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Les jeux olympiques : des enjeux multiples

La spécificité allemande

Le passé récent, la défaite de 1945, la partition et l’occupation du territoire, les débuts de la guerre froide font de l’Allemagne un enjeu des relations internationales auxquelles le CIO est inévitablement confronté. Malgré l’accord du CIO, le délai d’acceptation de l’intégration du comité national olympique allemand imposé par le Conseil de contrôle allié en Allemagne se traduit par un refus de voir des athlètes allemands aux Jeux de Londres en 1948. Les organisations sportives allemandes ont été dissoutes en 1946. Le CIO doit attendre mai 1950, après la naissance de la RFA et de la RDA, pour accepter le comité national allemand créé à Bonn en septembre 1949 et soutenu par les Alliés comme moyen d’intégration du nouveau pays dans la communauté internationale. La demande du comité de la RDA est repoussée au titre qu’un seul comité est accepté par pays. Il lui faudra attendre 1955 pour être accepté provisoirement. Le CIO a donc choisi un soutien au camp occidental dans les moments forts de l’entrée en guerre froide tout en négociant l’arrivée des athlètes soviétiques aux jeux d’Helsinki. En 1956, une seule équipe allemande, avec des athlètes issus des deux États, concourt à Melbourne, puis à Rome, à Tokyo et à Mexico (des symboles communs aux deux équipes et L’Hymne à la joie pour seul hymne).

Cependant en 1965, la RDA obtient d’être présente sous son seul nom. Les Occidentaux réagissent, mais ni la France menacée de se voir retirer les Jeux d’hiver de 1968, ni les États-Unis entrés dans de nouvelles relations avec l’URSS après le départ de Khrouchtchev n’interviennent réellement. En 1968, le CNO est-allemand est définitivement admis au sein du CIO et à Munich, en Allemagne fédérale, deux équipes matérialisent la séparation. Les Jeux de Munich entérinent donc cette situation, acceptée à l’échelle internationale avec l’entrée des deux Allemagne à l’ONU en 1973. Le découpage de l’Allemagne en deux pays indépendants reconnus à l’échelle diplomatique l’est aussi, et d’ailleurs préalablement, dans le monde sportif. La réunification succédant à la chute du mur de Berlin se traduit par la présentation d’une seule équipe lors des Jeux de Barcelone en 1992.

La RDA a construit un système étatique de production d’athlètes de haut niveau, utilisant des moyens illégaux comme le dopage organisé. Les femmes est-allemandes ont dominé l’athlétisme et la natation et bien figuré dans beaucoup d’autres sports olympiques. La réunification a mis fin à cet état de fait.