Concours National
de la résistance et de la déportation

Des ressources pour participer
PARUTION

Leçons de la Shoah, de Gérard Rabinovitch (2018)

1 Avril, 2018 - 09:00

La Shoah est l’appellation retenue pour nommer le génocide perpétré contre les populations juives d’Europe pendant la Seconde Guerre mondiale. Son épouvante hante la modernité. Un spectre encore peu déchiffré rôde dorénavant dans l’histoire de la civilisation européenne : le nazisme.

Enseigner l’effectivité de ces faits est œuvre éducative, mais interroger ce qui y fait « leçons » et alertes reste un travail à ses prémisses qui appelle un croisement de disciplines. 

Appuyé des faits exhumés, consignés, explorés, cet ouvrage a pour objet :

  • de présenter des aspects peu soulignés et de répondre à certaines approximations à propos de la Shoah ;

  • de mettre au jour des dimensions notamment philologiques, jusqu’ici insuffisamment prises en compte ;

  • d’apporter un éclairage sur ce que la Shoah appelle de remises en perspective cognitives, de synthèses alertées, d’avertissements éthiques.

Ouvrage paru dans la collection « Eclairer » des éditions Réseau Canopé (avril 2018, 9,90 € imprimé, 3,90 € PDF ou ePub).

L'auteur : Gérard Rabinovitch, philosophe et sociologue, chercheur au CNRS, chercheur associé au Centre de recherches, psychanalyse, médecine, et société (Université Denis-Diderot), directeur de l’Institut européen Emmanuel-Levinas. Il a été le commissaire scientifique de l’exposition « Survivre. Les enfants dans la Shoah » du Mémorial de Caen (2009, voir le dossier de presse), l’auteur du dossier « Les enfants dans la Shoah » pour France TV Éducation et des ouvrages Terrorisme/Résistance. D’une confusion lexicale à l’époque des sociétés de masse (2014) et Somnambules et Terminators. Sur une crise civilisationnelle contemporaine (2016), parus aux éditions Le Bord de l’eau.

Lieu, date(s), heures :
RADIO

Daniel Cordier, un des derniers compagnons de la Libération (à réécouter ou podcaster)

18 Juin, 2018 - 13:30

 

 

 
Lieu, date(s), heures : France Inter, 30 min. « La marche de l'Histoire », émission de Jean Lebrun. À réécouter ou podcaster sur www.franceinter.fr/emissions/la-marche-de-l-histoire/la-marche-de-l-histoire-18-juin-2018.
EXPOSITION

L'aviation britannique dans le ciel du Nord de la France. 1914-1945

25 Juin, 2018 - 09:00 - 30 Juin, 2019 - 18:00

À l’occasion du centenaire de la Royal Air Force, la Coupole expose les opérations majeures de l’armée de l’air britannique, dans une région particulièrement touchée lors du second conflit mondial, mettant l’accent principalement sur les destins d’hommes et de femmes : pilotes et membres d’équipage, résistants et civils.

Lieu, date(s), heures : La Coupole, Centre d'histoire et de mémoire du Nord–Pas-de-Calais, rue André Clabaux (Mont-à-Car) D210 - 62570 Helfaut/Wizernes, CS 40284, 62504 Saint-Omer cedex, tél. +33 (0)3 21 12 27 27, lacoupole@lacoupole.com. Ouvert de 09:00 à 18:00 (sauf juillet-août : 10:00 à 19:00). Service pédagogique, tél. 03 21 12 27 30, fax 03 21 39 21 45, pedagogique@lacoupole.com. Service réservation, tél. 03 21 93 07 07, fax 03 21 39 21 45, reservation@lacoupole.com.
EXPOSITION

Vercors en bobines. Le maquis à l'écran

7 Juillet, 2018 - 10:00 - 31 Août, 2019 - 18:30

Une exposition à la croisée de l'histoire du cinéma et des mémoires du Vercors, avec la présentation de films et de documents exceptionnels… À l'affiche : l'histoire mouvementée du film Au coeur de l'orage de Jean-Paul Le Chanois (1948) ; des séquences filmées dans le Vercors entre juin et août 1944, inédites et redécouvertes récemment ; d'autres films sur le Vercors et la Résistance (Le Franc-TireurLe violon de Vincent…).

Autour de l’exposition :

  • Des séances de cinéma avec la projection régulière de Au cœur de l’orage et de films et documentaires traitant de la Résistance et du Vercors.

  • Des visites commentées.

Lieu, date(s), heures : Musée départemental de la Résistance du Vercors, 40 rue du Fourna, 26420 Vassieux-en-Vercors, tél. 04 75 48 28 46, musee-resistance-vassieux@ladrome.fr. Visite commentée de l'exposition en juillet et août : tous les jeudis à 16:00, durée 45 min + projection du film 1 h 20. Horaires : - juillet, août : tous les jours 10:00-12:30 / 13:30-18:30 ; - mai, juin, septembre : tous les jours 10:00-12:00 / 14:00-18:00 ; - avril, octobre : du mardi au dimanche 10:00-12:00 / 14:00-18:00 ; - novembre à mars : du mercredi au dimanche 14:00-17:00. Fermé les 24, 25, 31 décembre, 1er janvier et de la de la fin des vacances de Noël au début des vacances d’hiver.
EXPOSITION

Les traces - Histoires d'une prison, Montluc 1921-2010

6 Septembre, 2018 - 19:00 - 28 Avril, 2019 - 17:30
L’EXPOSITION, PARCOURS ET SCÉNOGRAPHIE

Les couches historiques et mémorielles de la prison de Montluc sont multiples. Ses bâtiments portent sur eux les traces d’une histoire vive, complexe et violente. Chaque occupation, chaque bâtiment détruit ou rénové reste aujourd’hui visible à travers différentes traces souvent discrètes et difficiles à comprendre pour le visiteur. Cette exposition temporaire souhaite mettre en lumière et expliquer ces différentes marques, reflets des strates historiques et mémorielles de la prison et ainsi de permettre aux visiteurs d’appréhender l’histoire de Montluc dans sa globalité.

L’exposition se présente sous la forme d’un parcours permettant aux visiteurs de découvrir différentes traces disséminées sur la totalité du site de la prison et regroupées en quatre
grandes thématiques. Aux traces carcérales propres à l’histoire pénitentiaire du site viennent s’ajouter des traces clandestines laissées par les détenus sur les murs, les portes de la prison, témoignages précieux du passage de certains détenus à Montluc. Différentes traces artistiques laissées par des projets menés dans la prison depuis le début des années 1990 nous offrent également plusieurs fresques et dessins venant aujourd’hui encore égayer et rythmer les murs de la prison. Enfin, les traces mémorielles liées à l’ouverture au public du site comme haut lieu de la mémoire nationale sont également décryptées.

