Concours National
de la résistance et de la déportation

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Générique du film « Les lendemains qui chantent », réalisé par L. Daquin pour le PCF lors des élections du 2 juin 1946. Une référence à la chanson « Jeunesse » (1937) de Paul Vaillant-Couturier (« Nous bâtirons un lendemain qui chante »).

Union nationale de l’après-guerre : le devoir de produire et de reconstruire

Une semaine après la capitulation allemande des 7 et 8 mai 1945, le général de Gaulle rappelait le 15 mai, devant l’Assemblée consultative provisoire, les étapes ayant mené à la victoire. Il achevait ainsi son discours : « Le terme de la guerre n'est pas un aboutissement. Pour la Quatrième République, il n'est qu'un point de départ. En avant donc pour l'immense devoir de travail, d'unité, de rénovation ! Que notre nouvelle victoire marque notre nouvel essor ! »

Le 24 mai 1945, dans un discours cette fois radiodiffusé, de Gaulle développe sa conclusion du discours du 15 mai et envisage les enjeux et les priorités de l’après-guerre.

« […] Dès l’instant où les armées cessent d’être la raison ultime des nations, c’est la capacité de vivre, de travailler, de produire qui devient aussitôt la condition la plus impérieuse de l’indépendance et de l’influence d’un pays. Pour pouvoir faire valoir comme il faut, et au bénéfice de tous, nos intérêts et notre idéal, le plus urgent et le plus nécessaire est pour nous maintenant de rentrer au plus tôt dans l’activité économique générale, non point comme un peuple qui attendrait tout des autres, mais comme des gens qui travaillent, tirent le possible de leur sol, de leur sous-sol, de leurs usines, de leurs ports, de leurs voies de communications, se montrent capables d’échanges et donnent le spectacle de l’ordre et de la bonne santé dans les domaines politique, social et moral. Nul n’ignore à travers le globe qu’il n’y a pas de rayonnement dans la confusion, ni de progrès dans le tohu-bohu.

C’est pourquoi, à partir d’à présent, ce ne sont plus seulement nos facilités d’existence, notre niveau de vie, mais bel et bien notre valeur et notre figure dans le monde qui dépendent de notre production. Hier, il n’y avait pas de devoir national qui l’emportât sur celui de combattre. Aujourd’hui, il n’y en a pas qui l’emporte sur celui de produire.

[…] Les problèmes immédiats d’existence, qui sont posés devant la nation, ne la détournent pas de regarder l’avenir qui, pour elle, s’appelle la reconstruction. Mais il va de soi qu’en matière de régime économique, social, et familial, pas plus qu’en matière de mœurs et d’institutions politiques et administratives, reconstruire la France ne signifie pas revenir à l’état de choses qui existait avant cette guerre. […]

C’est la volonté du pays, comme celle du gouvernement, de voir s’accomplir le plus tôt possible et d’une manière pratique et efficace certaines réformes profondes qui doivent adapter l’État et la société française au caractère de notre temps.

[…] Nous, Français, dans l’extraordinaire aventure où nous fûmes précipités, nous avons maintenant dépassé les plus grands périls et les plus grandes douleurs. Le port s’offre à notre vue. Pour ne point échouer avant de l’avoir atteint, soyons unis, soyons patients, soyons laborieux ! […] »

Dès l’automne 1944, Benoît Frachon, l’un des dirigeants de la CGT, avait lancé la « bataille pour la production » et la reconstruction de l’économie. Un mois après le discours de De Gaulle du 24 mai, Maurice Thorez déclare à la tribune du Xe congrès du PCF (26 juin-1er juillet 1945) : « Hier, c’était dans le combat contre l’ennemi commun que se reforgeait la grandeur de la France. Aujourd’hui, c’est l’ampleur et la qualité de notre production matérielle et c’est notre place sur le marché mondial qui mesureront la grandeur de la France. Aujourd’hui comme hier, la grandeur de la France ne peut résulter que de notre effort, de notre labeur, l’effort et le labeur de tous les Français et de toutes les Françaises. […] Nombre de Français et de Françaises placent leurs espoirs de reconstruction économique, de rénovation politique, morale et intellectuelle de notre pays. […] Nous disons aux ouvriers : “Produisez, produisez, produisez encore, et produisez toujours.” C’est que l’intérêt du peuple, l’intérêt de la classe ouvrière est de travailler, de produire. » Quelques jours plus tard, Thorez réitère ses propos devant des mineurs des Houillères du Bassin du Nord et du Pas-de-Calais : « Produire, faire du charbon, c’est aujourd’hui la forme la plus élevée de votre devoir de classe, du devoir des Français. Hier, notre arme était le sabotage, l’action armée contre l’ennemi ; aujourd’hui, l’arme, c’est la production pour faire échec aux plans de la réaction. »

Le PCF arrive en tête des élections législatives du 21 octobre 1945, devant le MRP (Mouvement républicain populaire, chrétien-démocrate) et la SFIO. Dans le nouveau gouvernement provisoire de la République française formé un mois plus tard par le général de Gaulle, un gouvernement d’union nationale, figurent cinq ministres communistes : Charles Tillon, ministre de l’armement ; Maurice Thorez, ministre d’État, ministre de la fonction publique ; Ambroise Croizat, ministre du travail, qui reprend à son compte dans une affiche la « bataille de la production » ; Marcel Paul, ministre de la production industrielle ; et François Billoux, ministre de l’économie nationale, notamment chargé de la reconstruction – des postes clés dans la mise en œuvre des enjeux définis par le général de Gaulle le 24 mai 1945.


Pour en savoir plus
  • Texte intégral du discours du général de Gaulle du 24 mai 1945.
  • Les lendemains qui chantent , court métrage documentaire de Louis Daquin pour le PCF (élections législatives du 2 juin 1946), 35 min 40 s, 1946, consultable intégralement en streaming sur le site web de Ciné-Archives (fonds audiovisuel du PCF). Ce film retrace le rôle politique du PCF, du Front populaire à 1945 : on y voit notamment Maurice Thorez à la tribune du Xe congrès du PCF (24e à 26e min), l’affiche « La bataille de la production » du ministre Ambroise Croizat (26 min 55 s) et les autres ministres communistes (27e à 29e min).
Source: 
http://parcours.cinearchives.org/photos_cdb/p/129%20-%20LENDEMAINS%20QUI%20CHANTENT%20(LES)_Photos_129-Lendemains_chantent-1.jpg
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