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Soldats des Forces françaises libres sortis de Bir Hakeim (photo du 13 juin 1942).

Soldats des Forces françaises libres sortis de Bir Hakeim (photo du 13 juin 1942).
© Musée de l’Ordre de la Libération

Bir Hakeim, « le puits du sage », haut fait d’armes des Forces françaises libres

À environ soixante kilomètres de la Méditerranée, Bir Hakeim (« le puits du sage »), un point d’eau tari dans le désert libyen. Autour, quelques ruines romaines et ottomanes, fortifiées en très peu de jours par des Français, sapeurs du génie, selon un tracé à la Vauban. La 1re brigade française libre du général Kœnig (3 723 hommes) y est assiégée depuis le 26 mai à un contre dix, par 37 000 Allemands et Italiens que commande Rommel en personne. Au bout de trois jours de bombardements menés par des centaines d’appareils de la Luftwaffe, l’ordre d’évacuation est mis en œuvre dans la nuit du 10 au 11 juin, peu après minuit, en traversant les lignes ennemies. Au total 2 619 hommes des FFL parviennent jusqu’aux lignes britanniques. « Le 11 juin 1942, a résumé Rommel lui-même, la garnison française devait recevoir le coup de grâce. Malheureusement pour nous, les Français n’attendirent pas. En dépit des mesures de sécurité que nous avions prises, ils réussirent à quitter la forteresse, commandés par leur chef, le général Kœnig, et à sauver une partie importante de leurs effectifs. À la faveur de l’obscurité, ils s’échappèrent vers l’ouest et rejoignirent la 7e brigade anglaise. Plus tard, on constata qu’à l’endroit où s’était opérée cette sortie, l’encerclement n’avait pas été réalisé conformément aux ordres reçus. Une fois de plus, la preuve était faite qu’un chef français, décidé à ne pas jeter le fusil après la mire à la première occasion, peut réaliser des miracles, même si la situation est apparemment désespérée. Dans la matinée, je visitai la forteresse, théâtre de furieux combats ; nous avions attendu sa chute avec impatience. Les travaux de fortification autour de Bir Hakeim comprenaient, entre autres, 1 200 emplacements de combat, tant pour l’infanterie que pour les armes lourdes ».

Bref, ce premier affrontement entre Français et Allemands depuis l’armistice de juin 1940 fut certes une victoire tactique allemande, mais surtout une victoire stratégique française libre, qui évita un désastre à l’armée britannique et fit très forte impression dans le monde entier sur la crédibilité et les capacités au combat des Forces françaises libres – et la presse britannique de les célébrer : « Bir Hakeim prouve que l’esprit de Verdun est toujours vivant. » (Daily Mail). En juin 1942, il n’y eut effectivement que deux grands succès alliés : Midway dans le Pacifique du 5 au 7 juin, et Bir Hakeim en Afrique.

Dès le 5 juin, dans l’émission de la France libre, Honneur et Patrie, diffusée par la BBC, Maurice Schumann s’exclamait : « Retenez le nom de cette bourgade désertique. Répétez-le. Écrivez-le partout. Bir Hakeim : c’est beaucoup plus qu’une bataille terrible, et qui n’est pas finie, dans un enfer de mitraille et de chaleur, c’est la preuve que l’âme de la France réelle est invincible. » Et, le 11 juin, de Gaulle prit à son tour la parole à la BBC : « La nation a tressailli de fierté en apprenant ce qu’ont fait ses soldats à Bir-Hakeim. Braves et purs enfants de France qui viennent d’écrire, avec leur sang, une de ses plus belles pages de gloire ! La nation, écrasée, trahie, souffletée, se rassemble dans la volonté de vaincre, comme s’unissent ses combattants des champs de bataille, ses combattants de Saint-Nazaire, ses combattants des groupes d’action intérieurs, comme se rejoignent les pensées suprêmes du soldat qui meurt en Libye, du marin coulé à bord du Surcouf, de l’ouvrier qu’on fusille à Paris. Oui, c’est par le combat, dans le combat, que se refait l’unité française. L’ennemi s’est cru vainqueur de la France, parce qu’il avait pu, d’abord, rompre sous l’avalanche des moteurs notre armée préparée d’une manière absurde et commandée d’une manière indigne. L’ennemi connaîtra son erreur. Les cadavres allemands et italiens qui jonchent, en ce moment, les abords des positions de Kœnig peuvent lui faire présager de combien de larmes et de combien de sang la France lui fera payer ses outrages. »

Mais le 12 juin, Radio-Berlin diffusa ce communiqué : « Les Français blancs et de couleur, faits prisonniers à Bir Hakeim, n’appartenant pas à une armée régulière, subiront les lois de la guerre et seront exécutés », comme des francs-tireurs. Une heure plus tard, la BBC donna lecture de ce communiqué de De Gaulle : « Si l’armée allemande se déshonorait au point de tuer des soldats français faits prisonniers en combattant pour leur patrie, le général de Gaulle fait connaître qu’à son profond regret, il se verrait obligé d’infliger le même sort aux prisonniers allemands tombés aux mains de ses troupes. » Le soir même Radio-Berlin proclamait : « À propos des militaires français qui viennent d’être pris au cours des combats de Bir Hakeim, aucun malentendu n’est possible. Les soldats du général de Gaulle seront traités comme des soldats. » La France libre est donc reconnue par l’Allemagne comme une puissance combattante – de fait, le 13 juillet, la France libre changera de nom pour s’appeler désormais la France combattante.

Dans son numéro paru le 24 juin, le journal clandestin Libération, publié par le mouvement Libération-sud écrit : « Bir Hakeim n’est qu’un épisode de la guerre, ce n’est qu’un combat de la bataille de Libye, mais pour la France, c’est une résurrection », tandis que la Royal Air Force largue sur la France deux millions de tracts intitulés « Bir Hakeim, victoire française ».

Rommel nota dans ses carnets (La guerre sans haine) : « La résistance la plus acharnée et la plus héroïque de la guerre du désert m’a été opposée par les soldats français, à Bir Hakeim, en mai-juin 1942. », et le maréchal Kesselring, commandant en chef des forces allemandes du Sud, alla plus loin : « Le deuxième front constitué par la résistance imprévue des Français libres à Bir Hakeim a contribué à la défaite allemande de Stalingrad. »

Quant à Churchill, il reconnut que « la magnifique résistance des soldats français à Bir Hakeim, durant plus de deux semaines, a fortement contribué à la sauvegarde de l’Égypte et du canal de Suez. Sans Bir Hakeim, il n’y aurait peut-être pas eu El-Alamein ».

 


 

Pour en savoir plus
Source: 
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Bir_Hakeim
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