Aller directement au contenu de la page
Aller au plan du site
Aller au menu bas de page

La vie quotidienne

Ces six thématiques seront illustrées au fur et à mesure de la progression de l'expédition par un témoignage vidéo sur les aspects de la vie quotidienne d'une expédition.

La préparation de l’Odyssée Sauvage

Une expédition de 6 000 kilomètres qui traverse trois pays se prépare très longtemps à l’avance. Sinon elle n’a aucune chance d’aller au bout, si tant est qu’elle parte ! Deux ans se sont passés depuis que Nicolas a, pour la première fois, déroulé devant lui la grande carte de cette région du monde qu’il rêve de traverser. Entre ce moment et le départ de Nicolas, et de ses chiens, pour le grand voyage, que de travail !

Les partenaires

Obtenir les financements, c’est le premier défi à relever, grâce aux partenariats notamment. Des entreprises qui partagent des valeurs communes avec Nicolas financent une partie de l’expédition ou apportent un soutien technique.

Le repérage

Le repérage est indispensable car les cartes ne disent pas tout ! L’hiver dernier, Pierre et Arnaud sont allés pendant trois mois en Chine, en Russie et en Mongolie. Ils ont collecté tout un ensemble d’informations, identifié l’itinéraire, créé des relations de confiance avec des correspondants locaux pour anticiper les difficultés et trouver des solutions avant le grand départ ! Nicolas a lui aussi fait une mission de repérage en Mongolie.

Réunion d’équipe
Réunion d’équipe
© Taïga


Le matériel

De quoi a-t-on besoin pour une expédition de ce type ? D’un traîneau, de nourriture lyophilisée pour les équipes et de croquettes pour les chiens, de vêtements contre les grands froids, d’une pharmacie, de bottines pour protéger les pattes des chiens, d’une bonne scie, de raquettes et de téléphones satellites… Après inventaire du matériel existant, l’équipe a acheté ce qu’il manquait et a acheminé tout ce matériel par conteneur, du Havre jusqu’en Sibérie !

Le matériel nécessaire
Le matériel nécessaire
© Nicolas Vanier


Les autorisations

Une expédition de ce type (jugée insolite) nécessite des autorisations douanières, frontalières, vétérinaires… Un refus serait lourd de conséquences ! Des démarches administratives, souvent complexes, doivent être effectuées dans chacun des pays traversés : la levée de quarantaine pour les chiens, l’importation du matériel, les autorisations de tournage, etc. Des difficultés anecdotiques nous ont fait sourire comme un conteneur bloqué en Sibérie à cause de huit pots de crème dessert, ou toute la nourriture contenant du bœuf dont il faut se débarrasser avant le passage de la frontière chinoise.


L’entraînement des chiens

Pendant ce temps, les chiens ont suivi un entraînement intensif dans le Vercors, l’été en kart et l’hiver en traîneau. Après une batterie de tests et de vaccins, ils se sont envolés en pleine forme pour la Sibérie début novembre. Fabien s’est installé dans une cabane perdue dans la forêt russe, point de départ de centaines de kilomètres de pistes qui lui permettent d’entraîner les dix chiens avant que Nicolas ne les rejoigne pour s’élancer sur les pistes blanches !

Entraînement
Entraînement
© Nicolas Vanier
Les harnais
Les harnais
© Thierry Malty


La communication

La médiatisation de l’Odyssée Sauvage se fait principalement depuis la France : collecter les images de l’aventure et les diffuser sur la chaîne M6 (E = M6, M6 Kids, les journaux télévisés…), créer les outils de communication (site internet, conférence de presse, réseaux sociaux…), envoyer du contenu aux médias qui suivent l’expédition (RTL, Ouest FranceMon Quotidien…). L’équipe a également élaboré ce programme pédagogique avec le ministère de l’Éducation nationale et une équipe d’enseignants.

La préparation de l’expédition est finie. Nicolas et ses dix chiens sont sur la ligne de départ. Place désormais aux paysages magnifiques, aux difficultés et à l’aventure !

Nicolas et ses chiens, une longue histoire d’amour

Otchum
© Nicolas Vanier

La première fois que Nicolas a voyagé avec des chiens de traîneau, c’était il y a plus de trente ans, dans la péninsule du Québec-Labrador. Il avait accompagné un ami réalisateur et avait ainsi pu rejoindre l’expédition de deux « coureurs des bois », des bushmen québécois et français. Chacun avait son attelage d’une douzaine de chiens. Durant cette expédition, Nicolas avait pris un grand plaisir à faire la piste en raquettes, seul dans l’immensité du Grand Nord. Plusieurs heures à l’avance, il damait la neige pour qu’elle ait le temps de durcir avant le passage des deux traîneaux lourdement chargés. 

