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Les jeux olympiques : des enjeux multiples

Une participation féminine progressive

Présentation chronologique de la participation des femmes comparée à celle des hommes et des pays présents aux J. O.

Ville Année

Nombre total d'athlètes

Athlètes 
 femmes

Nombre 
 de pays participants

Paris 1900

975

22

24

Saint-Louis 1904

645

6

12

Londres 1908

1 971

37

22

Stockholm 1912

2 359

48

28

Anvers 1920

2 561

65

29

Paris 1924

2 954

135

44

Amsterdam 1928

2 883

277

46

Los Angeles 1932

1 332

126

37

Berlin 1936

4 066

328

49

Londres 1948

4 104

390

59

Helsinki 1952

4 955

519

69

Melbourne 1956

3 314

376

67

Rome 1960

5 338

611

83

Tokyo 1964

5 151

678

94

Mexico 1968

4 735

781

112

Munich 1972

7 134

1 059

121

Montréal 1976

6 084

1 260

92

Moscou 1980

5 179

1 115

80

Los Angeles 1984

6 829

1 566

140

Séoul 1988

8 391

2 194

159

Barcelone 1992

9 356

2 704

169

Atlanta 1996

10 318

3 512

197

Sydney 2000

10 651

4 069

199

Athènes 2004

10 625

4 329

201

Pékin 2008

11 028

4 746

204

Londres 2012

 

 

 

Tableau établi à partir des statistiques du CIO.

Jusqu’à la Grande Guerre, la participation des femmes peut être considérée comme anecdotique : aucune aux premiers Jeux de l’ère moderne, quelques-unes pour des disciplines rares comme le golf ou le tennis aux Jeux suivants. Les femmes luttent pour obtenir le droit d’organiser des rencontres sportives internationales : en 1921, est créée la Fédération sportive féminine internationale qui organise des Jeux féminins à Paris, puis les premiers Jeux mondiaux féminins à Monte Carlo. En 1936, les Jeux féminins sont annulés remplacés par un programme olympique féminin de neuf épreuves à Berlin. L’impulsion à la présence des femmes est donnée aux Jeux d’Anvers et se traduit par une progression constante, exceptée pour les Jeux de Los Angeles. Ce fait se comprend par l’éloignement géographique de l’Europe des Jeux de 1932, du reste le nombre des hommes a aussi baissé sensiblement. Cependant si impulsion il y a, la part des femmes dans le nombre total d’athlètes reste réduite : 8 % à Berlin en 1936. Donc si en valeur absolue des progrès incontestables sont réalisés, en valeur relative, le sport reste un domaine d’exclusion des femmes, une « Bastille à conquérir ».

La barre des 10 % atteinte chez les Finlandais en 1952 ne sera plus jamais franchie dans l’autre sens. Mais la conquête reste lente. Le nombre global d’athlètes participant augmente et le nombre de pays acteurs des Jeux également. Reflet de la décolonisation, cette augmentation du nombre des acteurs influence peu le nombre des femmes présentes. À Montréal en 1976, le boycott des pays africains n’empêche nullement l’augmentation nette du nombre des femmes (+ de 20 % des athlètes présents), ce qui montre qu’elles sont majoritairement issues des pays européens et américains. Les Jeux de Moscou soulèvent une autre interprétation : le nombre des pays est limité par le boycott occidental, le nombre des femmes reste à hauteur des 20 % du total. Les pays du bloc communiste présents à ces Jeux possèdent des délégations féminines nourries (URSS, RDA, Roumanie notamment) comme reflet de sociétés ouvertes, égalitaires. Ensuite, les 25 % de femmes atteints à Los Angeles deviennent 30 % à Barcelone, 35 % à Atlanta, 40 % à Sydney, 42 % à Pékin. À Atlanta, les épreuves féminines représentent un tiers des épreuves totales.

Ces progrès s’expliquent par l’augmentation des délégations féminines des pays les plus importants (États-Unis d’Amérique, URSS, pays européens…) mais aussi par l’arrivée depuis les années 1980 de femmes de pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Nous expliquons ces arrivées par l’augmentation du nombre des épreuves ouvertes aux femmes notamment en athlétisme (courses de fond dominées par les pays africains), la parité progressive du nombre des épreuves dans certains sports comme en natation, en escrime. L’arrivée du basket-ball féminin en 1976, celle du football en 1996, permettent à de nombreuses délégations d’augmenter le nombre de femmes présentes.