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Le Mexique, 3000 ans d’histoire

La route de Cortés : un chemin de découverte et de conquête

Niveau collège 5e

Introduction

La conquête du continent américain s’est faite selon deux axes : l’axe mésoaméricain avec la conquête de l’empire aztèque par Hernan Cortés (1519-1521) et l’axe andin avec la conquête de l’empire inca par Francisco  Pizarro (1532-1533). Ces deux opérations militaires ont de nombreux points communs relatifs à leur déroulement et aux procédés utilisés par les conquistadors. Nous nous intéressons ici à la conquête entreprise par Hernan Cortés. La conquête du Mexique peut se décomposer en quatre phases :

  • l’exploration des côtes du Mexique ancien de 1517 à 1519 ;
  • la marche des conquistadors menés par Cortés entre le golfe du Mexique et le plateau central de la vallée de Mexico en 1519, appelée la « route de Cortés » ;
  • la « coexistence pacifique » entre Espagnols et Aztèques à Mexico-Tenochtitlan de 1519 à 1520, Cortés étant l’invité de Moctezuma ;
  • le siège et la prise de la ville en 1521.

Si nous avons décidé de nous focaliser sur l’épisode de la route de Cortés, c’est parce que les manuels scolaires ont tendance à séparer et à traiter différemment la découverte de l’Amérique qui relèverait d’un esprit humaniste d’ouverture au monde et la conquête de l’Amérique qui serait la manifestation d’une obsession européenne de puissance militaire et mercantile. Or, l’étude de la « route de Cortés » démontre précisément que découverte et conquête vont de pair et participent d’une même dynamique.

La « route de Cortés » a une dimension spatiale et chronologique. Elle désigne à la fois le chemin sinueux emprunté par la soldatesque espagnole entre Veracruz et Tenochtitlán et un épisode intermédiaire de la conquête entre l’arrivée des vaisseaux de Cortés (avril 1519) et l’entrée des conquistadors dans la capitale aztèque (novembre 1519). Il s’agit de montrer que cette phase est un moment-clé de préparation du siège de Mexico-Tenochtitlan et, par conséquent, de revenir sur certains mythes de la conquête : une poignée de conquistadors soumettant un empire grâce à la supériorité technique occidentale.

Enfin, au moment où les monarchies européennes se divisent intérieurement sous le coup de la Réforme, la péninsule ibérique, tout juste reconquise, n’a jamais été aussi puissante : le XVIe siècle (jusqu’en 1630) est le Siècle d’or de l’Espagne.

Cartographie de la route de Cortés

Carte - La route de Cortés

Cette carte nous offre de précieux indices sur la stratégie mise en place par Cortés avant le siège de la ville en 1521. En premier lieu, on constate que la route de Cortés n’est pas la plus directe pour rejoindre México-Tenochtitlan : le chemin emprunté par Cortés décrit une série de boucles, de crochets et de détours forts révélateurs. D’une part, il s’agit d’éviter les pièges que lui tendent les espions de l’empereur sur la route principale. D’autre part, Cortés cherche à miner l’intégrité territoriale de l’Empire aztèque en se présentant comme un libérateur des populations tributaires et en fédérant autour de sa personne les résistances locales contre Moctezuma II. Ce chemin en zigzag s’explique donc parce que Cortés rend visite aux seigneurs rebelles. Dans un premier temps, les conquistadors s’allient avec le seigneur de Zempoala, désigné dans les chroniques espagnoles de la conquête comme le « cacique gordo de Zempoala ». Plus loin, à Tizatlan, après leur avoir livré combat et testé la force de frappe des Espagnols, les Tlaxcaltèques décident également de s’allier aux nouveaux venus en leur fournissant des milliers de soldats supplémentaires. La troupe de Cortés, augmentée de ces nouvelles recrues, qui fait son entrée dans México-Tenochtitlan en novembre 1519 n’est, par conséquent, pas la même que celle qui avait débarqué quelques mois auparavant sur les côtes du Golfe du Mexique.

Deuxièmement, les éléments chronologiques insérés sur la carte nous apprennent que cette marche à l’intérieur des terres dura plus de six mois, d’avril à novembre 1519, ce qui signifie que la soldatesque n’avance pas comme elle veut. La route de Cortés est en effet semée d’embûches et pavée d’affrontements sanglants. Hernán Cortés doit livrer un double combat : combat contre un milieu hostile (relief montagneux, végétation dense, peuples inconnus) mais aussi combat à l’intérieur de son propre camp… Diego Velázquez, le gouverneur de Cuba qui avait chargé Hernán Cortés d’explorer les côtes du Yucatan en 1519, craint que son fougueux vassal n’agisse pour son propre compte et sorte du rang. Velázquez intime à Cortés, à peine sorti de Cuba, de revenir à son point de départ, ordre qu’il refuse d’accomplir.

Enfin, malgré la tactique cortésienne d’interdire les pillages, d’éviter les combats inutiles et de favoriser les alliances, il s’est également livré à des atrocités contre les populations autochtones comme  le massacre de Cholula, par exemple.