Connaître les résultats des enquêtes nationales

Enquête de climat scolaire personnels second degré

Résumé des principaux résultats de l’enquête nationale de climat scolaire réalisée par la Délégation ministérielle de prévention et lutte contre les violences en milieu scolaire et la FAS (Fédération des autonomes de solidarité), auprès de 18 147 personnels du second degré.

Une perception plutôt positive mais …

Le climat scolaire vu par les personnels du second degré est majoritairement positif : près de 8 répondants sur 10 en ont une perception positive. Cependant cette perception diffère suivant la situation des répondants. Elle ne dépend guère de leur genre, ni même directement de leur âge, mais beaucoup plus des données sociales de leur lieu d’exercice. Ainsi 39,2 % des personnels de lycée professionnel contre 23,8% des personnels de LEGT (Lycées d'Enseignement Général et Technologique) et 28,5 % des personnels de collège ont une vision plutôt négative de ce climat scolaire. Le lien entre climat scolaire et exclusion sociale est remarquable, sans pour autant être fatal : 41,1% des répondants ont une mauvaise opinion du climat scolaire lorsqu’ils exercent en ZUS (Zone Urbaine Sensible) contre 25,6% hors ZUS.

Encadrement et enseignants : deux perceptions du climat scolaire

La vision des personnels d’encadrement est très différenciée de celle des autres personnels et en particulier des enseignants. Les personnels de direction (PERDIR) ont une vision nettement plus positive que les enseignants : seuls 6,4% des PERDIR déclarent une vision négative versus 30% des enseignants et 40,7% des enseignants dans des classes spécialisées. Les personnels se sentent très majoritairement respectés par les élèves. 82,4% des répondants sont dans ce cas. Ce sentiment de respect varie suivant les types d’établissement et leur implantation sociale, mais il reste toujours très majoritairement positif ainsi dans les zones urbaines sensibles la majorité des répondants estime y être respectée (81,8%) mais ils sont plus nombreux, quoique de manière limitée à estimer le contraire (18,9% versus 13,3% hors ZUS).

Les relations entre les différents corps de métier sont extrêmement différenciées entre les personnels non‐enseignants et les enseignants, et de manière très importante en ce qui concerne les relations enseignants/direction. 35,3% des enseignants (près de 40% dans les classes spécialisées) ont une perception négative de leurs relations avec la direction. 7,5% des personnels de direction estiment à l’inverse leurs relations aux enseignants mauvaises ou plutôt mauvaises.

Près de la moitié des personnels estiment que la discipline dans leur établissement est mal appliquée ou plutôt mal appliquée. Il y a là une coupure essentielle entre les cadres et les enseignants. C’est aussi une coupure entre les victimes et les non victimes. En effet le désir d’une discipline plus stricte est fortement corrélé à la victimation.

Sentiment de solitude

Plus la victimation est forte plus le sentiment de solitude est affirmé. Ainsi si 76% de ceux qui n’ont jamais été insultés s’estiment respectés par la direction, ils ne sont plus que 50% de ceux qui ont été insultés cinq fois et plus.

11% des personnels s’estiment harcelés depuis le début de l’année. 22,9% disent l’avoir été avant cette année. Le harcèlement n’est donc pas une expérience rare pour les adultes des établissements secondaires. Il a touché à un moment ou un autre plus d’un répondant sur cinq. Un nombre non‐négligeable de répondants envisage de quitter le métier : 29,6% disent l’envisager souvent ou très souvent. C’est le cas pour 45,4% de ceux qui se disent ostracisés contre 26,1% des autres et de 56,1% de ceux qui se disent harcelés contre 26,3% des autres. Le harcèlement est un facteur de décrochage professionnel.