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Musagora > Mondes antiques / Mondes modernes > La langue gauloise > Les sources mentionnant la langue gauloise

La langue gauloise

Les sources mentionnant la langue gauloise

On peut évoquer trois sources principales : les stèles votives, les calendriers et la monnaie.  

Les stèles votives 

Ce sont les documents les plus nombreux, mais toutes les stèles ne sont pas écrites avec le même alphabet. 

  • Certaines utilisent une écriture dite gallo-étrusque ; elles datent en général du IIe siècle avant J.-C. et sont parfois bilingues (gaulois / latin). Une des stèles les plus célèbres est celle de Todi, en Ombrie. 
  • Tout autour de Marseille, on trouve des inscriptions gallo-grecques. Le musée Calvet d’Avignon en propose un certain nombre, dont « la G120 », sur laquelle on peut lire : « À Balaudos Makkarios (fils de Makkaros) ». 

 C’est la même écriture que l’on retrouve dans certaines stèles de Glanum (G 64) ou dans la stèle de Vaison (G-153).

Stèle gallo-grecque G-153 trouvée en 1840 à Vaison

Dédicace de Ségomaros à la déesse Bélissama, Ier siècle après J.-C.

Lignes 1 à 4
Nom et fonction du dédicant

Ligne 5
Verbe indiquant la dédicace, suivi du nom de la déesse à qui l'on donne : Belesama

Lignes 6 et 7
Nom de l'objet offert

Traduction
« Segomaros, fils de Villu, citoyen de Nimes, a offert à Belesama ect enclos sacré. »

Source : Musée Calvet (Musée lapidaire) / Avignon (dans Wikipédia donnée comme G-172).

  • Enfin on trouve de très nombreuses inscriptions gallo-latines sur pierre et sur bronze ; elles datent essentiellement de l’époque qui a suivi la conquête de César. 

En complément, lire : 

La stèle de Martialis 

MARTIALIS DANNOTALI 
IEURU VCVETE SOSIN 
CELIENON ETIC 
GOBEDBI DUGIIONTIIO 
VCVETIN 
IN ALISIIA 

Dalle trouvée en 1839 par Maillard de Chambure à Alise-Sainte-Reine, au lieu-dit Le Cimetière Saint-Père. Source : BnF.

Cette inscription est liée à un monument à étage dédié au dieu Ucuetis, sans doute dieu des forgerons, si l’on en croit le nombre d’outils en fer trouvés sur place. Un moulage de cette inscription figure au musée des Antiquités nationales.  

Au début du XXe siècle, on trouve les interprétations suivantes, sujettes à conjectures.  

  • Stokes : « Martialis, fils de Dannotalos, fait pour Ucuetis cette tour, et plaise l’ouvrage à Ucuetis dans Alise. »  
  • Pictet traduit la même première moitié puis : « … protège de tout danger, ô rempart, Ucuetis dans Alesia. »  
  • La dernière traduction proposée est : 

« Martialis, fils de Damnotalos 
a offert à Ucuetis 
ce bâtiment et cela 
avec les forgerons 
qui honorent Ucuetis 
à Alise. »  

Le Calendrier de Coligny 

L’un des documents essentiels demeure le Calendrier de Coligny. On en trouve une analyse très complète dans l’ouvrage sur « la langue gauloise » de Pierre-Yves Lambert (p. 109 – voir la bibliographie), ainsi que des reproductions sur de nombreux sites, dont Calendriers Saga, qui est consacré aux calendriers et qui propose une étude précise du Calendrier de Coligny (sélectionner « Calendriers », puis « Celtique »). Ce Calendrier de Coligny est constitué d’une plaque de bronze qui, à l’origine, devait mesurer 1,48 par 0,90 m et qui présente le calendrier de cinq années consécutives. Cette inscription date, semble-t-il, du IIe siècle.  

La numismatique 

Quelques pièces de monnaie portent des inscriptions, notamment des noms propres, dont la plus célèbre est celle qui porte la mention de Vercingétorix. Analyse de cette pièce sur le site de la BnF - site Richelieu (sélectionner « Collections », puis « Département des monnaies »). 

Autres inscriptions : marques de potiers, cachets d’oculistes, etc.

Un grand nombre de documents ne comportent que quelques mots : ce sont toutes les inscriptions portées sur les objets familiers (instrumentum) : poteries diverses, passoires de bronze. On en trouve dans tous les musées régionaux et si certains modèles paraissent maintenant assurés, d’autres demeurent obscurs.  

Un document exceptionnel : la Tablette magique de Chamalières 

On a trouvé, notamment dans l’Aveyron, un certain nombre de tablettes inscrites qui sont des tablettes de « défixion » destinées à des charmes magiques. La plus connue comporte 12 lignes de texte que l’on a pu partiellement déchiffrer. Il s’agit d’une invocation au dieu Maponos pour qu’il torture un certain nombre de personnes qui sont nommées. On trouvera une étude complète de ce texte dans l’ouvrage de Pierre-Yves Lambert, La Langue gauloise (p. 150 à 159).