Ainsi, ces multiples traces nous permettent d’écrire l’histoire de la prison mais aussi celles plus singulières de tous ceux qui y sont passés.

 

LA PRISON DE MONTLUC, HAUT LIEU DE LA MÉMOIRE NATIONALE

Le Mémorial national de la prison de Montluc a été créé afin de rendre hommage aux Juifs, résistants et otages, victimes des nazis et de Vichy, en abordant l’étude des politiques de répression et de persécution de 1939 à 1944. Lieu emblématique de la mémoire lyonnaise, la prison de Montluc regroupe de nombreuses strates historiques se succédant de 1921 à 2009, date de fermeture de la maison d’arrêt pour femmes.

UNE NOUVELLE PRISON MILITAIRE, 1921-1939

UNE PRISON DANS LA GUERRE, 1939-1940

UNE PRISON AU SERVICE DE VICHY, juin 1940-janvier 1943

La signature de l’armistice, le 22 juin 1940, et l’arrivée au pouvoir du maréchal Pétain en juillet 1940 accentuent la répression entamée dès la déclaration de guerre. Située en zone sud, la
prison de Montluc conserve son statut militaire et devient progressivement un outil au service du régime de Vichy et de nouvelles juridictions d’exception. Aux communistes déjà enfermés dès 1939, s’ajoutent alors différents types de détenus tels que des anarchistes, francs-maçons et les premiers résistants arrêtés dans la région. Dès 1940, jusqu’à 360 personnes sont enfermées à Montluc pour une capacité théorique de 127 détenus. Les conditions de vie des prisonniers se durcissent mais restent, selon les archives et les témoignages des détenus de cette période, relativement acceptables, notamment au regard de la situation dans les prisons civiles. Les détenus bénéficient entre autres d’un droit de promenade, de trois repas quotidiens, de douches et de colis qui améliorent leur quotidien. Enfin, la totalité des personnes enfermées sous Vichy sont jugées par un tribunal militaire français et condamnées à des peines précises.

Parmi les personnes incarcérées à cette période, on retrouve notamment Jean de Lattre de Tassigny. Condamné par le tribunal d’État de Lyon le 9 janvier 1943 pour avoir refusé l’ordre de ne pas s’opposer à l’invasion de la zone sud par les Allemands, il est détenu à Montluc avant son transfert à la prison de Riom. Moins célèbre, Frank Séquestra est également détenu à Montluc après avoir été condamné à 6 mois de prison pour avoir mené des activités pro-gaullistes dans la région de Mâcon. Il réalise de nombreux dessins durant sa détention entre juillet 1941 et janvier 1942. Témoignages précieux, ils nous éclairent sur les conditions de vie des détenus à cette période. Certains sont présentés dans l’exposition permanente du Mémorial.

 

UNE PRISON MILITAIRE ALLEMANDE, 8 janvier 1943-24 août 1944

L’invasion de la zone sud, le 11 novembre 1942, suite au débarquement anglo-américain en Afrique du Nord change profondément la situation à Lyon. Elle entraîne non seulement l’arrivée de la Wehrmacht et des forces de police allemandes mais rend également caduque une partie de la convention d’armistice de juin 1940 et conduit au démantèlement de l’armée française. Après une première réquisition partielle de la prison en janvier 1943, l’armée allemande réquisitionne totalement le site le 17 février 1943. Les détenus enfermés par Vichy sont alors transférés au fort de Vancia (Rhône), à la prison civile de Saint-Paul à Lyon ou celle de Nontron (Dordogne). La prison de Montluc devient alors pour Lyon et une large région Rhône-Alpes, l’un des centres de la répression allemande. Les premières grandes arrestations et démantèlements de réseaux et mouvements engendrent l’arrivée progressive de nombreux détenus.

En dépit de son statut militaire, la prison passe rapidement sous le contrôle de la Gestapo et notamment de Klaus Barbie, chef de la section IV du Sipo-Sd de Lyon. Résistants et opposants
politiques côtoient désormais Juifs, otages, réfractaires au STO et quelques droit-communs arrêtés dans la région Rhône-Alpes. Montluc est alors un véritable lieu de transit et la porte d’entrée vers l’univers concentrationnaire allemand. C’est notamment à Montluc que sont détenus Jean Moulin et ceux arrêtés avec lui le 21 juin 1943 à Caluire dans la maison du docteur
Dugoujon.

Le tribunal militaire allemand continue également de fonctionner et fait fusiller au moins 79 personnes entre octobre 1943 et juillet 1944 sur le stand de tir de La Doua à Villeurbanne. Parallèlement à ces arrestations, la population carcérale de Montluc augmente rapidement et culmine au début de l’année 1944. Au plus fort, ce sont près de 1 300 personnes qui sont internées à Montluc, qui perd alors son statut de prison pour devenir un lieu d’internement, un réservoir d’otages. Au-delà des cellules, tous les espaces de la prison sont progressivement transformés en lieu d’enfermement : les douches, les toilettes et les ateliers. Une baraque en bois, appelée par la suite « baraque aux Juifs », est même utilisée afin d’enfermer, en majorité, les hommes juifs de plus de 15 ans. Les cellules de 4 m2 peuvent alors accueillir jusqu’à huit détenus avec, pour seul mobilier, une tinette et une paillasse. Les repas deviennent de plus en plus rares et les colis encore autorisés en 1943, sont progressivement supprimés.

La toilette n’existe plus et les insectes prolifèrent dans la prison. Les interrogatoires et la torture effectués au siège de la Gestapo se généralisent. Montluc constitue alors une première étape dans le processus de déshumanisation voulu par les nazis. Des familles juives entières sont amenées à Montluc, même si nombre d’enfants étaient séparés des parents pour être enfermés à l’hôpital de l’Antiquaille. Tous sont en attente d’un transfert vers Drancy, puis d’une déportation dans les centres de mise à mort situés en Pologne. Les résistants, opposants politiques et réfractaires aux STO sont, eux, transférés vers les camps de transit de Compiègne et Romainville avant une déportation dans les camps de concentration allemands. 

