à la libération de plusieurs villes – ainsi le maquis de l'AJ du Vivarais (Ardèche/Haute-Loire), près du Chambon-sur-Lignon, participe à la libération du Puy-en-Velay.
    → Voir Éclaireurs israélites de France, Mouvement de jeunesse sioniste.
  • Armée secrète ou AS
    Regroupement en 1942 des branches paramilitaires des principaux mouvements de résistance non communistes de la zone sud, Combat (Henri Frenay), Libération-Sud (Emmanuel d’Astier de la Vigerie) et Franc-Tireur (Jean-Pierre Levy). Le général Charles Delestraint est nommé à sa tête par de Gaulle en octobre 1942, dans le cadre de la mission confiée à Jean Moulin de réunifier les mouvements de la zone sud mais en séparant leurs secteurs politique et militaire et en rattachant ce dernier à Londres. Raymond Aubrac fait partie de l’état-major de l’AS. Delestraint, qui théoriquement est aussi responsable de l’AS en zone nord à partir d’avril 1943, est arrêté par la Gestapo à Paris le 9 juin 1943 et c’est lors de la réunion organisée par Jean Moulin pour le remplacer que lui-même est arrêté à Caluire le 21 juin. En février 1944, l'AS (gaulliste, donc), l'Organisation de résistance de l'armée (ORA, de tendance giraudiste) et les Francs-tireurs et partisans français (FTPF, communistes) se regroupent pour former les Forces françaises de l'intérieur (FFI).
    → Voir Mouvements unis de Résistance.
  • Armistice
    Le gouvernement de Paul Reynaud, replié à Tours, puis à Bordeaux est déchiré en deux camps à la mi-juin 1940. Reynaud, Mandel, Moch, Herriot veulent continuer la lutte à partir des colonies françaises et transférer le gouvernement en Afrique du Nord et prônent donc la capitulation militaire de l’armée française en métropole, alors que Pétain, Weygand, Darlan, Queuille, Chautemps, pour lesquels la guerre est perdue et terminée, refusent l’idée de capitulation, qui rendrait responsables l’état-major et l’armée, au profit d’un armistice – accord politique entre gouvernements –, et veulent engager les négociations avec le Reich. Reynaud démissionne le 16 juin au soir, le président de la République Albert Lebrun demande à Pétain de former un nouveau gouvernement. Dans la nuit du 16 au 17, Pétain demande via l’Espagne au gouvernement allemand « en vue de la cessation des hostilités […] les conditions de paix proposées par l’Allemagne ». Pétain parle à la radio le 17 juin vers midi sans prononcer le mot « armistice » : « C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat. » Un discours perçu dans l’armée française comme un ordre à effet immédiat. En réalité, les négociations sur la convention d’armistice (et non sur « les conditions de paix ») eurent lieu les 21 et 22 juin dans la clairière de Rethondes en forêt de Compiègne, dans le même wagon qui servit en novembre 1918, l’armistice fut signé le 22 juin en fin d’après-midi. Mais pas encore applicable : il fallut attendre pour cela la convention signée avec l’Italie le 24 juin. Bref, l’armistice ne fut effectif que le 25 juin à 00 h 35 : les centaines de milliers de soldats français qui avaient déposé les armes jusque-là sur la foi du discours radiodiffusé du 17 juin furent faits prisonniers de guerre et partirent en captivité en Allemagne.
  • Aryanisation
    Thème de la propagande nazie visant à l’expropriation des entreprises et des biens des Juifs du Reich, puis de l’Europe occupée. Elle est mise en place en France dès l’automne 1940 en zone occupée, puis par la loi de Vichy du 22 juillet 1942. Environ 10 000 entreprises ont été ainsi « aryanisées » de 1940 à 1944 et gérées par des administrateurs. C’est le Commissariat général aux questions juives ou CGQJ, créé par Vichy en mars 1941 et dirigé par Xavier Vallat, puis en mai 1942 par Louis Darquier de Pellepoix, qui était chargé de mettre en œuvre la spoliation des biens juifs, via sa direction de l’aryanisation économique ou DAE, incluant un Service du contrôle des administrateurs provisoires ou SCAP.
  • AS → Armée secrète.
  • Assemblée consultative provisoire → Comité français de la Libération nationale.
  • Aufseherin(nen)
    Auxiliaire(s) féminine(s) de la SS, surveillante(s) dans les camps de concentration. Les SS proprement dits sont exclusivement des hommes.
  • AußenkommandoKommando.
  • AußenlagerCamp de concentration.
  • Ausweis Ligne de démarcation.
  • Axe → Alliés.

Sources

  • « Acteurs de la répression et dispositifs répressifs – lexique indicatif », musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon, 2010.
  • « Glossaire de la langue du Troisième Reich », Wikipédia
  • Dictionnaire historique de la Résistance, dir. François Marcot, Robert Laffont, coll. Bouquins, 2006.
  • Documents de la Fondation de la Résistance.
  • Les évasions des Marches de la mort – janvier-février et avril-mai 1945, Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah-Amicale d’Auschwitz, Paris, 2014.
  • Site du Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah-Amicale d’Auschwitz.
  • Wikipédia.

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