Au fil des semaines, il a découvert le magnifique travail qu’effectuaient ces chiens et l’étroite relation qui les liait à leur musher (meneur de chiens), le conducteur de l’attelage. Des émotions qui ont suscité chez lui l’envie d’avoir son propre attelage.

En 1990, sur les rives du lac Baïkal, lors de sa grande traversée de dix-huit mois de la Sibérie, un trappeur lui a offert son premier chien, Otchum, qui l’a accompagné pendant tout le voyage jusqu’à l’océan Arctique. Âgé de 6 mois, ce chien rejoignait l’attelage de l’expédition sans aucun problème d’adaptation. Il découvrait ensuite les poneys yakouts puis le traîneau à rennes avant l’été et la descente des rivières en canoë.

Nicolas Vanier
© Nicolas Vanier

De retour en France, Nicolas a demandé à un ami musher s’il avait une chienne. Il lui a offert une superbe groenlandaise. C’était le début d’une longue descendance… Ses premiers chiens étaient très puissants, capables de tirer des charges lourdes dans des conditions extrêmes. Au fil des portées, Nicolas a fait des croisements avec des chiens plus légers et plus rapides.

Soucieux d’offrir à ces chiens des conditions d’entraînement optimales, Nicolas ne voulait pas les faire voyager sans cesse. N’ayant pas d’endroit adapté pour les accueillir en France, il les avait installés au Québec où Alain s’est occupé d’eux pendant plusieurs années. Finalement, Nicolas a déniché dans le Vercors l’endroit dont il rêvait et où vivent désormais tous ses chiens.

Aujourd’hui encore les dix-sept chiens de Nicolas sont tous descendants de leur ancêtre sibérien Otchum ! Après des mois d’entraînements, dix chiens ont été sélectionnés pour participer à l’Odyssée Sauvage. Les sept autres continuent l’entraînement en Norvège afin de participer à plusieurs courses et les gagner !

Portrait d'un chiot
© Patrick Blin
Chiens en action
© Thibault Branquart
Nicolas Vanier et ses chiens
© Thierry Malty

La vie de la meute de l’Odyssée Sauvage

Nicolas Vanier sur le traîneau
© Philippe Petit

Les chiens de traîneau ne sont pas des chiens de compagnie. Bien sûr, Nicolas aime et connaît parfaitement tous ses chiens mais il n’a pas de relation exclusive avec l’un ou l’autre. Les chiens de traîneau n’ont pas la même relation à l’homme que les autres races. Certains recherchent la compagnie de l’homme, d’autres restent timides toute leur vie voire un peu sauvages.

Ce sont des chiens de travail : tirer une charge ou un traîneau est inscrit dans leurs gènes. Plusieurs fois, Nicolas s’est vu proposer de recueillir des chiens de race nordique. Souvent achetés pour leurs beaux yeux, ils deviennent, en grandissant, encombrants et ingérables dans un appartement.

Ce sont des chiens de meute : comme leurs ancêtres les loups, une hiérarchie s’établit naturellement au sein du groupe. Le chef de meute est le chien dominant dont l’autorité est respectée de tous, du moins jusqu’à ce qu’un autre mâle ne vienne contester cette supériorité. La place est souvent convoitée par les jeunes aux dents longues ! Nicolas laisse généralement les petits conflits se régler entre chiens. C’est important pour maintenir l’équilibre dans le groupe et ne pas susciter de jalousie. Il intervient seulement si la bagarre dégénère.

Attention à ne pas confondre le dominant avec le chien de tête, placé en tête de l’attelage, qui est celui qui obéit au conducteur du traîneau : le musher. Nul besoin de s’imposer physiquement : d’autres qualités sont recherchées chez ce chien : intelligence, finesse d’analyse, réactivité et obéissance. Nicolas a eu de bons, de très bons chiens de tête dont deux excellents : Otchum et son fils Voulk. Il n’avait même plus besoin de leur parler : un regard appuyé ou un geste suffisait !

Traîneau
© Philippe Petit

Pour l’Odyssée Sauvage, Nicolas est très confiant avec Burka et Quest, son binôme de tête. Les femelles, très attentives, sont souvent excellentes en tête. D’autres chiens sont en cours d’apprentissage et pourront venir les relayer en cas de blessure ou lors d’effort prolongé, car c’est un poste épuisant sur de longues distances. Les chiens les plus puissants sont, quant à eux, placés juste devant le traîneau et décollent la charge. En remontant vers la tête, les coureurs de fond donnent le rythme. Nicolas intercale alors les chiens rapides et ceux plus lents pour réguler l’allure moyenne de l’attelage et économiser les forces de chacun.