Au total, entre le 17 février 1943 et le 24 août 1944, date de la libération de la prison, ce sont près de 10 000 personnes qui sont internées à Montluc. Plus de 60 % d’entre elles sont déportées et près de 10 % sont fusillées ou exécutées dans la région lyonnaise. En effet, l’intensification de la répression à partir du début de l’année 1944 coïncide non seulement avec une augmentation du nombre de convois de déportation, mais également avec une généralisation progressive des exécutions sommaires. La pression de plus en plus forte exercée par la Résistance, puis par les forces alliées suite aux débarquements de Normandie en juin 1944 et de Provence en août 1944 entraîne les Allemands dans un processus massif de liquidation des détenus de Montluc. Dès la fin du mois d’avril, des camions viennent récupérer des détenus afin de procéder à leur exécution dans différents lieux de la région lyonnaise. Ce sont au moins 556 internés de Montluc qui sont ainsi massacrés entre les mois d’avril et août 1944. À eux seuls, les deux derniers massacres de Bron, les 17, 18 et 21 août, et de Saint-Genis-Laval le 20 août 1944 représentent plus d’un tiers des personnes exécutées avec au moins 229 victimes, quelques jours seulement avant la libération de Montluc.

Craignant des représailles devant l’avancée des Alliés, l’armée allemande décide de quitter la prison le 24 août 1944 en fin de journée. Dès le lendemain, les quelque 900 internés alors
encore à Montluc sont transférés dans des structures religieuses situées à proximité. Ils y restent cachés jusqu’à la libération de la ville de Lyon, le 3 septembre 1944.

 

DE LA LIBÉRATION À L’ÉPURATION, août 1944–1947

UNE PRISON CIVILE DANS L’APRES-GUERRE, 1947-1958

LA GUERRE D’INDEPENDANCE ALGERIENNE, 1958-1962

UNE PRISON À PART, 1962-2009

UN MÉMORIAL, HAUT-LIEU DE LA MÉMOIRE NATIONALE, 2010 à nos jours

Lieu, date(s), heures : Mémorial national de la prison de Montluc, 4 rue Jeanne-Hachette, 69003 Lyon, tél. 04 78 53 60 41, info@memorial-montluc.fr. Entrée gratuite. Individuels : du mercredi au samedi, 14:00-17:30 ; visites guidées les après-midis à 15:30 ; visites guidées gratuites le premier samedi de chaque mois à 10:30 sur réservation (reservation@memorial-montluc). Scolaires et groupes (20 et plus) : du mardi au vendredi, de 09:00 à 17:30 sur réservation.
RADIO

Résistances tsiganes, récit documentaire sonore en deux parties de Claire Pouly-Borgeaud et Angélique Tibau : (1/2) Raymond Gurême – (2/2) Anina Ciuciu, un destin courageux (2018) (à podcaster ou à réécouter)

9 Septembre, 2018 - 13:30 - 10 Septembre, 2018 - 04:01

Face à l’oppression et aux persécutions, les Manouches, Sintès, Kalès, Yéniches, Rroms ou Tsiganes, ont opposé des formes de résistances très diverses. Loin de l'image victimaire que l'on peut avoir de ces communautés, c'est à l’énergie et à la force de leur résistance que puise cette émission dans le portrait de Raymond Gurême, jeune homme de 93 ans.

1er épisode : Raymond Gurême, samedi 8 septembre à 13:30, rediff. 10 septembre à 04:01

C’est à l’intérieur de sa caravane, en face du camp où il a été enfermé que Raymond Gurême nous convie, là où sont conservés ses papiers, ses photos, ses objets fétiches. Il veut nous raconter son « histoire pendant la triste guerre de 40 ». 

Né dans une famille française manouche, Raymond Gurême s’apprête à suivre les pas de ses ancêtres dans le cirque familial ambulant. Lorsque tout bascule en 1940 : l’ensemble de sa famille est arrêtée par la police française, enfermée dans les camps de Darnétal, près de Rouen, puis de Linas-Montlhéry, dans l’Essonne. Là, ils souffriront de la faim, de la soif et du froid - sous l’indifférence générale.  Son histoire de résistance rejoint celle des Roms, Gitans, Manouches… qui se sont insurgés contre la barbarie nazie le 16 mai 1944 au camp de Birkenau. Devenu le roi de l’évasion, en France puis en Allemagne, Raymond Gurême n’a de cesse de vouloir aider les siens, et son pays, la France. Il entre dans la Résistance et ne finira par retrouver sa famille que 9 ans plus tard.

Aujourd’hui, il s’est installé en patriarche, avec ses 15 enfants et quelque 200 descendants, juste en face de l’ancien camp : ironie de l’histoire, ou volonté d’en découdre avec les autorités qui, aujourd’hui encore, cherchent à le déloger, lui et sa famille ? Quoi qu’il en soit, Raymond Gurême a décidé de parler, pour témoigner d’abord, pour dénoncer ensuite, pour résister, enfin, aux discriminations toujours vives à l’égard des nomades.

 

2nd épisode : Anina Ciuciu, un destin courageux, dimanche 9 septembre à 13:30, rediff. 10 septembre à 04:30

16 mai 1944 : les femmes du « camp des familles tsiganes » d’Auschwitz II-Birkenau se soulèvent contre les nazis. Cet acte courageux est un symbole fort que célèbrent les gens du voyage tous les ans à Saint-Denis lors d’une grande fête de l'Insurrection gitane. Anina Ciuciu l’organise avec son association La Voix des Rroms. Cette jeune femme militante, à la voix posée et à l’énergie débordante, se dit fière d’être à la fois « rrom, roumaine et française ». Son engagement et sa lutte contre toute forme de discrimination s’enracinent dans une histoire personnelle qu’elle nous dévoile peu à peu. 

Anina Ciuciu est née à Craiova, en Roumanie. Comme toutes les familles rroms, sa famille subit des discriminations au travail et est rejetée dans un quartier périphérique de la ville, sans eau ni électricité. La pauvreté et le manque d’avenir les poussent à quitter la Roumanie pour trouver une vie meilleure en France. Le voyage s’avère très périlleux et aboutit contre attente dans le bidonville de Casilino, à Rome en Italie. Là, Anina et sa famille connaissent la pire misère et la mendicité. Ils décident de repartir pour la France, où leur sort n’est guère meilleur au départ : de squatts en hôtels sociaux, la famille finit par recevoir l’ordre de quitter le territoire - lorsqu’une institutrice, madame Jacqueline, leur ouvre les portes de l’école et de l’intégration. Avec le courage qui la caractérise, Anina Ciuciu gravit les échelons, entre en Sorbonne, obtient son diplôme d’avocate et se présente aux élections sénatoriales en 2017. Cette réussite, Anina en est fière, mais c’est avec une grande finesse et beaucoup de réserve qu’elle nous livre son récit - qui a force de vérité.

