Concours National
de la résistance et de la déportation

Des ressources pour participer
Pour une démarche de projet

Se déterminer en faveur de la production d’un film ou d’un enregistrement sonore

Introduction

En 2008, les modalités de participation au CNRD avaient offert la possibilité de concourir en réalisant une production audiovisuelle. À cela, plusieurs raisons :

  • une ouverture sur une expérience de la création audiovisuelle souvent cantonnée à une pratique extra scolaire,
  • une participation au développement de l’autonomie des candidats et à leur appropriation des médias comme auteurs,
  • une motivation pour rencontrer des témoins et organiser, valoriser le recueil de leur témoignage.

Comme d’autres médias, le document audiovisuel permet de recourir aux archives lorsqu’on n’a pas la possibilité de rencontrer un témoin. Enregistrer du son, des images ou produire un texte avec un témoin est un acte citoyen, cela représente une contribution à la constitution du patrimoine mémoriel lié à la Résistance et à la Déportation. Pour autant que l’entretien ait été réalisé en respectant certaines règles qui lui assurent son statut de source utilisable dans le cadre d’une recherche scientifique.

Aujourd’hui, il est possible aussi de s’adresser à des personnes qui n’ont pas vécu directement les événements, qui ont échangé ou pas avec des témoins mais qui consacrent une partie de leur temps à étudier les archives, les témoignages, les traces matérielles, les résultats de recherches historiques, les œuvres artistiques en rapport avec la période historique 1939-1945.

De nombreux artistes également abordent ces questions avec une sensibilité et une acuité qui contribuent à une réflexion humaniste sur ces sujets.

Sur le plan rechnique, le document de création sonore est plus aisé à réaliser qu'un film, ce qui ne signifie pas qu’il ait moins d’intérêt ou qu’il ne mobilise pas autant de soin, de créativité et d’investissement dans sa réalisation.

En bout de chaîne, la présentation d’un film nécessitera la préparation d’un DVD ou d’une clé USB. Un CD audio sera le support de présentation pour une production sonore.
Il appartient à l’équipe de professeurs d’inciter les futurs candidats :

  • à prendre connaissance du règlement,
  • à rencontrer des candidats de sessions précédentes, quitte à ce qu’ils viennent d’un autre établissement,
  • à collecter avec eux des productions audiovisuelles et sonores pour disposer d’exemples qui font naître une curiosité, incitent à en créer à leur tour et, par la suite, s’en inspirer (voir « Des pistes pour se lancer »).

De cette manière, la détermination pour la création d'un document audiovisuel ne procèdera pas d’un choix par défaut.

Identifier les points positifs et les obstacles

  • Compte tenu des délais de réalisation (six mois environ), il n’est pas souhaitable d’adopter ce mode de participation si aucun candidat ou professeur n’a jamais réalisé aucun montage (film ou sonore) jusqu’à son terme.
  • Il est un soutien qui peut être décisif, pour les candidats comme pour les professeurs les accompagnant : celui du CDI et du professeur-documentaliste qui l’anime. C’est une plateforme qui rassemble l’essentiel de ce qui peut mettre le pied à l’étrier à un candidat : ouverture sur l’extérieur, proximité avec la documentation et les archives, conquête de l’autonomie des usagers, fréquentation des outils numériques au moins en consultation, veille documentaire et technologique.
  • Le système éducatif ne forme couramment ni les élèves ni les professeurs à la réalisation d’un film. En revanche, il est possible de tabler sur les opportunités qui existent pour les utiliser au profit de la réalisation d’un projet de création audiovisuelle ou sonore. Voici quelques situations du cursus ordinaire d’un élève propres à être mises à contribution :
    • la fréquentation et l’utilisation de l’outil informatique (validée notamment par le B2i),
    • l’utilisation, pendant le cours, de documents audiovisuels comme support de formation,
    • les mises en situation des élèves dans le cadre d’exposés,
    • le dispositif des travaux personnels encadrés, des EPI, le cadre de l’ECJS
    • les mises en situation favorisées par l’enseignement de l’histoire des arts.

Tout ceci concourt à ce que chacun dispose des connaissances et des savoir-faire de base pour  intervenir efficacement dans une démarche de création audiovisuelle.
En outre, il convient d’encourager la mobilisation des savoir-faire acquis en dehors du temps scolaire. Dans plusieurs domaines (pratique sportive, musicale…), certains élèves ont un niveau de compétence que le collège ou le lycée ont tout intérêt à prendre en considération.  De fait, il est admis que la participation au CNRD représente bien un investissement des candidats intervenant, pour l’essentiel, en dehors des heures de cours.

