Année du sport 2015 - 2016 de l'école à l'université

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Année du sport 2015 - 2016 de l'école à l'université À propos

19 juil. 2016

Les jeux de la fraternité

  • Les jeux de la fraternité 03:25
  • Du 8 au 14 juillet se déroulaient, à Beauvais, les 68e Jeux de la fraternité. Ils réunissaient, à l’initiative de l’UGSEL, la Fédération sportive éducative de l’enseignement catholique, pas moins de 830 jeunes venus de 16 nations différentes pour prendre part à des tournois dans 8 disciplines sportives différentes. Une façon pour les participants de mesurer leurs performances dans le stade et sur la piste mais surtout d’enrichir leurs relations au-delà des différences culturelles et linguistiques…

12 juillet 2016

Le Brésil prépare ses Jeux olympiques

C’est à Rio que se tiendront les prochains JO d’été. Tour d’horizon des infrastructures d’une ville où se croiseront, pendant 15 jours, les plus grands athlètes du monde.

Du 05 au 21 août, le Brésil s’apprête à accueillir les délégations sportives du monde entier. Connu pour ses carnavals, son soleil, son formidable et légendaire stade Maracanã, le pays de Pelé va vibrer aux couleurs des JO pendant 15 jours de fête placés sous le signe du sport. « Les Jeux olympiques sont l’événement sportif le plus suivi au monde. Être l’un des athlètes de Rio 2016 sera inoubliable. » À l’image de l’Américain Jordan Spieth, vainqueur de deux tournois majeurs de golf (Masters et US Open), les sportifs attendent avec impatience cette manifestation sans pareille. Pour réussir au mieux cet événement, la ville de Rio s’appuie sur les infrastructures existantes – qui accueilleront un certain nombre de disciplines – et d’autres sorties du sol pour l’occasion. Parmi elles, la Carioca Arena 1, immense salle multisport de 38 000 mètres carrés, dans laquelle auront lieu les épreuves de basket (sur un terrain de 600 mètres carrés).

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Charte écologique

Ce chantier, comme tous ceux élaborés pour les Jeux, tient compte des directives imposées par le Comité international olympique (CIO), soucieux de réduire au maximum la consommation d’énergie des nouvelles structures, en poussant par exemple à l’utilisation de matériaux recyclables pour leur fabrication, ou bien en veillant à leur durabilité (et leur éventuelle exploitation après la compétition). « Le CIO veut s’assurer qu’il reste aux villes hôtes et à leurs résidents le meilleur héritage possible en termes de sites, d’infrastructures, d’environnement, de connaissances et d’expérience », expliquait la France en 2008 dans une note consacrée au JO d’hiver de 2018, pour lesquels elle était candidate (ces JO se tiendront en Corée du Sud). Ainsi, le Pavillon 4 du Riocentro (qui accueillera les épreuves de badminton) est équipé d’un « système d’air conditionné à faible vitesse » ; la piste d’athlétisme du stade olympique, à l’est de Rio, a été modernisée ; le stade de Lagoa, qui verra se dérouler au sud-est de la ville les épreuves d’aviron et de Canoë, est désormais doté d’un « système de couloirs aux normes olympiques ». 

Aménagements urbains

Au Brésil, l’engouement suscité par la compétition a également contribué à repenser l’aménagement de la cité carioca, et notamment ses moyens de transport. Ont ainsi été développés le BRT (système de bus rapide reliant les stades les uns aux autres) ainsi qu’une nouvelle ligne de métro qui permettra de rejoindre Barra (au sud-ouest de la ville, où se trouveront le village olympique et le centre de presse). Sans compter les améliorations en vue de l’accueil des 4 350 athlètes de haut niveau à mobilité réduite, qui occuperont le haut de l’affiche lors des Jeux paralympiques (du 7 au 18 septembre, avec 176 nations pour 528 épreuves et deux nouveaux sports : le canoë et le triathlon). Autant de travaux suivis de près par la population locale qui a parfois fait les frais de la restructuration urbaine liée aux Jeux. Certaines favelas jugées trop proches des sites olympiques ont ainsi été profondément remodelées et certains de leurs habitants déplacés aux périphéries de la ville. Quoi qu’il en soit, à quelques semaines de l’arrivée de la flamme dans le stade Engenhào (stade Joao Havelange), tout semble prêt pour que la fête olympique soit belle et que les athlètes aillent une nouvelle fois, plus vite, plus haut, plus fort...