 

Un documentaire de Claire Pouly-Borgeaud, réalisé par Angélique Tibau. Prises de son Mathieu Perrot, Manon Houssein et Bernard Lagnel. Mixage : Archives INA : Marie Chauveau.

Avec Raymond Gurême, voyageur ; Anina Ciuciu, avocate ; Pierre Chopinaud, directeur de La Voix des Rroms ; François Lacroix, fondateur du Collectif pour la mémoire de l’internement en Essonne ; Mirabella Mile, de La Voix des Rroms ; Lora Yéniche, rappeuse ; Marie-Amélie Ciuciu, soeur d’Anina.

 

Réécouter l'émission sur le site de France Culture.

 

Témoignages sonores : Mateo Maximoff interné dans un camp pendant la guerre (Ina, 1999) – Raymond Gurême interviewé à Ivry (Ina, 2011).

Lieu, date(s), heures : France Culture, émission "Une histoire particulière", récit documentaire en deux parties de 30 min chacune.
RADIO

L'Ordre du jour, d'Éric Vuillard (1-5/5), fiction (2018) (à podcaster ou à réécouter)

10 Septembre, 2018 - 20:30 - 14 Septembre, 2018 - 20:30

"L’Ordre du jour d'Éric Vuillard, dernier prix Goncourt [Actes Sud, 2017], est un livre d’une puissance sidérante dans sa simplicité. En 160 (petites) pages, il montre comment « les plus grandes catastrophes s’annoncent souvent à petit pas » et « soulèvent les haillons hideux de l’histoire » pour raconter la marche vers l’abîme de l’Europe à travers deux moments. Le premier, c’est une réunion du 20 février 1933, où vingt-quatre puissants patrons allemands (Krupp, Opel, Siemens…), reçus par Hermann Göring et Adolf Hitler, devenu chancelier un mois plus tôt, sont exhortés à financer la campagne du parti nazi pour les législatives, et s’exécutent. « Ce moment unique de l’histoire patronale, une compromission inouïe avec les nazis, n’est rien d’autre pour les Krupp, les Opel, les Siemens, qu’un épisode assez ordinaire de la vie des affaires, une banale levée de fonds. Tous survivront au régime et financeront à l’avenir bien des partis à proportion de leur performance », écrit, grinçant, l’auteur.              

Le deuxième moment, celui auquel il se consacre le plus longuement, c’est l’Anschluss, l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne, le 12 mars 1938. Il remonte en réalité un mois plus tôt, à la rencontre entre Adolf Hitler et le chancelier autrichien Kurt von Schuschnigg ; le 12 février, à Vienne, note Vuillard, « c’est carnaval : les dates les plus joyeuses chevauchent ainsi les rendez-vous sinistres de l’histoire ».

Se faufiler dans les coulisses d’événements historiques et donner à voir l’envers du décor, révélerla part secrète de grotesque, de bêtise, de contingence, d’ennui et/ou de lâcheté, qui y menèrent… Telle est la méthode Vuillard. Né à Lyon en 1968, l’écrivain, également cinéaste (L’homme qui marche, 2006, Matteo Falcone, 2008), est convaincu que « l’histoire est un spectacle », comme il l’écrit dans L’Ordre du jour, ou, comme l’annonçait l’incipit du superbe Tristesse de la terre (Actes Sud, 2014), que « le spectacle est l’origine du monde »." (Raphaëlle Leyris, Le Monde).

  • Épisode 1 : Une réunion secrète – Le 20 février 1933, vingt-quatre puissants patrons allemands (Krupp, Opel, Siemens…) sont convoqués par Hermann Göring et Adolf Hitler, devenu chancelier un mois plus tôt…

  • Épisode 2 : Comment ne pas décider – En 1938, quelques jours avant l’Anschluss : Hitler demande à voir le chancelier autrichien, Kurt von Schuschnigg.

  • Épisode 3 : Une tentative désespérée – Face au chancelier autrichien von Schuschnigg, Hitler est inflexible. Il lui donne trois jours pour capituler.

  • Épisode 4 : Blitzkrieg – Le 11 mars 1938, Hitler organise son coup d'État et les troupes allemandes envahissent l’Autriche.

  • Épisode 5 : L'Europe aveugle – En 1938, au moment de l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne, l’Europe ferme les yeux et sombre dans l’abîme.

 

Réalisation: Laurence Courtois – Séquençage et montage du texte: Maya Boquet – Conseillère littéraire: Emmanuelle Chevrière – Lu par Grégoire Oestermann.

Avec les voix de : Sonia Masson, Dorli Lamar, Aurélie Youlia, Clémentine Verdier, Lison Pinet, Xavier Gallais, Werner Kolk, Joannes Hamm, Vincent Domenach et Pierre Mignard.

Bruitage et création sonore : Patrick Martinache et Benoît Faivre – Prise de son et mixage : Claire Levasseur – Assistance technique et montage : Dali Yaha – Assistante à la réalisation : Laure-Hélène Planchet.

Lieu, date(s), heures : France Culture, 5 x 24 min, émission « Le Feuilleton ».
RADIO

Résister, c'est dire, émission de Pierre-Yves Leprince (1975, à réécouter)

15 Septembre, 2018 - 00:41

Avec Madeleine Riffaud, Denise Vernay, Jacques Lemire, Pierre Seghers, Max-Pol Fouchet et Germaine Tillion.

Réalisation : Georges Godebert. Première diffusion : 1er février 1975.

Lien pour réécouter l'émission.

Lieu, date(s), heures : France Culture, 120 min.
EXPOSITION

Au nom d'Hippocrate - médecins déportés au camp de concentration de Natzweiler

15 Septembre, 2018 - 09:00 - 15 Juin, 2019 - 18:30

Entre 1933 et 1945, les nazis déportèrent de nombreux médecins pour des motifs politiques ou raciaux. Ce fut le cas à Natzweiler et dans ses camps annexes des deux côtés du Rhin.