Nicolas Vanier et ses chiens
© Alvaro Canovas
Chien en train de dormir
© Thibault Branquart

Les rencontres pendant l’expédition

Pendant 6 000 kilomètres, Nicolas va voyager dans des régions réputées parmi les plus inhospitalières de la planète. Mais Nicolas et ses chiens ne seront pas toujours seuls… Ils vont faire bien des rencontres !

Les populations locales qu’il est amené à croiser ont appris à vivre dans ces conditions très rudes depuis la nuit des temps. Dans ces endroits reculés, les peuples du Nord sont parmi les derniers à vivre en harmonie avec la nature. S’ils ont longtemps vécu isolés, sans moyen de communication avec l’extérieur, ils ont pleinement conscience de la fragilité de leur environnement. Ils sont pêcheurs sur le fleuve Amour, trappeurs dans la taïga, éleveurs de chevaux dans les steppes mongoles ou nomades dans les montagnes. Ces hommes savent mettre à profit les ressources de la nature et connaissent la part qui leur revient. Ils prélèvent avec bon sens, sans appauvrir leurs terres ou leurs rivières, sans mettre en danger la faune et la flore.

Les rennes
Les rennes
© Nicolas Vanier
Villageois
Villageois
© Thibault Branquart

Nicolas va croiser sur sa route ces hommes et ces femmes, parler avec eux de leur quotidien mais aussi de leur avenir. Il s’intéresse aux changements que les habitants constatent déjà et quelles menaces ils représentent. Nicolas estime que l’homme a non seulement sa place mais aussi un rôle à jouer au sein de la nature. Il est heureux quand il rencontre des Sibériens en train de pêcher sous la glace ou de poser une ligne de trappe dans la taïga. Au contraire, il est attristé quand il traverse d’immenses territoires désertés par les hommes, sans plus rencontrer âme qui vive sur des centaines et des centaines de kilomètres.

Villageoise donnant le bain à un enfant
Villageois
© Philippe Blin

Après une longue étape, arriver dans un village est toujours une fête. Dans tout le Grand Nord, l’hospitalité est naturelle et l’accueil se fait toujours à bras ouvert. Les villageois sont émus de participer à la réussite d’un voyage dont l’esprit fait écho à leurs valeurs. D’un village à l’autre, l’aide s’organise et une véritable chaîne de l’amitié se met en place. Nicolas est parfois aidé par les habitants qui, à cheval, en motoneige, à ski… seront les guides d’une heure ou d’un jour.

Repérage
Repérage
© Arnaud Humann
Villageois
Villageois
© Thierry Malty

D’autres rencontres, plus furtives mais aussi attendues, réjouissent Nicolas : apercevoir un élan, entendre le hurlement des loups sont toujours des moments excitants ! Quelle plus belle récompense de la nature pourrait-il espérer pendant l’Odyssée Sauvage que de croiser la piste d’un tigre de Sibérie ou celle d’un léopard des neiges, animaux mythiques entre tous ?

Rencontre avec un ours
Rencontre avec un ours
© Nicolas Vanier

Résister au froid

Les règles sont simples mais doivent être scrupuleusement respectées.

Règle n° 1 : Être prudent. Par -40°C, seul sur la piste, il faut toujours garder sur soi de quoi allumer un feu dans un sachet étanche. Et le faire très vite en cas d'urgence !

Règle n° 2 : Bouger. A ces températures extrêmes, seule l'activité physique permet de produire suffisamment de chaleur mais elle implique une grosse dépense d'énergie et… de calories !

Règle n° 3 : Avaler des calories. Sur la piste, la nourriture lyophilisée, légère en poids mais très riche reconstituée, est une bonne base puis le corps réclame ce dont il a besoin. Naturellement l'appétence pour le gras se développe dès que l'on a accès à de la nourriture dans les villages.

Règle n° 4 : S'équiper. Superposer les couches de vêtements car ce sont des barrières qui emprisonnent la chaleur corporelle. L'air chaud captif est le meilleur isolant contre le froid extérieur, il ne faut donc pas être engoncé dans ses vêtements, ni serré dans ses chaussures pour permettre la circulation de l'air. Mixer nouvelles matières légères et fourrures (les gants notamment !) est un bon compromis. Pour dormir, un sac de couchage technique permet de se reposer même si le froid interrompt fréquemment le sommeil.

Le campement

Le campement
Le campement
© Nicolas Vanier

À - 50 °C, le quotidien n’est pas une simple formalité de voyage et le moindre détail devient vital ! Quand Nicolas cherche une place pour le campement, il doit penser en priorité :

  • au bois : seul combustible disponible dans la taïga. Nicolas a maintenant l’œil pour repérer l’arbre mort sur pied. Son tronc bien sec donne des bûches qui brûlent lentement et chauffent longtemps ;
  • à l’eau : il faut beaucoup d’eau pour s’hydrater, Nicolas comme ses chiens. Faire fondre la neige peut prendre des heures, l’idéal est de dénicher une portion de rivière restée ouverte ;
  • à se mettre à l’abri du vent pour ne pas se retrouver piégé par un blizzard.