Romain Lejeune

Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles.

Sénèque, philosophe, Lettres à Lucilius, Livre XVII, lettre 104

10 juin 2016

Les jeunes mouillent le maillot

  • Les jeunes mouillent le maillot 04:23
  • Du 29 mai au 5 juin était organisé à Lille et à Lens, sous la houlette de l’UNSS, l’Euro Foot Jeunes  impliquant des équipes de toute l’Europe. Dans une ambiance chaleureuse, 17 classes de garçons et 7 classes de filles ont pris part à ce tournoi scolaire qui avait des airs de répétition générale avant le coup d’envoi de l’Euro de football professionnel. Cette grande fête sportive, placée sous le signe de la convivialité et des échanges culturels entre pays, était aussi une bonne occasion de promouvoir l’identité commune de ces jeunes citoyens européens.

25 mai 2016

Jeux d’orientation…

  • Jeux d’orientation… 03:29
  • Avec le retour de la belle saison, voici revenu le temps des courses d’orientation pour les élèves d’écoles maternelles et élémentaires. Mercredi 17 mai, c’était le parc de Saint-Julien-en-Saint-Alban en Ardèche qui, à l’initiative de l’Usep, était transformé en vaste terrain d‘exploration. Près de 200 élèves de 3 à 10 ans l’ont sillonné en tous sens pour retrouver des peluches cachées, suivre des traces d’animaux, déchiffrer un plan, jouer au jeu du bouchon ou à la course à la gommette. Toutes choses très sérieuses pour qui veut apprendre dès le plus jeune âge à se repérer dans le vaste monde…

19 mai 2016

Les prix « Éthique et sport scolaire » remis au Sénat

Pour la deuxième année consécutive, une initiative ambitieuse de l’UNSS, porteuse de valeurs humanistes, récompense les projets de jeunes sportifs.
 
Hier avait lieu au Sénat la remise des prix « Éthique et sport scolaire » devant un parterre de personnalités du sport et de l’éducation. L’aventure de ce prix a commencé il y a quelques années par l’édition d’un livret réalisé par des élèves de collège et de lycée, coordonné par la Commission éthique de l’Union nationale du sport scolaire (UNSS), créée il y a trois ans par son directeur national adjoint, Édouard Andréassian. Ce projet pédagogique avait à l’époque un objectif fort : dénoncer le racisme, la violence ou les inégalités subis par les jeunes sportifs en milieu scolaire. « Les jeunes ont réagi de manière très pertinente à l’idée de créer eux-mêmes ce livret, explique M. Andréassian. Ils ont également fortement apprécié d'être entourés de parrains et marraines, tous sportifs de haut niveau. Forts de cet engouement, nous avons donc décidé de prolonger l’action en créant le prix "Éthique et sport scolaire". »

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Depuis 2014, il récompense des candidats porteurs d’un projet en adéquation avec les thèmes mis en avant par la Commission d’éthique. Parmi ceux-ci, l’éco-responsabilité, la santé et le bien-être, ou encore l’égalité filles/garçons sur les terrains. « C’est une initiative saine, confie Brahim Asloum, l’un des parrains du prix, ancien champion du monde de boxe WBA. Devenir le parrain du prix "Éthique et sport scolaire" m’a semblé logique, eu égard à mon parcours (Brahim Asloum a été sacré champion de France scolaire UNSS de boxe, en 1995). L’UNSS est un support exceptionnel, qui favorise l’épanouissement des jeunes à travers le sport. Dans ce cadre, le prix leur offre la possibilité de s’exprimer. J’y vois un moyen de les encourager, de leur donner envie d’avancer et de croire en eux-mêmes. Ce sont des actions positives. En France, l’Éducation nationale permet de pratiquer différents sports dès le plus jeune âge. Cette diversité de choix peut donner envie de s’orienter, à un moment de sa vie, vers l’une de ces disciplines, et de prendre du plaisir. Pour moi, la base du sport, c’est ça. »