Alors que le sujet des expérimentations médicales nazies est bien documenté, celui des médecins déportés est sous-étudié. Pourtant, il pose des questions fondamentales : que peut faire un médecin dans un camp, confronté à des pathologies souvent violentes, mais lui-même affaibli et dépourvu de moyens ? Que signifie exercer la médecine dans un camp où la mort règne ? Soulager son prochain ? Faire acte de résistance ? Sauver sa peau grâce à son savoir ?

L'exposition tente de répondre à ces questions à travers le parcours de sept médecins résistants déportés à Natzweiler et à travers le témoignage de déportés venus de toute l'Europe.

Illustrée par les dessins originaux d'Edouard Steegmann, elle présente également, en contrepoint, huit tableaux de l'artiste plasticienne Angélique Bègue consacrés aux expérimentations médicales nazies.

Le film Prisonnier 9157 réalisé par André Elias et Emmanuelle Vandycke sur la vie du Dr Georges Boogaerts (voir la bande annonce de Prisonnier 9157) sera également visible durant l'exposition. Résistant déporté belge au camp de concentration du Struthof, le Dr Boogaerts résista à la déshumanisation en soignant les autres prisonniers à l'infirmerie. Il devint un témoin clé d'expériences médicales nazies et de crimes secrets commis au block du crématoire.

Lieu, date(s), heures : Centre européen du résistant déporté, au Struthof, site de l'ancien camp de concentration de Natzweiler, route départementale 130, 67130 Natzwiller, tél. 03 88 47 44 67. Jusqu'au 15 octobre : Du 16 avril au 15 octobre : 09:00-18:30 - du 16 octobre au 23 décembre : 09:00-17:00 - fermé du 24 décembre au 28 février - du 1er mars au 15 avril : 09:00-17:00. Entrée libre.
EXPOSITION

Malines (Belgique) : Shoah et bande dessinée

17 Septembre, 2018 - 12:30 - 22 Avril, 2019 - 17:00

La mémoire contemporaine réserve une place particulière à la Shoah, un événement sans précédent dans l’Histoire. Le propre de tout événement est d’être historicisé, médiatisé, bref de devenir sujet de fiction. La Shoah ne pouvait y échapper. Non sans prudence, erreurs et tâtonnements mais aussi avec génie, la BD s’est donc emparée de la Shoah.

C’est ce parcours historique et artistique qui est proposé dans ce qu’il est convenu d’appeler le 9e art en interrogeant les sources visuelles de ces représentations, leur pertinence, leur portée et leurs limites. Comment la Shoah a été mobilisée par la fiction, que ce soit dans les comics ou dans la bande dessinée francobelge avec La Bête est morte ! de Calvo, où le thème est présent dès 1944. Près de 75 ans plus tard, des lignes de force, quasiment une grammaire, se dégagent de ces narrations et de ces représentations dont cette exposition va tenter, pour la première fois, de dresser l’inventaire.

Exposition réalisée par le Mémorial de la Shoah.

Lieu, date(s), heures : Kazerne Dossin, Mémorial, Musée et Centre de documentation sur l’Holocauste et les droits de l’homme, Goswin de Stassartstraat 153, 2800 Malines - Belgique. Ouvert les lundis, mardis, jeudis, vendredis de 09:00 à 17:00, les samedis et dimanches de 09:30 à 17:00.
PARUTION

Jean Moulin l'affranchi, de Bénédicte Vergez-Chaignon

3 Octobre, 2018 - 09:00

"Chez Jean Moulin, la grandeur allait de soi, écrit André Malraux vingt ans après sa disparition. Vingt-cinq jours clés, vingt-cinq journées particulières ont façonné le destin du grand résistant, dont la vie fut tragiquement écourtée à 44 ans. Une vie magnifiée par la passion et l’amour de la liberté. Mais aussi par le devoir.
Né en 1899 à Béziers dans une famille unie et très attachée aux valeurs humanistes, Jean Moulin s’engage à servir la république à travers ses fonctions dans l’administration. Tour à tour sous-préfet, préfet, puis attaché ministériel, il agrémente ses loisirs de sa passion pour l’art, affûte son talent de dessinateur dans les colonnes des grands journaux. Il aime la vie parisienne ; les nuits des années folles au cœur de la capitale font son enchantement.

Est-ce auprès des artistes qu’il a appris à regarder le monde? Avant l’Espagne et le Front populaire, le 6 février 1934 lui ouvre les yeux sur l’histoire en marche.
L’historienne Bénédicte Vergez-Chaignon éclaire les « grandes heures » de ce parcours où l’on découvre un homme pétri d’enthousiasme, amoureux, un grand sportif passionné de voitures, d’avions, de ski, que son goût certain pour le bonheur et une haute conception de ce que devait être la France ont encouragé à défendre ses valeurs, à résister – naturellement."

(Quatrième de couverture)

Paru le 3 octobre 2018, Flammarion, coll. Grandes biographies, ISBN : 9782081395725, 418 p., 24 €.

Lieu, date(s), heures :
EXPOSITION

Châteaubriant : Répressions et déportations en France et en Europe (1939-1945)

20 Octobre, 2018 - 16:30 - 22 Septembre, 2019 - 17:00

Dans l’Europe occupée par l’Allemagne nazie, résistances et répressions sont présentées par des parcours de femmes et d’hommes résistants et déportés de Loire-Inférieure, jugés ou non, transportés lors de convois pour l’Est. Cheminots et mineurs du Nord côtoient des déportés restés méconnus, ou devenus célèbres, comme également des étrangers réprimés et des maquisards de l’ouest de la France.

L'exposition temporaire au musée se complète de :

  • un DVD de témoignages ;
  • deux exemplaires de l'exposition sous forme itinérante et pouvant être réservés ;

  • l’édition du catalogue de l'exposition : voir catalogue de l’exposition 2018/20119 (pdf - 22.3 Mo). ;

  • une rencontre pédagogique, le mercredi 21 novembre 2018 après-midi à Nantes (lieu à définir), avec les enseignants et les documentalistes sur le thème 2019 du Concours national de la Résistance et de la Déportation (CNRD), en partenariat avec le rectorat de Nantes ; un DVD de cette rencontre sera ensuite disponible.

