Concours National
de la résistance et de la déportation

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Axe n°4

Germaine Tillion (1907-2008)

Issue d’une famille passionnée de culture, Germaine Tillion entame au début des années 1930 des études d’ethnologie et suit les cours de Marcel Mauss et Louis Massignon qui l’engagent vers une thèse sur une tribu berbère des Aurès qu’elle suit lors de différentes missions entre 1934 et 1940.

Elle entre dans la résistance dès 1940 en organisant des filières d’évasion de prisonniers et devient rapidement un pivot du réseau du Musée de l’homme pour lequel elle rédige des tracts qui transitent souvent dans la maison de sa mère, Émilie, à Saint-Maur. Après l’arrestation du groupe du Musée de l’homme, Germaine Tillion continue ses activités au sein d’autres organisations. Elle est arrêtée sur dénonciation en août 1942 et incarcérée à la prison de Fresnes à Paris. Après 14 mois de détention, elle est déportée au camp de Ravensbrück sous le régime Nacht und Nebel (NN) (condamnée à disparaître dans la nuit et le brouillard). En février 1944, Émilie Tillion arrive au camp ; elle est gazée le 2 mars 1945.

À Ravensbrück, Germaine Tillion découvre le système concentrationnaire nazi dont elle décrypte, en ethnologue, les rouages et la logique, notamment économique, pour elle-même mais aussi pour ses camarades qu’elle tente d’informer et de soutenir. Le Verfügbar aux enfers, opérette qu’elle écrit cachée dans une caisse en bois, raconte avec une tragique drôlerie le quotidien des « disponibles » du camp, utilisées aux basses besognes. Le manuscrit en est sauvé grâce aux camarades de Germaine Tillion, libérées en même temps qu’elle le 23 avril 1945. Les autres informations relevées sur le camp, dissimulées sous différentes formes, sont également sorties du camp et constituent le début d’une étude systématique que Germaine Tillion va mener sur Ravensbrück après 1945 (trois éditions de Ravensbrück : 1946, 1972, 1988). Membre de l’Association des déportées et internées de la résistance (ADIR), elle est présente aux procès de Hambourg (1946-1947) et de Rastatt (1950) où sont jugés les chefs SS de Ravensbrück.

Elle écrit : « Si j’ai survécu, je le dois à coup sûr au hasard, ensuite à la colère, à la volonté de dévoiler ces crimes et, enfin, à la coalition de l’amitié. » (Ravensbrück, 1988, p. 33).

Pour en savoir plus

  • Germaine Tillion, Ravensbrück,
    Paris, Seuil, 1997.
  • Germaine Tillion, La Traversée du mal,
    Paris, Arléa, 1997.
  • Germaine Tillion, À la recherche du vrai et du juste,
    Paris, Seuil, 2001.
  • Germaine Tillion, Le Verfügbar aux enfers : une opérette à Ravensbrück,
    Paris, La Martinière, 2005.
  • Tzvetan Todorov (dir.), Le Siècle de Germaine Tillion,
    Paris, Seuil, 2007.
  • Tzvetan Todorov, Germaine Tillion, la pensée en action,
    Paris, Textuel, 2011.
  • Chronologie biographique de Germaine Tillion
  • Association Germaine Tillion