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Musagora > Mondes antiques / Mondes modernes > Héraclès en Gaule > Voyages d'Héraclès en Occident

Héraclès en Gaule

Voyages d’Héraclès en Occident

Pour accomplir sa tâche, Héraclès doit traverser toute la Libye et se rendre à Érythie, une île située dans l’Océan, sans doute près de Gibraltar ; il ne peut y parvenir que grâce à la « coupe du soleil ». Quand Héraclès atteint l’île, il tue le chien Orthros – chien à deux têtes, issu de Typhon et Échidna –, puis abat le bouvier Eurytion, fils d’Arès ; enfin il tue Géryon lui-même, s’empare de son bétail et revient à Tartessos en embarquant dans la coupe d’or du Soleil. Puis il entreprend de revenir en Grèce avec le troupeau : il doit alors traverser l’Espagne, la Gaule et l’Italie. 
C’est donc lors de ce retour qu’Héraclès aurait traversé la Gaule. Voici comment l’Encyclopédie Daremberg et Saglio résume l’aventure :

« Pour quitter l’île d’Érythie, Héraclès s’embarque de nouveau, avec les bœufs qu’il a conquis, sur la coupe du Soleil, puis la rend après avoir abordé le continent. Il continue sa route à travers le continent européen, poussant devant lui le troupeau ; il traverse d’abord l’Ibérie, puis la Celtique, où Alésia est une fondation du héros ; dans la région déserte de la Crau, à l’est des bouches du Rhône, il a à subir une lutte terrible contre les Ligyens ; ses flèches étant épuisées et lui-même sur le point de défaillir de fatigue, Zeus fait tomber une pluie de pierres qui lui servent à achever la victoire. Il franchit les Alpes, repousse en Ligurie l’attaque de deux fils de Poseidon, Alébion et Derkymos, qui veulent lui ravir ses vaches, traverse la Tyrrhénie, arrive à Rome, où il triomphe de Cacus, parvient dans la région de Cumes, où il soutient une lutte contre les Géants dans les champs Phlégréens, construit la chaussée qui séparait autrefois de la mer le lac des Avernes et des Lucrins. Aux environs de Rhégium, un de ses taureaux s’échappe et l’entraîne à sa poursuite en Sicile, qui est pleine de ses exploits et des souvenirs qu’y laissa son passage. » 

Amphore à figures noires
Amphore à figures noires

Face A : Héraclès et le triple Géryon. Face B : Dionysos et son thiase. Céramique, vers – 540, Paris, musée du Louvre.
Auteur : Groupe E (attribué à). Site de production : Athènes.
© RMN / Hervé Lewandowski.

Dans les Pyrénées  

Parvenu dans les Pyrénées, le héros grec est reçu comme un hôte par le roi Bébryce. Mais sa conduite n’est pas à la mesure de cette hospitalité : sous l’effet de la boisson, il fait violence à la fille de son hôte…  

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Pacificateur des Celtes et fondateur d’Alésia 

Un certain nombre de légendes se rapportent au passage d’Héraclès en Gaule. Il va de soi que lorsqu’on se réfère aux dates d’installation des Celtes, elles n’ont aucune valeur historique : elles témoignent seulement de la popularité du héros. L’une d’entre elles fait d’Héraclès le père d’un certain Celtos, ancêtre des Celtes. Une autre en fait le fondateur d’Alésia et le père d’un Galatès, ancêtre des Gaulois ! On peut s’étonner d’une telle constance à vouloir faire absolument du fils de Zeus l’ancêtre fondateur : mais il ne faut pas oublier qu’il passe, dans l’esprit des anciens, pour le héros civilisateur par excellence. Dire que les Celtes sont des descendants du héros, c’est dire que, parvenus à la Méditerranée, ils ont atteint la civilisation. 

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La voie Héracléenne 

La légende attribue même à Héraclès, « patron des géomètres », la création du premier grand itinéraire à travers tout le sud de la Gaule. Le premier à l’avoir mentionnée est Aristote qui l’évoque dans un court texte, « La voie héracléenne », Mirabilium auscultationes, 837 a.  Au-delà de cette création mythique, l’archéologie et quelques récits antiques montrent que ce tracé ancien a été pérennisé par les voies romaines (Via Domitia – du Col de Montgenèvre, dans les Alpes, elle allait jusqu’en Arles, d’où elle continuait vers Nîmes et le Languedoc –, Via Aurelia – La Turbie, Cimiez, Antibes, Fréjus, Aix-en-Provence, Arles…). Dans son ouvrage sur les Voies romaines, Gérard Coulon écrit à propos de la via Domitia : « Plus qu’une création ex nihilo, il s’agit plutôt d’une succession d’aménagements destinés à rendre cohérent un très ancien chemin qualifié de voie héracléenne. » (Éditions Errance, p. 48-49). 

Table de Peutinger
Table de Peutinger 

Copie datant de 1264, segment : France, Ligurie, Alpes et Afrique du Nord, Berlin, Postmuseum. © akg-images.

Table de Peutinger

Détail Arles

Dans la plaine de la Crau 

Poursuivant son périple, le héros suit la côte méditerranéenne et parvient dans la plaine de la Crau… en Ligurie. Cependant, les Ligures sont un peuple farouche, comme le souligne Diodore de Sicile « La Ligurie », Bibliothèque historique, IV, 19, 3 et le héros grec doit les combattre. 
Eschyle « Héraclès dans la Crau », Prométhée dans Strabon, Géographie, IV, 1, 7 évoque la présence d’Héraclès dans la plaine de la Crau ; le héros doit combattre contre Albion et Bergion (ou Albion et Dercynon, fils de Poseidon) et, comme il a épuisé ses flèches, il implore l’aide de Zeus qui fait pleuvoir une grêle de pierres dont il peut se servir contre ses ennemis. 
Le commentaire de Strabon est fort intéressant : il préfère, semble-t-il, la légende à une analyse plus scientifique… 
On remarquera toutefois que la plupart des récits sont assez semblables : tous soulignent que le héros a accompli en Gaule son œuvre civilisatrice. 

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Héraclès dans les Alpes  

Bien avant Hannibal, le héros grec a traversé les Alpes. Plusieurs auteurs en témoignent, plus ou moins directement, attestant d’une tradition durable.  

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Le Latium, Rome et le Forum Boarium  

Parvenu en Italie, le héros traverse entièrement le pays et s’arrête notamment dans le Latium.  
C’est l’épisode connu du combat avec Cacus, dont nous avons deux récits principaux par Virgile (« Hercule et Cacus », Enéide VIII, 190-269) et Tite-Live (« Hercule et Cacus », Histoire romaine, I, 7). Une fois reconnu par Évandre comme le fils de Jupiter, Héraclès fonde un culte dont témoigne le temple du Forum Boarium (le marché aux bœufs), entre le Palatin et l’Aventin. Ce temple, l’un des mieux conservés de Rome, était dédié à Hercule Victor, protecteur de la corporation des olearii ou marchands d’huile d’olive. 

Hercule et Cacus

Statue d’Hercule et Cacus de Baccio Bandinelli devant le Palazzio Vecchio à Florence, Italie. © Collection Dagli Orti / Stéphane Colasanti.