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Le Nez

Le bruitisme dans Le Nez

S’inscrivant dans le courant moderne bouillonnant, Le Nez présente certaines pages révélatrices de l’esthétique sonore appelée « bruitisme ». Inclus dans le courant futuriste, cette esthétique concerne directement la musique en prenant en compte l’intérêt sonore, voire musical, qui peut émaner du bruit. L’Art des bruits, manifeste futuriste écrit en 1913 par Luigi Russolo, peintre puis musicien, propose une classification de bruits, en vue de les faire reproduire par des machines, dans le but de créer « une musique qui abandonnerait le “son pur” pour le “son bruit” » (F. Sabatier, Miroirs de la musique, tome II, éditions Fayard, Paris, 1995, p. 438). Si Russolo compose des pièces très anecdotiques destinées à être jouées par une vingtaine de bruiteurs inventés pour l’occasion, comme le rumorharmonium, ces œuvres ne connaissent pas vraiment de prolongement. Mais les principes de Russolo vont inspirer d’autres compositeurs, comme Erik Satie, qui compose Parade en 1914 (avec machine à écrire et revolver) et surtout Edgar Varèse qui se réclame tout d’abord de L’Art des bruits puis critique la volonté absolue de Russolo de se limiter à la simple reproduction de bruits. C’est surtout avec l’utilisation poussée des percussions que Varèse incorpore le bruit comme matériau sonore nouveau. Ceci est particulièrement évident dans les œuvres Amériques (1921), pour grand orchestre, et Ionisation (1931), pour percussions seules.

Le « bruitisme » de l’œuvre de Chostakovitch est utilisé pour traduire le quotidien.

Un des aspects les plus simples du « bruitisme » selon Russolo était d’imiter les bruits de la vie avec des instruments ou des machines. Dans le manifeste de 1913, il propose une classification des bruits dont nous avons relevé deux exemples :

  • murmures, marmonnements, bruissements, grommellements, grognements, glouglous ;
  • voix d’hommes et d’animaux, cris, gémissements, hurlements, rires, râles, sanglots (F. Sabatier, Miroirs de la musique, tome II, Fayard, Paris, 1995, p. 438).

Les trois premiers tableaux de l’acte I permettent d’entendre un emploi de bruits, vocaux ou instrumentaux, utilisés pour des fins expressives, comiques ou tragiques.