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Musagora > Mondes antiques / Mondes modernes > Les têtes coupées > Des traces archéologiques

Les têtes coupées

Des traces archéologiques

On a retrouvé un certain nombre de traces archéologiques de cette pratique gauloise, notamment des trophées constitués pour une part de dépouilles d’hommes à qui on avait, très méticuleusement, coupé la tête après la mort.

En complément, lire :

Le site de Ribemont-sur-Ancre

Le témoignage le plus important se trouve dans la Somme, à Ribemont-sur-Ancre. Ce site, découvert en 1963, a laissé apparaître en 1980 un sanctuaire qui remonte au IIIe siècle avant notre ère. À l’intérieur, plusieurs dizaines de milliers d’ossements. Il s’agirait d’un sanctuaire guerrier destiné à prendre en charge les morts d’une bataille qui a eu lieu en –260 entre les Belges Ambiens et les Armoricains. Les Ambiens furent vainqueurs et s’installèrent dans la région (le nom d’Amiens en témoigne).

Le site d’Entremont

Un groupe de quatre têtes coupées a été trouvé en 1877 à Entremont, un oppidum important de la région d’Aix : elles sont accolées et montrent des yeux clos. Une gravure des bas-reliefs effectuée en 1851 montre un guerrier à cheval : à l’encolure du cheval pend une tête coupée.
Les chercheurs firent le rapprochement avec d’autres cités elles aussi habitées par des « coupeurs de têtes ».

Le portique de Roquepertuse (Bouches-du-Rhône)

On connaît aussi depuis longtemps le portique de Roquepertuse dans les Bouches-du-Rhône : les piliers qui soutiennent la porte sont creusés d’alvéoles dans lesquelles se trouvaient des crânes. L’ensemble sculpté de Roquepertuse est l’un des plus célèbres. On a trouvé sur le site deux guerriers assis ainsi que la représentation d’Hermès bicéphale (souvent nommé Janus de Roquepertuse) ci-dessous. D’abord considérées comme appartenant à un sanctuaire celto-ligure juste antérieur à la conquête romaine, les statues ont été réinterprétées comme bien plus anciennes : cet élément du sanctuaire celto-ligure date probablement du IIIe ou IIe siècle avant notre ère. Des fouilles récentes ont en effet permis de mettre à jour la structure générale de ce site composé d’un oppidum et d’un habitat important, détruits au IIe siècle avant notre ère.

Têtes accolées de Roquepertuse à la façon des Hermès grecs
Têtes accolées de Roquepertuse à la façon des Hermès grecs

Sculpture celto-ligure (Velaux, Bouches-du-Rhône, France), Ve siècle avant J.-C.
 © Musées de Marseille, Frédéric Dadena, Ceter, Ville de Marseille.