Concours National
de la résistance et de la déportation

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« Liberté », affiche d’Henri Biais éditée en août 1944 sous l’occupation allemande par le secrétariat général à l’information du GPRF : l’allégorie de la Liberté, type Marianne, foule aux pieds la croix gammée du nazisme.

Création à Alger du Gouvernement provisoire de la République française

Un an plus tôt le, 3 juin 1943, sous le nom de Comité français de la Libération nationale (CFLN), avaient été fusionnés à Alger – où venait de s’installer le général de Gaulle – le Comité national français de Londres, dirigé par de Gaulle, chef de la France combattante à Londres, et le Commandement civil et militaire d’Alger, dirigé par le général Giraud. Les deux généraux coprésidaient le CFLN. Dès le 10 juin 1943, le Journal officiel de la France combattante était devenu le Journal officiel de la République française. Le 17 septembre de la même année avait en outre été créée une Assemblée consultative provisoire qui comptait une centaine de membres et qui a tenu ses assises à Alger du 3 novembre 1943 au 25 juillet 1944. Le 10 octobre 1943, le CFLN est défini comme « l’organisme gouvernemental [qui] assure la direction générale de la guerre », de Gaulle devenant le seul président du Comité – Giraud n’en fait même plus partie le 9 novembre. Une ordonnance du CFLN en date du 1er février 1944 crée les Forces françaises de l’intérieur (FFI), qui regroupent les éléments militaires des mouvements de la Résistance intérieure, tandis que l’ordonnance du 14 mars 1944 prépare « l’exercice des pouvoirs civils et militaires sur le territoire métropolitain au cours de sa libération » et que celle du 21 avril 1944 organise les pouvoirs publics en France après la Libération – elle prévoit « le rétablissement progressif des institutions républicaines » et les premières élections libres : Assemblée constituante, conseils municipaux et conseils généraux.

Le général de Gaulle poursuit ainsi deux objectifs clés à l’approche du Débarquement et donc de la Libération : d’une part, sauvegarder le principe de la souveraineté nationale de la France ; d’autre part assurer le respect de la légalité républicaine dans les zones libérées. Pour le premier enjeu, le CFLN se mesure au gouvernement américain (Roosevelt avait prévu de placer la France métropolitaine sous administration militaire alliée, l’Allied Military Government of Occupied Territories ou AMGOT) ; s’agissant du second enjeu, le CFLN a pour adversaires les représentants du gouvernement de Vichy.

C’est dans ce contexte que s’inscrit la transformation du CFLN en Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) le 3 juin 1944. Loin d’être un simple changement de nom, il s’agit bien d’une décision symbolique forte, visant à donner au CFLN les prérogatives et les instruments juridiques d’un gouvernement, doué de l’autorité nécessaire pour exercer le pouvoir réglementaire et administratif dans le territoire libéré. C’est en s’appuyant sur trois leviers – l’unité de la Résistance manifestée par la création en 1943 du Conseil national de la Résistance, la mise en place clandestine de délégués du GPRF prêts à prendre partout le relais de l’administration de Vichy (commissaires de la République dans les départements et secrétaires généraux provisoires dans les ministères à Paris), ainsi que le soutien de l’opinion publique –, que de Gaulle parviendra à imposer dans les faits la légitimité du GPRF.

De fait, après le débarquement en Normandie, l’ordonnance du 9 août 1944 « relative au rétablissement de la légalité républicaine sur le territoire continental » constate que « la forme du gouvernement est et demeure la République. En droit celle-ci n’a pas cessé d’exister » et abroge la législation de Vichy. Le GPRF s’installe à Paris le 31 août et se réunit le 2 septembre, tandis que le Journal officiel de la République française a cessé d’être publié à Alger le 31 août et reparaît à Paris à partir du 8 septembre. Une nouvelle composition du GPRF, présidé par le général de Gaulle,  est annoncée le 9 septembre : ses membres, jusque-là commissaires, portent désormais le titre de ministres. Parmi eux, Jules Jeanneney, président du Sénat de 1932 à 1940, Georges Bidault, président du Conseil national de la Résistance, Charles Tillon, Pierre Mendès-France, René Pleven, Henri Frenay…

C’est seulement le 23 octobre 1944 que le GPRF a été reconnu officiellement par les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et l’URSS – il l’était de facto depuis juillet. Présidé successivement par le général de Gaulle (juin 1944-janvier 1946), Félix Gouin (janvier-juin 1946), Georges Bidault (juin-novembre 1946) et Léon Blum (décembre 1946-janvier 1947), il gouverne la France jusqu’à l’entrée en vigueur de la Constitution de la IVe République et l’élection du président de la République, Vincent Auriol, le 17 janvier 1947.

 


Pour en savoir plus

  • Ordonnance du 14 mars 1944 concernant l’exercice des pouvoirs civils et militaires sur le territoire métropolitain au cours de sa libération.

  • Ordonnance du 21 avril 1944 relative à l’organisation des pouvoirs publics en France après la Libération, signée par le général de Gaulle et le CFLN.

  • Ordonnance du 3 juin 1944 substituant au nom du Comité français de la Libération nationale celui de Gouvernement provisoire de la République française.

  • Ordonnance du 9 août 1944 relative au rétablissement de la légalité républicaine sur le territoire continental.

  • Décret du 10 septembre 1944 fixant la composition du gouvernement provisoire de la République française.

Source: 
http://mjp.univ-perp.fr/france/co1944-3.htm
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