Dès que Nicolas s’arrête, le plus important est de faire un feu pour se réchauffer, sécher ses vêtements et faire fondre la neige nécessaire pour cuisiner et boire. La chaleur est le seul confort qu’offre ce campement de fortune. Quand Nicolas voyage seul avec ses chiens, il n’a pas le temps de monter la tente. Chaque minute est mise à profit pour donner le maximum de repos aux chiens et lui permettre aussi de se reposer quelques heures.

Le campement
Le campement
© Nicolas Vanier
Le campement
Le campement
© Thierry Malty

Chaque chien est passé en revue. Inspecter les coussinets et s’assurer de l’absence d’inflammation ou de blessure sur les quarante pattes des chiens est long mais nécessaire. C’est aussi l’occasion de parler et de féliciter chaque chien.

Au tour de Nicolas de s’offrir un moment réconfortant avec un plat chaud. Un plat lyophilisé, une soupe et parfois quelques extras offerts par les habitants des villages traversés. Nicolas, lui, dort environ trois, quatre heures lors de ces arrêts. Il n’enlève que sa grosse veste et ses chaussures, les enfouit au fond de son sac et s’y glisse lui aussi tout habillé. Seul un tapis de sol l’isole de la neige. Il garde avec lui un petit sac étanche contenant briquet, allumettes et morceaux de bougies. Juste à côté du sac, le bois est prêt pour allumer un feu dès son réveil, avant que ses doigts, paralysés par le froid, ne gèlent !

Nicolas Vanier se réchauffant auprès d'un feu de bois
Feu de bois
© Thierry Malty

Le rythme de progression n’est pas en fonction du jour et de la nuit, il est basé sur des étapes de six heures, alternant progression et repos. Le but : aller le plus loin possible sans pousser les chiens à puiser dans leurs réserves et leur donner le maximum de repos.

24 heures sur la piste avec Nicolas

Après s’être accordé quelques heures de repos, Nicolas plie bagage et range soigneusement tout son équipement dans le traîneau. Au fond, il place les gros équipements : nourriture et gamelles pour les chiens, poêle à bois, sac de couchage, plus le matériel de rechange comme des lisses pour les patins du traîneau, des harnais et les outils. Sur le dessus du chargement sont calés la pharmacie, une hache, une scie, les bottines qui protègent les pattes des chiens, une lampe frontale et de quoi « snacker » jusqu’au prochain arrêt.

Les détails qui comptent

Les affaires les plus importantes sont bien à l’abri dans des bidons étanches. Pas question de se retrouver sans avoir des vêtements secs à portée de main ou de quoi allumer un feu si l’on passe à travers la glace. Indispensable également, une paire de raquettes pour pouvoir se déplacer dans la neige profonde : il est fréquent de se trouver, hors-piste, dans une « mer de neige ». Et bien sûr, l’ancre à neige pour immobiliser le traîneau si on doit s’en éloigner… On risque sinon de se retrouver seul et sans rien à - 50 °C, au milieu de nulle part, si par exemple les chiens démarrent en trombe à la vue d’un gibier !

Raquettes
Raquettes
© Nicolas Vanier


La progression

Dans de bonnes conditions, les chiens peuvent courir jusqu’à 150 km par cycle de 24 heures avec une distance moyenne de 15 km/heure. De nuit, les chiens sont particulièrement rapides. Ils tiennent cela de leurs ancêtres les loups qui se déplacent la nuit sur de grandes distances. Dans le faisceau de la lampe frontale de Nicolas, la trace bien dure sur laquelle progresse l’attelage a été damée quelques jours auparavant par l’équipe. Les étapes de progression, d’environ six heures chacune, sont coupées de petites pauses pour « snacker » et s’occuper des chiens.

Les chiens de traîneaux
Les chiens de traîneaux
© Philippe Petit


Le rôle des équipiers

C’est l’équipe de pisteurs, Alain et Fabien, qui choisit les meilleurs passages sur l’itinéraire et anticipe les dangers. Pierre pilote l'ensemble des grandes décisions et des petits détails qui feront de cette expédition un succès : passage des frontières, dépôt de nourriture, acheminement du matériel… L’équipe cinéma, coordonnée par Arnaud, est indépendante et gravite plus ou moins loin de Nicolas.

Tous les dix jours environ, Nicolas et ses chiens prennent une journée de repos, c’est le moment de se ravitailler et de faire un point avec l’équipe sur les étapes à venir.

Fermer