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Pour mémoirePour mémoire

L'armistice du 11 novembre 1918

Collège/Lycée

Troisième

Programme de Troisième

La Première Guerre mondiale et ses conséquences

Après avoir situé chronologiquement les grandes phases militaires du conflit, on insiste sur le caractère total de cette guerre (économie, société, culture), sur les souffrances des soldats et les difficultés des populations. Le bilan de la guerre inclut les révolutions de 1917 en Russie, la vague révolutionnaire qui suit et son écrasement.

Document d'accompagnement

On doit renoncer au récit chronologique des phases du conflit et privilégier la mise en évidence de ses grandes caractéristiques : son aspect total et la brutalisation des rapports humains qu’il a impliquée. Cela permet de faire comprendre, par delà les conséquences plus immédiates de la guerre, étudiées dans son bilan, sa résonance profonde et traumatique sur le siècle qui commence. La notion de brutalisation (mal traduite du terme anglais « brutalization » que le néologisme «ensauvagement» aurait mieux fait comprendre) reflète la place fondatrice de la violence liée à la guerre. Des recherches récentes ont mis en évidence cette violence d’un conflit marqué par le premier génocide du siècle, celui des Arméniens, et pendant lequel, pour la première fois en Europe, s’ouvrent des camps de concentration ; cette pratique, partagée par tous les belligérants pour les ressortissants de pays ennemis, atteint des groupes entiers de population (tels ces Français et surtout ces Françaises de la région de Lille qui ont été déportés en Prusse orientale). Si l’extermination des Juifs et des Tziganes n’est pas directement issue de la Première Guerre mondiale, certains des hommes qui ont vécu ce conflit deviennent capables d’appliquer une haine exterminatrice : à deux reprises, en 1931 et en 1939, Hitler invoque la déportation des Arméniens pour justifier sa politique antisémite.

Il faut donc envisager le conflit dans son aspect fondateur d’une violence totale (totalitaire ?) qui marque le XXe siècle.

Propositions de travail

En Troisième comme en Première, les instructions (documents d'accompagnement en particulier) nous invitent à prendre en compte le résultat des recherches entreprises sur la Première Guerre mondiale depuis le début des années 1990 : la question de la brutalisation, tout au moins la question de la violence, de son ampleur, de ses modalités ; le deuil, surtout dans sa dimension collective ; la culture de guerre (mobilisation et question du consentement) et l'impact de la guerre sur les sociétés de l’après-guerre.

L'approche sur les deux niveaux peut s'appuyer sur le découpage choisi dans le dossier documentaire. Pour chaque partie, une approche croisée des documents permettra de dégager informations et exemples selon les axes retenus pour guider l'exploitation des documents et débouchera sur une réponse argumentée à une problématique :

Partie du dossierPour guider l'exploitation des documentsSynthèse argumentée
A. 1918 : le dénouement
  • La fin d'une guerre longue
  • Un rapport de force favorable aux Alliés
Quels éléments nouveaux permettent de mettre fin à la guerre en 1918 ?
B. La guerre des tranchées
  • Les modalités de la violence au front
  • Les souffrances des soldats
Pourquoi la guerre des tranchées symbolise-t-elle la Première Guerre mondiale ?
C. La première guerre totale
  • La mobilisation économique
  • La mobilisation des esprits
Qu'est-ce qui donne au conflit un caractère total ?
D. Les civils dans la guerre
  • Les civils victimes de la violence de guerre
  • Les civils participent à l'effort de guerre
Comment les civils sont-ils touchés par la guerre ?
E. Une Europe meurtrie
  • Les conséquences d'une violence sans précédent
  • Une Europe ruinée par la guerre
Pourquoi le bilan de la Première Guerre mondiale est-il sans précédent ?
F. Une Europe bouleversée
  • Une nouvelle carte de l'Europe
  • La guerre dans la paix
  • Des sociétés marquées par la guerre
Pourquoi la guerre a-t-elle bouleversé l'Europe ?
G. La mémoire de la guerre
  • Le deuil et son expression
  • Commémorer pour ne pas oublier
Comment la Première Guerre mondiale a-t-elle marqué la mémoire collective ?

 

Première L/ES

Programme de 1ère L/ES

La Première Guerre mondiale et les bouleversements de l’Europe

On présente brièvement les grandes phases du conflit puis on insiste sur son caractère de guerre totale et sur ses conséquences. Cette étude inclut l’événement majeur constitué par la révolution russe.