Principe d’ouverture

En partenariat avec le Sénat, le prix « Éthique et sport scolaire » touche tous les établissements français. D’abord, parce que le livret sur l’éthique, qui a précédé le prix, a circulé dans toutes les salles de classe du pays. Plus de 10 000 envois, dans autant d’établissements, ont permis de sensibiliser les jeunes à cette initiative. Ensuite, parce que le concours jouit d’une grande diversité de propositions et de récompenses spécifiques. « L’un d’entre eux, le prix de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), permet par exemple aux élèves scolarisés qui traversent des difficultés sociales de déposer un dossier, détaille M. Andréassian. Dans le cadre de l’insertion sportive, ils peuvent également pratiquer un sport le mercredi après-midi. » Une récompense qui témoigne bien de l’intérêt porté aux jeunes, quels que soient leurs parcours et quelles que soient leurs difficultés, par la Commission éthique de l’UNSS. Pour Édouard Andréassian, lui-même ancien enseignant dans un collège parisien classé zone d’éducation prioritaire (ZEP), ce principe d’ouverture est indispensable. « Si l’on parvient à créer une réciprocité entre les élèves et les enseignants, à installer le respect entre eux, à obtenir ce que l’on attend des élèves et à donner ce qu’ils attendent de nous, alors les jeunes sont capables de réaliser des choses très cohérentes. Cet échange est essentiel car les collégiens et les lycéens d’aujourd’hui seront les adultes de demain, ceux qui voteront et qui seront les garants de notre République. » Un discours fait d’engagement, qui se retrouve bien dans la teneur des dossiers soumis par les différents candidats.
 

Projets rassembleurs

En 2015, 58 dossiers avaient été examinés par le Comité éthique de l’UNSS. Cette année, 70 candidatures émanant d’associations sportives étaient en lice. 12 lauréats sont repartis avec un trophée et la somme de 500 euros pour développer leur projet. Parmi ces 70 candidatures, pas loin de 25 dossiers étaient consacrés aux sports partagés (entre les personnes valides et celles souffrant de handicaps). « Le sport partagé, c’est une grande part de notre ADN », confie le directeur national adjoint de l’UNSS. Autant de projets qui ne s’arrêtent pas à la remise des prix, mais qui trouvent une nouvelle vie une fois la cérémonie passée. « Il y a des répercussions dans les établissements qui participent à ce prix. L’an dernier, les lauréats ont été invités par leur mairie, leur conseil régional, les collectivités territoriales. Les dossiers primés sont des dossiers au travers desquels nous détectons une activité pérenne, qui implique la communauté éducative de l’établissement concerné, et même les quartiers alentour. » Un relais assuré par les cadres départementaux et régionaux, ainsi que les professeurs d’éducation physique et sportive qui travaillent au quotidien avec les élèves pour contribuer à les rendre responsables. Autant d’énergies et de soutiens qui garantissent au prix « Éthique et sport scolaire » de revenir l’année prochaine. Avec une ambition nouvelle, affirmée par Édouard Andréassian : « Permettre de soutenir des projets qui tiennent dans le temps et de multiplier les initiatives qui sont réellement en résonnance avec le slogan de l’UNSS : Partageons plus que du sport. Il y a là une visée clairement éducative. » Et l’ambition de mettre en lumière la capacité des jeunes à mener des projets concrets, utiles et, par-dessus tout, rassembleurs.


Romain Lejeune

Journaliste sportif

09 mai 2016

Erasmus+ donne plus de sport à l’Europe

Le célèbre programme européen pour l'éducation, la formation et la jeunesse, s’enrichit d’un volet sportif destiné à encourager, accompagner et soutenir financièrement des initiatives sportives sur le « Vieux continent ».

Développer le sport partout en Europe et défendre ses valeurs autour d’événements organisés par différents acteurs, des associations aux fédérations, en passant par les comités olympiques, telle est l’une des missions affirmées par le volet « sport » du programme Erasmus+, créé en novembre 2014. Avec 265 millions d’euros répartis sur 7 ans (le budget total d’Erasmus+ s’élève à 14 milliards d’euros), le volet sport du programme permet à des organisations à but non lucratif de constituer des dossiers, d’être accompagnées dans leur projet et surtout de les concrétiser.

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« Le but, c’est le sport pour tous, explique Emmanuelle Perpignaa, chargée de communication pour l’agence Erasmus+ France, jeunesse et sport. Il faut favoriser la pratique du sport pour les Européens. Il s’agit de soutenir les partenariats collaboratifs, de mener des projets avec d’autres pays. » Avec en toile de fond un objectif précis : faire reconnaître la compétence de celles et ceux qui font vivre le sport en Europe : des athlètes (professionnels ou amateurs) à leur entourage, des chercheurs (sollicités pour leurs travaux) aux organisateurs d’événements. Une initiative européenne chaleureusement accueillie par tous les acteurs qui adhèrent aux valeurs du programme : défendre la santé des sportifs, promouvoir les activités handisports, combattre le dopage… Les thèmes soutenus par le programme Erasmus+ sont variés et la manière de les mettre en œuvre peut prendre différentes formes.