 
 
Lieu, date(s), heures : Musée de la Résistance de Châteaubriant, La Sablière, carrière des Fusillés, 44110 Châteaubriant, tél. +33 (0) 2 40 28 60 36. Entrée gratuite. Ouvert le mercredi et le samedi de 14:00 à 17:00. Sur rendez-vous pour les visites de groupes en téléphonant. En dehors des heures d’ouverture habituelles, pour des visites libres ou guidées du musée (du mardi au vendredi, de 9:00 à 13:00 et de 14:00 à 17:00), réserver au +33 (0) 2 40 28 60 36.
EXPOSITION

Génération 40 - les jeunes dans la guerre

15 Novembre, 2018 - 10:00 - 26 Mai, 2019 - 18:00

« Génération 40 » dresse le portrait d’une jeunesse plurielle, transformée par l’expérience de la guerre et de l’Occupation. Des jeunes - les fameux J3 de Vichy, âgés de 13 à 21 ans -, présentés à travers la pluralité de leurs engagements, mais aussi à travers les contraintes de leur sexe et de leur milieu social, les mots d’ordre et les sollicitations dont ils sont constamment l’objet. Les adolescents pendant l’Occupation et la collaboration étaient en effet incités à intégrer les mouvements de jeunesse mis en place par Vichy en vue d’éduquer la jeune génération, tant sur le plan moral que sportif et professionnel. Et partir de 1942, la mise en place du STO pour les jeunes de 20 à 22 ans entraîna la fuite et l’entrée en résistance de certains jeunes dans les maquis. 

Cette rétrospective d'une période trouble et complexe s’expose au fil d’un parcours original qui déroule le journal intime d’une jeune fille de 15 ans, Denise Domenach-Lallich, enrichi par de nombreux documents, lettres de personnages célèbres ou non, photos et vidéos.

Présentation sur YouTube.

 

CONFERENCES

 

ANIMATIONS THEATRALES

  • Sophie Scholl, résistance d’une jeunesse, le 15 décembre à 15:00 (à partir de 12 ans)

  • Le Petit Chaperon Uf, le 27 décembre 2018 à 14:30 (dès 8 ans)

  • Une lecture-visite : Les arbres pleurent aussi, le 3 janvier 2019 à 14:00 (dès 7 ans)

 

VISITES COMMENTÉES ADULTES

DIMANCHE 18 NOVEMBRE À 15:00, SAMEDI 24 NOVEMBRE À 15:00, DIMANCHE 2 DÉCEMBRE À 15:00, SAMEDI 8 DÉCEMBRE À 15:00, DIMANCHE 16 DÉCEMBRE À 15:00, DIMANCHE 23 DÉCEMBRE À 15:00, SAMEDI 29 DÉCEMBRE À 15:00, DIMANCHE 6 JANVIER À 15:00, SAMEDI 12 JANVIER À 15:00, DIMANCHE 20 JANVIER À 15:00, DIMANCHE 27 JANVIER À 11:00.

// Durée : 1h30 // Tarif : 3 € + entrée au musée pour les adultes.

VISITES COMMENTÉES FAMILLES

DIMANCHE 25 NOVEMBRE À 15:00, SAMEDI 22 DÉCEMBRE À 15:00, VENDREDI 4 JANVIER À 14:30.

// Durée : 1h30 // Dès 8 ans, les enfants doivent être accompagnés d'un adulte. // Tarif : 1 € pour les - 18 ans.
3 € + entrée au musée pour les adultes.

Lieu, date(s), heures : Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon, Espace Berthelot, 14 avenue Berthelot, 69007 Lyon, tél. 04 78 72 23 11. Ouvert du mercredi au dimanche de 10:00 à 18:00.
EXPOSITION

Goulag - ГУЛАГ

16 Novembre, 2018 - 10:00 - 20 Mai, 2019 - 18:00

Durant la période stalinienne – de la fin des années 1920 au début des années 1950 –, vingt millions de Soviétiques et plus d’un million d’étrangers sont passés par les « camps de travail correctif » ou les « villages spéciaux de peuplement » du Goulag. ["Le terme GOuLAG est un acronymeapparu en 1930 et formé d'après le russe Главное управление лагерей, Glavnoïé oupravlénié laguéreï, qui signifie « Administration principale des camps ». Cette division administrative de la police politique russe a été créée en juillet 1934 lors de la réorganisation de la Guépéou et de son rattachement au NKVD, nouvellement créé." (Wikipédia).]

Quatre millions de détenus et de déportés, de toutes conditions sociales et de toutes générations, sont morts au cours de cette période. La répression du corps social s’est fortement atténuée après la mort de Staline, sans pour autant disparaître.La propagande du régime a longtemps occulté la réalité de cette répression. La lumière a été faite en Occident, surtout à partir des années 1970, grâce notamment aux témoignages de rescapés. L’ouverture progressive des archives soviétiques, à la chute de l’URSS en 1991, a permis aux historiens d’être au plus près de ce qu’a été le Goulag.

À travers des documents d’archives russes inédits et les photographies poignantes de Tomasz Kizny, le musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère – Maison des droits de l’homme est le premier musée en France à consacrer une exposition au Goulag.

En partenariat avec l’association Mémorial de Moscou, le Centre mémorial de répression politique Perm-36 et Ouralpes.

 

Rendez-vous autour de l'exposition :

  • Vendredi 16 novembre 2018, 18:30, palais du Parlement, place Saint-André à Grenoble : conférence Transmettre la mémoire du Goulag, par  Irina Galkova, directrice du musée du Goulag de Moscou, et Tatiana Kourtsina, ex-directrice du Centre mémorial de répression politique Perm-36 (Oural), qui reviendront sur la construction de la mémoire et de la mise en musée du Goulag. En partenariat avec Ouralpes. Tout public. Entrée libre dans la limite des places disponibles.

  • Mardi 15 janvier 2019, 18:30, palais du Parlement, place Saint-André à Grenoble : conférence : Qu’est-ce que le Goulag ?, par Nicolas Werth, directeur de recherches au CNRS et spécialiste de l'histoire de l'URSS. Le Goulag  a été  le plus  vaste et le plus durable système de travail forcé du XXe siècle. Répression politique, logique économique, etc. Pourquoi le régime soviétique a-t-il organisé ce système ? Les camps sont-ils apparus sous Staline ou existait-il des camps sous Lénine ? S'inscrivent-ils dans l'histoire séculaire de la Russie ou sont-ils une « nouveauté » soviétique ? Le Goulag a-t-il perduré après la mort de Staline ? Quelle mémoire des camps de travail forcé dans la Russie d'aujourd'hui ? En partenariat avec Ouralpes. Tout public. Entrée libre dans la limite des places disponibles.

