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Les jeux olympiques : des enjeux multiples

Boycotter Berlin, les Olympiades populaires

Affiche officielle des Jeux olympiques de Londres en 1948

Affiche des « Jeux olympiques du Peuple » organisés à Barcelone du 19 au 26 juillet 1936 (© Iberfoto/Photoaisa/Roger-Viollet).

En juillet 1936, Barcelone s’apprête à accueillir les Olympiades populaires pour les athlètes boycottant les Jeux officiels de Berlin. Il s’agit en quelque sorte de contre-jeux dans une Europe traversée par le clivage démocraties, États autoritaires, des jeux antifascistes interrompus par le début de la guerre civile le 18 juillet. La capitale catalane avait fait partie des villes candidates en 1931 mais Berlin lui avait été préférée par le CIO au nom du retour de l’Allemagne dans le concert des Nations, à la SDN notamment. Dans un climat international troublé tant en Asie qu’en Europe, l’arrivée des nazis au pouvoir provoque un grand mouvement international favorable au boycott de Berlin. Des villes comme Prague ou Anvers se proposent comme alternative à la capitale allemande.

En février 1936, le Frente popular propose d’organiser des jeux, soutenus par de nombreux mouvements syndicaux, des partis politiques, des associations. Vingt-deux pays inscrivent plus de 5 000 athlètes pour une cérémonie d’ouverture fixée au 19 juillet. En France, les opinions politiques se partagent entre une extrême droite qui défend les Jeux de Berlin et des forces de gauche favorables à la manifestation de Barcelone. 1 200 athlètes sont sélectionnés début juillet en présence de Léo Lagrange, le secrétaire d’État du Front populaire aux Sports et aux Loisirs, pour ces contre-jeux. Si ce membre du gouvernement, qui appuie sa politique sur la jeunesse, soutient les jeux populaires et favorise le départ des sportifs pour Barcelone, Léon Blum refuse quant à lui la participation de l’État et fait prendre en charge les déplacements des athlètes par les fédérations sportives. L’Assemblée, le 9 juillet 1936, vote la participation de la France aux Jeux de Berlin, avec un engagement de la droite et une abstention de la gauche. Pierre Mendès France a de son côté voté contre !

Dans la nuit du 18 au 19 juillet 1936, les premiers combats du Pronunciamiento de Franco touchent Barcelone. Le 23, le comité exécutif des Olympiades populaires décide l’annulation des Jeux. Le gouvernement français fait rapatrier par navire les athlètes français, dont certains restent combattre le fascisme d’une autre façon, en entrant dans la guerre civile. L’attitude de neutralité, de soutien du bout des lèvres, du gouvernement français lors de la guerre d’Espagne est ainsi posée.