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Les années noires 1940-1945

1945 ou la fin des années noires

Des éléments de la 2e DB passent à travers les ruines de Royan bombardée à deux reprises par les Alliés, le 5 janvier 1945, puis en avril lors de la reconquête de la poche. Avril 1945

Des éléments de la 2e DB passent à travers les ruines de Royan bombardée à deux reprises par les Alliés, le 5 janvier 1945, puis en avril lors de la reconquête de la poche. Avril 1945
Photographe : Philippe Héritier. Référence image : TERRE-10307-R72. ECPAD.

Le territoire métropolitain n’est totalement libéré qu’en 1945, les combats à Royan et sur la pointe de Grave sont violents jusqu’en avril 1945 par exemple. Le maréchal Pétain, enlevé par les Allemands le 20 août 1944, est envoyé à Sigmaringen où réside également Laval. Pétain gagne la Suisse puis se livre à la France en avril 1945. Bien qu’il ait été condamné à mort en août, sa peine est commuée en raison de son grand âge et il mourra le 16 juillet 1951. Laval est rejeté par la Suisse et l’Espagne, et est ramené d’Autriche en France dans un avion américain. Il est jugé rapidement, condamné à mort et exécuté en octobre 1945. Les Français veulent tirer un trait sur les années noires car le bilan est lourd. Le nombre de morts et de disparus s’élève à environ 150 000 militaires, 100 000 civils décédés sous les bombardements, à cause des conditions de vie, de la répression, des opérations militaires, et 150 000 civils disparus à cause des persécutions raciales et politiques. C’est parce que les Français veulent regarder vers l’avenir que de Gaulle n’est pas élu en 1946, à l’instar de Churchill en Grande-Bretagne. Mais, sans compter les souvenirs des souffrances vécues dans chaque famille, des traces de la guerre restent longtemps en place : bien que rapidement menée, la reconstruction est longue et les cartes de rationnement ne disparaîtront qu’en 1949.

Deux livres d’Henri Rousso montrent l’importance de cette période : Le Syndrome de Vichy, paru en 1987, et Vichy, un passé qui ne passe pas, écrit avec Éric Conan et édité en 1994. Faisant le lien entre le livre de Robert O. Paxton, La France de Vichy. 1940-1944, édité en France en 1973 – qui casse le mythe résistancialiste et montre clairement la responsabilité du gouvernement de Vichy durant les années noires – et le travail de Pierre Nora sur Les Lieux de mémoire à partir de 1984, Henri Rousso met alors en évidence la présence de plus en plus obsédante des années noires et de leur mémoire. Près de vingt ans plus tard, dans un article du monde daté du 17 juillet 2012, Henri Rousso indique que « ce passé est passé : non pas qu’il soit oublié, mais parce qu’il a enfin trouvé sa place ».