  • Jeudi 31 janvier 2019, 20:00, Mon ciné, 10, avenue Ambroise-Croizat à Saint-Martin-d’Hères : projection-débat Crosswind – La croisée des vents, film de Martti Helde (2015, 107 min). Le 14 juin 1941, les familles estoniennes sont chassées de leurs foyers sur ordre de Staline. Erna, une jeune mère de famille, est envoyée en Sibérie avec sa petite fille, loin de son mari. Durant quinze ans, elle lui écrira pour lui raconter la peur, la faim, la solitude, sans jamais perdre l’espoir de le retrouver. Crosswind met en scène ses lettres d’une façon inédite. En partenariat avec Mon ciné. Tout public. Tarif normal : 6,50 €. Tarif réduit : 5,50 €. Junior (- 16 ans) : 3,50 €.

Lieu, date(s), heures : Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère – Maison des droits de l'homme, 14 rue Hébert, 38000 Grenoble. Tél. 04 76 42 38 53, fax 04 76 42 55 89, mél musee.resistance@isere.fr. Entrée libre. Ouvert tous les jours, sauf le mardi matin : lundi, mercredi, jeudi, vendredi de 9:00 à 18:00 ; mardi de 13:30 à 18:00 ; samedi et dimanche de 10:00 à 18:00. Visites guidées de l'exposition le premier dimanche du mois à 14:30, les 2 décembre 2018, 6 janvier 2019, 3 février; 3 mars, 7 avril et 5 mai. Durée : 1 heure. Entrée libre dans la limite des places disponibles.
RADIO

29 mars 1941 : le destin des lettres françaises, récit documentaire sonore en deux parties de Nedjma Bouakra et Julie Beressi : (1/2) Varian Fry, l’homme inespéré – (2/2) La traversée du "Capitaine-Lemerle" (2018) (à podcaster ou à réécouter)

9 Décembre, 2018 - 13:30 - 10 Décembre, 2018 - 04:02

Résistant avant l'heure, Varian Fry a une mission : une liste de 200 personnes à sauver menacées par les nazis et la politique de Vichy. Il va l'allonger et permettre à près de 2000 personnes de s'échapper de Marseille, devenue souricière. Parmi eux, Anna Harendt, André Breton, André Masson...

Pour certains, il est un Schindler inconnu. Jeune journaliste libéral, Varian Fryse trouve le 15 juillet 1935 à Berlin et assiste à de cruelles séquences d'un pogrom qui l'a précisément renseigné quant à l'antisémitisme des sbires d'Hitler. Les Etats Unis sous la houlette d’Eleanor Roosevelt cherchent un homme rusé et discret pour faire sortir de France les artistes et personnalités persécutées. 

1er épisode : Varian Fry, l’homme inespéré, samedi 8 décembre 2018 à 13:30, rediff. lundi 10 décembre 2018 à 04:02

Varian Fry offre une vitrine « humanitaire » pour les autorités, mais travaille  dans la plus totale clandestinité. Grace à l’aide des refugiés même, de petits bras de la mafia, et de l’inventivité des hommes face à l’urgence, Il se décrit lui-même comme : « Un cheval de course attelé à un chariot de pierres ». Il écrit ses mémoires après-guerre, mais elles ne seront  traduites en France qu’un demi-siècle plus tard. Dès septembre 40 s'invente les premiers réseaux clandestins autour de Varian Fry. Artistes évadés ou sur la liste des arts «  dégénérés »,  surréalistes, hommes et femmes fuyant l’Europe centrale, l’Espagne, l’Italie et le nazisme s’informent et travaillent dans des coopératives qui leur permettent de se déplacer en échappant aux rafles. Les artistes fabriquent des faux papiers, Varian Fy ouvre un bureau dans une chambre de l'hôtel Splendide à Marseille et tape ses rapports pendant que l'eau de la baignoire coule. Son bras droit Daniel Benedicte, entré jeune au cabinet de la préfecture de Paris en 34, fait jouer ses réseaux. Pas d’amateurs que des bonnes volontés. 

Stéphane Hessel écria : « Dès que je l'eus rencontré, Varian Fry m'apparut comme le porteur d'une immense espérance à laquelle de toutes mes forces je souhaitais m'associer ». « Lundi 2 décembre au soir. Marseille. Toutes les maisons sont pavoisées. Partout de grands portraits du maréchal et des inscriptions « Vive Pétain ! Vive la France » note une fonctionnaire de la police.

Il faut sortir de la  souricière. Pétain est acclamé sur la Cannebière et à deux pas de ces fanfares nationales vit Simone Weil. Réfugiée parmi les réfugiés, elle s'est donnée pour mission de connaitre les conditions des camps d'internement en France (espagnols, juifs allemands etc). Elle tient tête à la police, archive inédite (trouvée par Robert Mencherini) et arrive à faire limoger un lieutenant féroce. "La dame au manteau gris et aux yeux fous" est pourtant elle-même visée par la gestapo.

Les rafles font rage. Marx Ernst s'échappe du Camp des Milles. Walter Benjamin tente de s'échapper par les Pyrénées. On se donne des nouvelles au café « les brûleurs de loups », intellectuels, artistes s'y retrouvent. Enfin, un havre de paix ouvre ses portes : la villa Air Belle - " Château espère Visa" ouvert par le réseau Varian Fry un discret quartier de Marseille. 

Dans cet interstice marseillais s'inventent la résistance et le jeu de Marseille, œuvre collective surréaliste. La vie ne tient qu'à un fil, des cadavres exquis font passer l'attente. Tandis que Varian Fry allonge la liste des " hommes et femmes à sauver". Les filières échouent par l'Espagne. La mer devient à conquérir. 

« Coup de dés n’abolira jamais le hasard », mais les visas sont obtenus : à quoi bon retenir cette « racaille » selon les termes de Vichy. Visas en poche, ils peuvent gagner les Etats Unis et le Mexique mais doivent braver le blocus anglais à bord du Capitaine Paul Lemerle. Le navire embarque au bord du péril André Breton, Anna Seghers, JC. Lévi-Strauss, Wifredo Lam, Serge Victor, le 29 mars 1941.

 

2nd épisode : La traversée du "Capitaine Paul-Lemerle", dimanche 9 décembre 2018 à 13:30, rediff. 10 décembre 2018 à 04:30

30 jours seulement dans cette vieille carcasse, ce cargo rouillé, 20 jours durant lesquels la vie intense va se jouer du tragique de la situation. Ici s’amorce des amitiés indéfectibles.