Document d'accompagnement

La Première Guerre mondiale et les bouleversements de l’Europe.

L’étude vise à prendre la mesure de cet événement majeur et à analyser son caractère de guerre totale, phénomène novateur à cette échelle, qui consiste à mobiliser toutes les forces d’un pays pour détruire l’adversaire. Les grandes phases du conflit sont donc présentées en interaction avec les stratégies d’adaptation des États aux nouvelles conditions de la guerre.

Elle s’attache aussi à montrer, à l’aide de quelques exemples, que les effets d’un conflit d’une telle ampleur sont multiples. Ainsi, la guerre est-elle à l’origine de nouvelles formes d’intervention de l’État, d’un bouleversement géopolitique du continent et de la mise en question de nombreux régimes et traditions politiques.

La mémoire collective de l’entre-deux-guerres, quel que soit le pays concerné, est durablement marquée : deuil collectif, commémorations, pacifisme.

La brutalisation des rapports humains invite à poser la question des liens entre la violence de la période (ainsi du massacre des Arméniens, premier génocide du siècle) et celles des totalitarismes.

La Première Guerre mondiale est la matrice des révolutions en Russie. L’empire affronte au début des années 1910 une transition instable (industrialisation rapide, état d’ébullition social récurrent, apparente solidité politique) qui ne permet pas d’augurer de l’avenir, dans un sens ou dans un autre. Son entrée en guerre est synonyme de désastre militaire, de pertes humaines et territoriales; l’économie ne résiste pas au conflit, le ravitaillement du front et de l’arrière n’est plus assuré, le pays s’installe dans l’inflation et la pénurie ; le tsar et le pouvoir centralisé sont discrédités : en 1917, la Russie s’autogère. La guerre agit comme un amplificateur des blocages et des fragilités antérieures et un formidable accélérateur de l’histoire : moins de trois ans séparent la mobilisation de la chute du régime impérial et huit mois cette dernière de la prise du pouvoir par les bolcheviks.

L’étude de la Première Guerre mondiale est propice à un travail avec les professeurs de français, de langues étrangères ou d’arts plastiques sur les corpus épistolaire et littéraire ou les représentations de la guerre.

Programme de 1ère S

Les Français dans la Première Guerre mondiale

Après avoir décrit l’entrée en guerre, on étudie les manières dont les Français vivent le conflit, en insistant sur le fait que la société dans sa quasi-totalité est touchée par le deuil. Une ouverture sur certains prolongements de la Grande Guerre (apaisement des luttes religieuses, organisation du souvenir, évolution des rôles féminin et masculin, etc.) achève l’étude.

Document d'accompagnement

Le second moment retenu pour l’étude de la France entre 1900 et 1939 est un événement majeur : la guerre de 1914-1918. Le fil conducteur retenu par le programme est le vécu et les représentations des Français ; il se veut, comme les pistes proposées ci-dessous l’explicitent, au service d’une analyse globale. Les premiers mois méritent une attention particulière, parce que des traits durables se cristallisent. L’opinion et les pouvoirs publics font face à un conflit qui, quoique envisagé depuis une dizaine d’années, les surprend par sa soudaineté ; si le passage brusque de l’état de paix à celui de guerre suscite d’abord consternation ou résignation, très vite prévaut un sentiment définitivement installé : le patriotisme défensif et la résolution à se défendre.

Durant les quelques mois de la guerre de mouvement, 300 000 Français sont tués, 600 000 portés disparus, blessés ou faits prisonniers : le pays entre dans une ère de mort de masse. L’échec d’une victoire rapide entraîne une série de remises en cause et d’adaptations progressives. Parmi celles-ci, la recherche d’un équilibre entre exécutif, législatif et haut commandement et l’engagement dans une guerre totale : mobilisation de l’ensemble des ressources humaines, intégration au phénomène guerrier du potentiel économique et productif, affirmation des moyens d’encadrement de masse, recherche et banalisation de moyens de destruction massive.