Fédérer les énergies

Par exemple, à quelques semaines de l’Euro de football, des jeunes âgés de 18 à 30 ans, issus du Service volontaire européen (SVE), participent et participeront à des missions autour du sport, en parlant de l’Europe et de la citoyenneté, notamment dans les fan zones, les lieux où les supporters pourront suivre les matchs de la compétition. Les projets sont nombreux et variés. « Les porteurs de projets me contactent pour savoir si leur initiative correspond aux attentes du programme Erasmus+, détaille Nolwenn Souquières, chargée de mission "sport". Si c’est le cas, nous relisons ensemble le dossier pour l’améliorer. Je les conseille. Cet accompagnement peut durer un an. » De son côté, Emmanuelle Perpignaa complète. « Ces projets répondent à l’envie de connecter les citoyens européens entre eux et d’échanger nos pratiques. » Favoriser l’inclusion sociale, l’égalité entre les hommes et les femmes, le respect de l’arbitrage… Telles sont les autres valeurs mises en avant par le programme. Très attendu par les organisations sportives en Europe, l’élargissement d’Erasmus+ vers le sport – pour en faire une section indépendante des autres (comme peut l’être la jeunesse ou l’éducation) –, offre donc la possibilité aux Européens de voir plus grand. C’est le cas de la Fédération française de parachutisme qui a pu préparer un événement de grande envergure soutenu par le programme. En outre, toutes ces initiatives sont rendues possibles grâce à un réseau de partenaires, universités, centres nationaux de sports, etc… Qui permettent de fédérer les énergies.

Ouverture à l’Europe

En témoigne en France l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (INSEP), qui a lui aussi bénéficié d’un soutien important d’Erasmus+ pour développer la double carrière des athlètes, en lien avec d’autres pays européens. L’Institut permet ainsi à des sportifs de haut niveau, confirmés ou en devenir, de mener en parallèle leur carrière sportive et des études ou un cursus dans la perspective de poursuivre sereinement leur future vie professionnelle, quel que soit leur palmarès sportif (action menée dans le cadre du Gold in Education and Elite Sport). Au total, et grâce au programme européen, neuf structures (dont l’université de Bruxelles et le Comité olympique italien) ont été mises en relation pour approfondir leurs compétences. « Nous voyons ici un double intérêt, analyse Léonore Perrus, coordinatrice des projets européens à l’INSEP. Le partage d’expériences et d’expertises, toujours en cours avec nos partenaires, qui offrira à terme de nouvelles idées pour la reconversion des athlètes et la chance de pouvoir s’ouvrir à d’autres pratiques, d’autres techniques en Europe. » En finançant ce chantier, le programme Erasmus+ permet à l’INSEP de mobiliser davantage de moyens et de réunir les partenaires du projet, deux fois par an, dans une ville européenne. Loin d’être anecdotique, cet apport logistique permet également de mobiliser des universitaires, des experts, des entraîneurs issus des structures de sport de haut niveau, pour aider les sportifs. « Nous apportons donc un soutien financier et pédagogique à des projets d’associations, des collectivités qui gravitent autour du sport. Ca "parle" aux jeunes européens ! », conclut Emmanuelle Perpignaa. De quoi laisser libre cours à l’imagination des amoureux du sport, pour élaborer des projets, espérer figurer parmi les meilleurs dossiers, puis être soutenus et accompagnés par ce programme européen d’intérêt général.

Romain Lejeune
Journaliste sportif.

03 mai 2016

Tous au volant !

  • Tous au volant ! 03:27
  • Pour la première fois depuis leur création, les Championnats d’Europe de badminton se déroulaient cette année en France. L’événement s’est tenu à La Roche-sur-Yon du 25 avril au 1er mai dernier. Pas loin de 200 rencontres ont opposé pendant six jours plus de 300 joueurs venus de tout le continent dans les catégories du double, simple (hommes, femmes) et mixte. Ce grand rendez-vous du badminton, dernière étape avant les Jeux de Rio, était aussi l’occasion pour les enfants des écoles de Vendée de prendre part à la fête : ateliers d’initiation, matchs haletants et dialogues avec de grands champions étaient au programme…

La maturité de l’homme, c’est d’avoir retrouvé le sérieux qu’on avait au jeu quand on était enfant.