La rencontre sidérante de Lévi-Strauss et Breton, un coup de foudre amical. A bord, ils argumentent sur le statut du document comme œuvre d'art (courrier à bord). Serge Victor anime une université sur le pont. Le navire longe les côtes espagnoles, fait escale à Alger où il livre de mystérieuses cargaisons. Car à son bord des hommes troubles, dont un marchand avec un Degas, celui-là même qui fera couler la revue Combat quelques temps plus tard.  Un certain Smadja dont se méfient Victor Serge et Lévi-Strauss. 

Enfin, le franchissement de l'Equateur marque le changement d'hémisphère, une grande fête de Neptune baptise les matelots et les passagers, chacun se grime et porte chapeau pointu.  Germaine Krull immortalise le moment. Une société se recrée des soutes au pont, aux cabines jusqu'aux chaloupes devenues lits de fortune, où de discrètes rencontres amoureuses prennent le large.

Et puis enfin la Martinique ! 30 jours plus tard, le 20 avril 1941 le Capitaine-Paul-Lemerle accoste à Fort-de-France.

La Martinique, c'est Vichy et un camp d'internement pour "ces fuyards." Humiliations  et autres traitements  dégradants :  "Une soldatesque en proie à une forme collective de dérangement cérébral", écrira Lévi-Strauss. 

Mais une fois sorti du lazaret, c'est par hasard que Breton aperçoit dans la vitrine d’une boutique - une revue "Tristes Tropiques". Il était venu chercher des boutons pour sa fille, il en ressort avec des vers du grand poète Césaire. "Le cercle d’ombre se resserre [...] Pourtant nous sommes de ceux qui disent non à l’ombre».

Des amitiés naissent au cours de longues promenades dans cette ile à la végétation saisissante et aux " hommes plantes". Breton, Masson Césaire et Suzanne, Wifredo Lam et Hélène vont se découvrir une amitié où coulent l'encre et la peinture. Le jeune Aimé Césaire écrira : « Si je suis ce que je suis, je crois que c’est en grande partie à cause de Breton (…) une sorte d’immense raccourci pour me trouver moi-même. » André Breton écrit le recueil: Martinique charmeuse de serpents et André Masson réalise une série de dessin pour illustrer le texte. Wifredo Lam au pied d’un grand fromager étend une longue feuille près du gouffre d’Absalon. 

André Breton se remémore les lieux : « La matérialisation même du creuset où s’élaborent les images poétiques quand elles sont de force à secouer le monde, sans autre repère dans les remous d’une végétation forcenée. »

Breton part avec des manuscrits de poètes martiniquais dans ses poches. « Nous ne livrerons pas le monde aux assassins d’aube, écrit alors Aimé Césaire. 

La conquête de la  liberté se conjugue entre ces hommes aux destins éparpillés. Le structuralisme, la peinture et la littérature seront pour toujours travaillés par ce déplacement subit.

Lévi-Strauss, cherche ses malles d’ethnologue, emplies de dessins et schémas, retenues par suspicion par les autorités. Cette rencontre inattendue avec André Breton conforte le chercheur dans son rejet des « voyages exotiques autres récits d’aventuriers »  Et puis, « Au contact des surréalistes, mes goûts esthétiques se sont enrichis et affinés. Beaucoup d'objets que j'aurais eu tendance à rejeter me sont apparus sous un autre jour". Le goût de la trouvaille ou l’amour partagé des énigmes lient André Breton et le jeune Lévi-Strauss. Le 5 janvier 1960 lors de sa leçon inaugurale au Collège de France. 

Claude Lévi-Strauss rappela que « certains d'entre nous (les ethnologues) avons acquis une connaissance directe des formes de vie et pensée exotiques, qui faisait défaut à nos devanciers ; mais n'est-ce pas aussi que le surréalisme a transformé notre sensibilité, et que nous lui sommes redevables d'avoir au cœur de nos études, découvert ou redécouvert un lyrisme et une probité ? »

 

Avec : Alain Paire, galeriste et journaliste (son film est visible ici : https://vimeo\.com/234693106) ; Charles Jacquier, auteur et éditeur ; Robert Mencherini, professeur d'université en histoire contemporaine ;  Emmanuelle Loyer, professeure d'histoire contemporaine à Sciences Po ; Adrien Bosc et Daniel Maximin, auteurs ; Jean-Michel Guiraud, historien et président de l'association Varian Fry France ; Guillaume Theulière, conservateur au musée Cantini de Marseille. Et la voix de Sonia Masson, petite fille du peintre et de Thibault de Montalembert.

 

Un documentaire de Nedjma Bouakra, réalisé par Julie Beressi. Prise de son : Thibaud Nascimben. Mixage : Alain Joubert. Archives INA. Recherche et documentation internet : Annelise Signoret.

 
Pour aller plus loin 

Varian Fry - Livrer sur demande... Quand les artistes, les dissidents et les Juifs fuyaient les nazis (Marseille, 1940-1941). Collection « Éléments ». 504 pages. Ed : Agone 

Midi rouge, ombres et lumières : Tome 3, Résistance et Occupation (1940-1944) collectif dont Robert Mencherini

Varian Fry and the Emergency Rescue Committee : rapport sur le Centre américain de secours de Marseille, rédigé par Daniel Bénédite en août – septembre 1941

Site de l’Institut Varian Fry et de la Fondation Chambon (du nom du village de Chambon sur Lignon)

Photo de groupe à bord du « Capitaine Paul-Lemerle » en mai 1941 : avec Victor Serge, Jacqueline Lamba Breton, Midi Branton, Wifredo Lam et sa femme, Katrin Kirschmann, Dyno Lowenstein, Harry Branton, Carola Osner, Walter Barth…

Vichy aux Antilles et en Guyane : 1940-1943, une étude de Léo Elisabeth paru dans la revue d’histoire, Outre-Mers.

Breton, ascendant Césaire : article de Jean-Claude Blachère (Université Montpellier-3) en ligne sur le site du Centre de recherches sur le surréalisme. sur ce même site, on trouve des références biographiques et bibliographiques sur le surréalisme aux Antilles.

http://melusine-surrealisme.fr/site/FataMorgana.htm ou encore des reproductions des premiers numéros de la revue Fata Morgana.

Extrait de l’ouvrage de Fabrice Flahutez : Nouveau monde et nouveau mythe : mutations du surréalisme, de l’exil américain à l’écart absolu (1941-1965). A lire sur le site des Presses du réél.

Lieu, date(s), heures : France Culture, émission "Une histoire particulière", récit documentaire en deux parties de 30 min chacune.

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