Fin 1914, la société est installée dans la guerre : les années 1915-1917 constituent le coeur de l’étude. Sur toute l’étendue du front s’est constitué un réseau défensif formé de deux positions parallèles. L’existence des soldats des tranchées s’organise. Leur résistance à l’inhumanité quotidienne et lors des tentatives des états-majors de briser la continuité du front (essais de percée de Joffre en 1915, stratégie de l’usure en 1916 par les Allemands, puis les Alliés) invite à poser des questions difficiles : celles du consentement et de l’acceptation de la violence, donnée et subie. Un puissant sentiment de solidarité nationale, la lutte individuelle et de groupe pour la survie, l’intériorisation de l’idée que l’adversaire appartient à l’univers de la barbarie constituent des éléments de réponse. En 1915 et 1916, l’arrière affirme le même consensus, à partir d’un réseau identique de convictions, favorisées par le maintien de conditions de vie supportables, la persistance de l’Union sacrée, la solidarité avec le front et le conditionnement de l’opinion. Au contraire, 1917 connaît une crise qui affecte tous les secteurs. Sa résolution est le fait d’une répression mesurée et d’une seconde série de remises en cause et d’adaptations.

En demandant une « ouverture sur certains prolongements de la Grande Guerre », le programme souligne que l’ombre portée par l’événement est durable et incite à examiner si le conflit a créé les conditions nécessaires à des changements structuraux.

Le temps sera trop bref pour analyser à parité les trois exemples proposés : une analyse nuancée associée à une ou deux évocations permettra d’atteindre l’objectif visé.

À titre d’exemple, on pourrait souligner les traits suivants pour ce qui est de « l’organisation du souvenir ». Fin 1918, les deux tiers, voire les trois quarts de la population française ont été touchés par les deuils.

Les monuments aux morts érigés durant l’entre-deux guerres et une foule de plaques commémoratives font mémoire des morts par leurs listes nominatives ; devenant des lieux de commémoration, surtout le 11 Novembre (fête nationale à partir de 1922), ils affirment une ambition civique. Monuments et manifestations aident les survivants à surmonter les disparitions, en tissant des harmoniques entre la douleur personnelle et la sacralisation collective. Par le biais de leurs associations, les anciens combattants (c’est-à-dire en 1920, 55 % des plus de vingt ans) jouent un rôle dans l’organisation du souvenir ; un alliage entre pacifisme et patriotisme constitue l’une des caractéristiques de ces associations.

L’étude de la Première Guerre mondiale est propice à la mobilisation des études locales et des ressources patrimoniales. Elle est propice aussi à un travail avec les professeurs de français, de langues étrangères ou d’arts plastiques sur les corpus épistolaire et littéraire ou les représentations de la guerre.

Propositions de travail

En Première comme en Troisième, les instructions (documents d'accompagnement en particulier) nous invitent à prendre en compte le résultat des recherches entreprises sur la Première Guerre mondiale depuis le début des années 1990 : la question de la brutalisation, tout au moins la question de la violence, de son ampleur, de ses modalités ; le deuil, surtout dans sa dimension collective ; la culture de guerre (mobilisation et question du consentement) et l'impact de la guerre sur les sociétés de l’après-guerre.

L'approche sur les deux niveaux peut s'appuyer sur le découpage choisi dans le dossier documentaire. Pour chaque partie, une approche croisée des documents permettra de dégager informations et exemples selon les axes retenus pour guider l'exploitation des documents et débouchera sur une réponse argumentée à une problématique :

Partie du dossierPour guider l'exploitation des documentsSynthèse argumentée
A. 1918: le dénouement
  • La fin d'une guerre longue
  • Un rapport de force favorable aux Alliés
Quels éléments nouveaux permettent de mettre fin à la guerre en 1918 ?
B. La guerre des tranchées
  • Les modalités de la violence au front
  • Les souffrances des soldats
Pourquoi la guerre des tranchées symbolise-t-elle la première guerre mondiale ?
C. La première guerre totale
  • La mobilisation économique
  • La mobilisation des esprits
Qu'est-ce qui donne au conflit un caractère total ?
D. Les civils dans la guerre
  • Les civils victimes de la violence de guerre
  • Les civils participent à l'effort de guerre
Comment les civils sont ils touchés par la guerre ?
E. Une Europe meurtrie
  • Les conséquences d'une violence sans précédent
  • Une Europe ruinée par la guerre
Pourquoi le bilan de la première guerre mondiale est-il sans précédent ?
F. Une Europe bouleversée
  • Une nouvelle carte de l'Europe
  • La guerre dans la paix
  • Des sociétés marquées par la guerre
Pourquoi la guerre a-t-elle bouleversé l'Europe ?
G. La mémoire de la guerre
  • Le deuil et son expression
  • Commémorer pour ne pas oublier
Comment la Première Guerre mondiale a-t-elle marqué la mémoire collective ?