Friedrich Nietzsche, philosophe, Par-delà le bien et le mal (1886)

18 avril 2016

L’INSEP à la pointe de la recherche

Chambre thermique, centrale inertienne, balance à impédance-métre… Les athlètes de haut niveau peuvent compter sur l’institut pour améliorer leurs performances.

Dans les allées de l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (INSEP), situé au sud-est de Paris, les chercheurs s’affairent à développer les machines et les logiciels les plus pointus. Objectif ? Améliorer les performances des sportifs français en vue de préparer les prochaines grandes compétitions et notamment les Jeux olympiques, qui se tiendront à Rio du 5 au 21 août 2016. 

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« Nous travaillons autour de trois axes, explique Jean-François Robin, responsable du Département de la Recherche de l’INSEP. Nous voulons mieux comprendre comment les athlètes régissent les stress, qu’ils soient physiologiques ou psychologiques ; nous travaillons également sur la récupération, en termes de sommeil ou de gestion des blessures, et enfin sur la biomécanique du mouvement, c’est-à-dire l’analyse du geste sportif. » Pour ce faire, l’INSEP travaille sur des machines spécialement créées pour la pratique sportive intensive. Parmi elles, une pièce qui simule les conditions météorologiques (chaleur, humidité) auxquelles seront confrontés les champions français au Brésil. « Cette pièce recrée des environnements extrêmes. C’est une chambre sauna dans laquelle ils peuvent s’entraîner. » Des conditions de préparation idéales obtenues par des sociétés partenaires qui réalisent des engins sur mesure en faveur des sportifs. L’utilisation de ces machines se déroule dans un cadre scientifique qui ne doit jamais perturber la préparation des athlètes.

Échographes et capteurs

« Nous ne réalisons pas de recherches invasives, relève justement M. Robin. Par exemple, nous n’effectuons pas de prélèvements musculaires sur les sportifs. » Pour contourner ces contraintes, le couplage des machines est une méthode clé. « Deux échographes pour une seule jambe peuvent nous permettre d’en savoir beaucoup sans déranger l'athlète », développe le responsable. Et les recherches ne s’arrêtent jamais, les scientifiques souhaitant obtenir la moindre donnée capable de favoriser leurs équipes. « Les boxeurs n’ont jamais repéré quelle était la puissance exacte de leur coup, note à ce propos le responsable du Département. Ils ne savent pas quel est le coup le plus efficace de tel ou tel boxeur, si ce n’est par expérience. » À partir de ce constat, une centrale inertienne – élaborée à partir de capteurs placés sur des combinaisons – permet de reconstruire les mouvements, à partir d’une modélisation informatique. Le mouvement est alors reconstruit… en condition réelle de pratique. Autant de compétences, de nouvelles machines (certaines toujours en construction et qui doivent rester confidentielles), qui placent la France parmi les 5 pays les plus avancés dans ce domaine, aux côtés du Royaume-Uni, du Canada, des États-Unis et de l’Australie. « Quand nous sommes 15 chercheurs à l’INSEP, ils sont 250 au Royaume-Uni, précise Jean-François Robin. Les Britanniques vont même jusqu’à détacher un scientifique sur une équipe nationale pour apporter les connaissances en direct aux entraîneurs et faciliter la préparation physique des sportifs. »

Objets connectés peu fiables

Malgré ce manque d’effectif, les travaux réalisés sur place permettent de repousser les limites sportives et d’apporter une aide précieuse, aux fédérations partout en France. Et ce, grâce au travail des scientifiques, mais pas seulement. « Parmi les chercheurs de l’Institut, il y a aussi des psychologues et des sociologues, rappelle M. Robin. Nous ne sommes pas dans le tout technologique. Les outils technologiques ne sont d’ailleurs pas toujours fiables, comme les objets connectés, que l’on vante beaucoup mais qui restent encore scientifiquement imprécis. Ils s’appliquent mal aux sports de haut niveau (Cf. notre article précédent sur "Le sport et les mathématiques")» Pour preuve, la comparaison des résultats obtenus sur une machine testée dans l'enceinte : une balance capable de différencier la masse graisseuse de la masse osseuse des athlètes présentait des marges d’erreur de 10 %. « Là, il y a en effet de gros progrès à faire. Probablement que dans les 5 ans qui viennent, cela va être résolu, mais pour l’instant nous restons très loin des promesses des objets connectés », conclut ce responsable. Une analyse, une vision, un constat qui promettent à l’INSEP et ses travaux de beaux jours devant eux.