Est-il possible de confier une partie du travail à un adulte ou à un spécialiste ?

Souvent, les collèges des correcteurs sont mis en difficulté pour évaluer la qualité d’une production lorsqu’ils ont un doute sur la provenance du travail qui leur est présenté. Convenons que c’est l’appropriation, la compréhension, la qualité du traitement du sujet qui sont évaluées chez les candidats et non la capacité technique à utiliser la suite logicielle nécessaire pour parvenir à la gravure d’un DVD. Cela ne signifie pas pour autant que la mise en forme soit estimée comme quantité négligeable par rapport au fond. Les correcteurs attendent des candidats qu’ils signalent, en toute transparence, où réside l’intervention d’une aide extérieure. Pourrait-on reprocher aux candidats d’avoir su faire le nécessaire pour obtenir le coup de pouce qui permet à leur prise en charge du sujet de s’exprimer à plein ? Le bon sens veut que la production présentée témoigne d’un maximum d’investissement des candidats, un apport extérieur intervenant comme une intervention concertée et non comme la compensation d’une faiblesse ou d’une carence dans le traitement du sujet. Les candidats doivent assumer totalement leur rôle d’auteurs et garder la main sur l’évolution de leur projet, cela doit se percevoir dans leur réalisation. Un apport extérieur sera d’autant plus admis s’il s’agit d’une aide matérielle ou technique. À bien y réfléchir, à quoi bon disposer d’un matériel à la pointe du progrès si le scénario, l’angle de traitement ou le montage sont insuffisants ? Quel effet produira un texte hors sujet, même s’il est lu par un comédien ?

  • La question d’un apport extérieur permet de poser celle du matériel qui est souvent le point d’achoppement principal. De deux choses l’une : si parmi les candidats se trouve celui qui maîtrise la chaîne de production logicielle, c’est le matériel qu’il utilise couramment qui sera employé (ou acquis à l’identique si l’établissement souhaite investir et s’il a la certitude qu’une fois le projet fini, quelqu’un d’autre sera en mesure de le faire fonctionner…). Il en va de même pour le matériel audiovisuel qui se résumera souvent à un caméscope numérique grand public. Dans le cas d’une aide extérieure, la personne interviendra avec son propre matériel. Bien entendu, c’est un paramètre à prendre en compte au moment de négocier cette aide. Quelques investissements paraissent incontournables : l’acquisition d’un pied pour le caméscope, celle d’un enregistreur numérique d’entrée de gamme, celle d’un micro, d’une perche (si le caméscope admet la connexion d’un micro). Un budget, certes, mais modeste en regard du fait qu’il pourra servir d’année en année. À cela peut s’ajouter l’acquisition de quelques DVD ou des abonnements internet pour bénéficier de supports audiovisuels ou sonores à analyser. Le matériel fongible entrera aussi en ligne de compte mais pour une faible part (cassettes, le cas échéant, DVD, CD, disque dur, clé USB, câbles divers…).
  • Il est souhaitable de mettre les candidats en confiance en les engageant à se placer le plus tôt possible en situation de produire, d’enregistrer de la vidéo ou du son. Pas nécessairement pour réaliser une interview, mais aussi pour filmer des objets, des traces visuelles (au musée, dans un service d’archives, un monument, une plaque commémorative…), des paysages, des lieux. L’intérêt d’enregistrer une séquence qui ne comporte pas de personnage est de pouvoir s’affranchir des problèmes d’inhibition, de disponibilité. Sur le plan technique, on est alors plus à l’aise pour aboutir sans se priver de faire des essais. Dans cette situation, il n’y a pas  de risque d’indisposer quelqu’un qui attend ou qui est contraint de se répéter. S’il s’agit de filmer, on peut choisir de se concentrer sur l’image sans avoir à se soucier du son. En tout état de cause, il est extrêmement décourageant et désobligeant de ternir la rencontre avec un témoin à cause d’un manque de maîtrise du matériel d’enregistrement. On ne peut mettre sur le même plan un manque d’expérience avec une impréparation ou une négligence. L’intérêt didactique d’une interview réside, en effet,  dans le fait qu’elle est portée aussi par le désir de l’invité de prendre sa part dans la réussite de l’exercice.
  • Le volume de travail peut être maîtrisé quand un équilibre est obtenu entre les ambitions des candidats, leurs capacités à mettre en commun leurs talents, le temps et les moyens dont ils disposent. Le règlement fixe à 20 minutes la durée maximale de ce qui est à présenter, il n’indique pas de durée minimum. Mieux vaut réussir 15 minutes d’un film intéressant que 20 minutes hésitantes, inabouties. Mieux vaut, avec le même angle de traitement, produire une création sonore qui fait penser à une bonne émission de radio qu’un film frustrant parce que moins travaillé, desservi par des défauts techniques. Souvent aussi, on va chercher bien loin des ressources que l’on n’a pas su détecter dans son environnement proche. 

