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Pour mémoirePour mémoire

Les années noires 1940-1945

Armistice ou capitulation ?

Réfugiés luxembourgeois croisant un camion d’une unité d’artillerie de la 3e armée française (Luxembourg/Meurthe-et-Moselle), le 10 mai 1940.

Réfugiés luxembourgeois croisant un camion d’une unité d’artillerie de la 3e armée française (Luxembourg/Meurthe-et-Moselle), le 10 mai 1940.
Photographe : SCA. Référence image : 3armee-56-c1246 . ECPAD.

La déclaration de la guerre a lieu le 3 septembre 1939 mais est prolongée par une longue période d’attente de l’attaque : la drôle de guerre, seulement interrompue par la bataille de Narvik en Norvège en avril 1940. Les hostilités entre la France et l’Allemagne commencent le 10 mai 1940. Après le terrible choc qu’a représenté la défaite en six semaines de l’armée française – armée considérée par les Français, mais aussi par les autres nations, comme l’une des plus puissantes au monde –, huit millions de Français partent sur les routes de l’exode. Ils y croisent près de deux millions de soldats devenus prisonniers de guerre en marche vers la captivité. Il est évident pour tous que la bataille de France est perdue. Un débat s’organise à partir du 10 juin 1940 entre les militaires et le gouvernement français replié en Touraine puis à Bordeaux : armistice ou capitulation ? Le président du Conseil Paul Reynaud souhaite que le généralissime Weygand signe la capitulation pour la métropole, permettant ainsi au gouvernement de continuer le combat en Afrique du Nord ou à l’étranger. Outre que cette solution ne protège pas les Français des exactions éventuelles des Allemands, elle attribue la responsabilité de la défaite à l’armée française, ce que Weygand et de nombreux officiers supérieurs refusent. La capitulation n’arrête pas le conflit entre la France et l’Allemagne, mais marque la reconnaissance par les militaires de la perte d’une bataille. En revanche, l’armistice attribue la responsabilité de la défaite à la classe politique. En effet, elle est signée par le gouvernement et marque l’arrêt des combats sur tous les territoires, avant la signature d’une paix séparée. Elle protège les populations, mais oblige Paul Reynaud, qui avait passé un accord avec les Britanniques le 28 mars 1940 rejetant toute paix séparée, à renier sa parole. Le 13 juin, le maréchal Pétain, vice-président du Conseil, menace de démissionner si l’armistice n’est pas demandé. Appelé le 18 mai 1940 par Paul Reynaud parce qu’il est respecté à droite comme à gauche et qu’il incarne le sursaut contre l’envahisseur, Pétain défend pourtant l’idée de l’armistice comme « condition nécessaire de la pérennité de la France éternelle ». Selon lui, les causes de la défaite sont politiques. Paul Reynaud démissionne brutalement le 16 juin : il n’était pas mis en minorité au Conseil des ministres mais il semble qu’il ait estimé que Pétain ou Weygand pesaient plus lourd que lui dans les décisions. Pétain lui succède. L’armistice est signé le 22 juin et le 25 juin à 0 h 35, il entre en vigueur sur tous les fronts français.