Romain Lejeune
Journaliste sportif.

C'est une grande faute de se croire plus que l'on est, et de s'estimer moins qu'on ne vaut.

Johann Wolfgang von Goethe, écrivain, Maximes et Réflexions (1842)

24 mars 2016

Rouen, capitale mondiale du handball

  • Rouen, capitale mondiale du handball 03:41
  • Du 12 au 18 mars dernier se déroulait à Rouen, à l’initiative de l’UNSS, le championnat mondial de handball scolaire.
    23 nations étaient représentées dans une compétition de très haut niveau où s’affrontaient les meilleures équipes féminines et masculines scolaires du monde. Dans l’ambiance survoltée du Kindarena et devant plus de 6 000 spectateurs,  la Hongrie a emporté la finale chez les filles. Pour les garçons, c’est à la Turquie qu’est allée la victoire, à l’issue d’un match âprement disputé face à la France. Retour sur cette grande fête du sport et de la jeunesse… 

14 mars 2016

Les maths au service du sport

À l’occasion de la Semaine des mathématiques, retour sur le rôle clé que joue cette discipline pour tous les sportifs, qu’ils soient amateurs ou professionnels.

« L’analyse scientifique des performances n’est plus réservée aux seuls sportifs de haut niveau. » Telle est l’observation, faite par les organisateurs de la Semaine des mathématiques qui se tient partout en France du 14 au 20 mars 2016, et qui « entend valoriser les nombreuses actions mises en œuvre tout au long de l’année en faveur du rayonnement des mathématiques ». Si, a priori, les théorèmes de Thalès ou de Pythagore qu’on apprend au collège et au lycée semblent assez éloignés d’une finale de championnat du monde du 100 mètres – qui serait évidemment remportée par Usain Bolt ! –, la relation entre les sports, notamment les disciplines d’endurance et les mathématiques, est bien plus étroite qu’il n’y paraît. « Le sport, comme tout ce qui nous entoure, est une mine de questions ouvertes pour le mathématicien, souligne Amandine Aftalion, directrice de recherche au CNRS en mathématiques et professeur à l’École Polytechnique, et qui participe activement à la Semaine des mathématiques.

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« Aujourd'hui, nous pouvons dire que les mathématiques ont envahi notre quotidien : on en trouve dans l'automobile, l'énergie, la climatologie, la météorologie… et donc naturellement dans le sport. » Nous sommes dans un monde connecté où les modèles mathématiques trouvent un écho particulier chez les athlètes professionnels à la recherche de l’optimisation toujours plus grande de leurs performances. Ils peuvent puiser des données très précises à partir d’outils sophistiqués et ainsi mieux comprendre la répartition de leurs efforts, qu’ils soient musculaires ou respiratoires, ou mieux interpréter l'effet des virages, de l'altitude, de la performance du concurrent qui double ou de celui qui suit.

Demain, les e-coachs ?

Pour les sportifs amateurs, les mathématiques sont également devenues familières, via de nombreuses applications simples et ludiques. « Alors qu'il y a plus de 100 000 applications web pour le fitness, ce qui représente plus de 10 millions de téléchargements, les produits actuels qui calculent par exemple la dépense en calories, présentent parfois jusqu'à 20 % de différence entre eux ! On peut se poser la question de la fiabilité des modèles mathématiques qui sont derrière. » Le constat que fait Mme Aftalion ouvre des nombreuses perspectives de recherche et de progrès substantiels. Pour le moment, les travaux qu’elle conduit se font plutôt dans le milieu du sport professionnel, mais les résultats ne sont pas toujours pris en compte par le staff technique qui entoure un athlète. Ils sont pourtant déterminants quand il s’agit de repousser les limites d’une performance. « Les coaches et les entraîneurs ne ressentent pas forcément le besoin des maths dans leur pratique quotidienne, observe-t-elle, car le monde des maths et celui du sport sont deux mondes bien différents. Certains entraîneurs estiment même que leurs connaissances techniques suffisent. Nous voulons donc montrer au plus grand nombre que les mathématiques sont accessibles à tous et surtout qu’elles sont utiles. » Si la course à pied est aujourd’hui analysée de près par les chercheurs, d’autres sports le sont aussi, comme le tennis, la voile, ou le patinage artistique. « Certaines figures de patin à glace, comme la pirouette ou le saut, reposant sur la place du centre de gravité, la position du corps et sa mise en rotation peuvent être analysées en détail. » De la même manière, les déplacements sur un terrain de football ou de rugby sont scrutés de près. « Certains algorithmes probabilistes existent même pour déterminer la position et le déplacement des coéquipiers sur un terrain, détaille la directrice de recherche, mais aucun manager de club de foot n'a encore remplacé son entraîneur par un e-coach... » Pour parfaire ces avancées scientifiques, le monde des mathématiques a cependant besoin de plus d’interactions et de moyens.