Prendre une décision : état des lieux des facteurs positifs et des obstacles, peser le pour et le contre

Une grille (outil pronostique) pour aider à se déterminer dans ce mode de participation au CNRD

Conditions à remplir   Conseils
Y a-t-il un candidat, un professeur ou un parent disposant d’une expérience avérée pour maîtriser les aspects techniques de toutes les étapes numériques : de l’acquisition des fichiers jusqu’à la gravure du DVD ? OUI / NON Utiliser une chaîne matérielle et logicielle que l’on connaît.
S’assurer le plus vite possible que l’encodage et la gravure du DVD se réalisent sans problème.
Prévoir d’être disponible dans la durée pour l’intégralité du montage.  
Y a-t-il un candidat, un professeur ou un parent disposant d’une expérience avérée pour maîtriser la préparation, le déroulement d’un tournage et contribuer à dispenser une initiation à l’audiovisuel (en analyse et réalisation de séquences) par le moyen de travaux pratiques ? OUI / NON Le tournage se fait au minimum à une seule caméra avec une prise de son par micro indépendant.
Il y a un poste pour trois personnes : cadrer, prendre le son, assister puis poser les questions.
Y a-t-il un collectif d’au moins deux candidats disposés à s’approprier le matériel de tournage de base, à analyser des productions, à recevoir une initiation à l’écriture, au tournage et au montage ? OUI / NON Il s’agit de réinvestir des connaissances en français, en sciences humaines et en arts plastiques.
Il est plus réaliste de former un groupe de trois participants, notamment au moment du tournage.
Y a-t-il au moins deux professeurs motivés pour encourager, conseiller les candidats, les aider à se tenir à une méthode de travail, à réussir leur initiation, assurer quelques missions de médiation, le cas échéant ? OUI / NON Le surcroît de travail occasionné doit être compensé par des satisfactions professionnelles et relationnelles.
Cet engagement doit être reconnu et soutenu dans le projet de l’établissement.
Les dispositifs disponibles demandent à être utilisés : TPE, EPI, foyer socio-éducatif, champs de l’histoire des arts, de l’ECJS.
Y a-t-il possibilité de libérer quelques moyens matériels, logistiques et financiers pour assurer la viabilité du projet ? OUI / NON Prévoir de se déplacer pour accéder à des musées ou centres de ressources.
Les aides n'interviennent que lorsqu'elles sont sollicitées.
Des liens ou des partenariats existent-ils ou sont-ils susceptibles d’être établis pour rencontrer des témoins, accéder à de la documentation et des archives ? OUI / NON Des institutions et structures y sont très favorables et disposées à accueillir des candidats.
Ne cherchez pas ailleurs ce qui existe dans votre environnement.

Télécharger la grille pronostique

À charge pour les candidats d’anticiper, de renoncer à une participation audiovisuelle s’ils savent qu’ils ne disposeront pas des moyens pour aboutir. 

En résumé, quels sont les éléments décisifs pour prendre la décision de produire un document audiovisuel ?

  • Disposer des ressources humaines et matérielles nécessaires.
  • Mesurer qu’au-delà du moyen d’expression choisi, la priorité revient à l’envie de s’emparer du sujet.
  • Se projeter dans le choix du support le plus judicieux : document sonore ou film.
  • Connaître ce qui est attendu par le collège des correcteurs.
  • Se disposer à en passer par une familiarisation avec le matériel et l’écriture audiovisuels.
  • Trouver les moyens de concilier l’investissement dans le CNRD avec les apprentissages scolaires.

Mise à jour - version novembre 2016