Des maths « attractives »

Pour relever ce défi, des partenariats avec le monde du sport sont envisagés. Des fédérations sportives, des associations, des équipementiers, des sportifs de haut niveau et des gestionnaires d’installations peuvent se rapprocher des mathématiciens pour travailler main dans la main. Cependant, parvenir à de telles collaborations n’est pas toujours facile. Car si les chercheurs français établissent des modèles mathématiques capables de décrypter de nombreux phénomènes, les logiciels à fabriquer pour les rendre accessibles aux usagers demandent de longs temps de développement, des compétences très spécifiques et beaucoup d’argent. En France, les grandes structures capables de financer ces travaux sont peu nombreuses, même si certaines enseignes, comme Décathlon ou Salomon, friandes de performances, font régulièrement appel à ces chercheurs. « Les mathématiques appliquées sont en effet plus traditionnellement tournées vers l’industrie. Certains grands groupes, qui pourraient nous aider dans nos recherches, sont basés à l’étranger, fait observer Mme Aftalion. Par conséquent, ils travaillent étroitement avec les centres de recherches locaux, ou avec leurs propres universitaires, c’est le cas en Allemagne ou aux États-Unis. » À cet égard, la Semaine des mathématiques est une bonne occasion pour attirer l’attention sur les rapprochements possibles entre ces deux mondes, notamment en mobilisant des sportifs et des mathématiciens autour d’une même cause, celle qui est rappelée dans la charte de la manifestation : «… Montrer à tous les élèves des écoles, collèges et lycées ainsi qu’à leurs parents, une image actuelle, vivante et attractive des mathématiques. » Et quel meilleur biais que le sport pour proposer un nouveau souffle à cette matière qui parfois rebute les jeunes, mais qui est pourtant indispensable à qui veut mieux comprendre le monde.

Romain Lejeune
Journaliste sportif.

08 mars 2016

Le sport, de plus en plus féminin

Gagnant en visibilité, de mieux en mieux représentées, les femmes sont les nouvelles icônes du sport de haut niveau. Mais à quel prix ?

À l’image de Corinne Diacre, récemment désignée meilleure entraîneur d’une équipe de football professionnelle (élue la meilleure à son poste en 2015 en Ligue 2, avec l’équipe du Clermont Foot 63), les femmes sont de plus en plus visibles sur l’échiquier sportif, pourtant historiquement très masculin. Si certaines disciplines sont très largement mixtes depuis longtemps, comme l’athlétisme ou le tennis dont les compétitions masculines et féminines sont retransmises à parts égales sur les écrans, et ce depuis les années 1990, d’autres progressent de manière fulgurante. 

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Parmi elles, le football féminin, qui connaît une médiatisation accrue depuis 2014, que ce soit dans les journaux, à la radio ou à la télévision. Ainsi, la dernière Coupe du monde féminine de football de la FIFA, diffusée sur la chaîne W9 en 2015, a enregistré des audiences record. Le quart de finale de la compétition, opposant la France à l’Allemagne, a franchi la barre des 4 millions de téléspectateurs, plaçant W9 en pole position des chaînes les plus regardées de la TNT, depuis la création du réseau en 2005. Ces succès d’audience se renforcent de soutiens divers. Parmi eux, les « 4 saisons du sport féminin », à l’initiative du ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, du ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), ont vocation à encourager une meilleure visibilité des sportives de haut niveau et du sport féminin en général dans le paysage audiovisuel français.

Des efforts payants

Et cette croissance du sport féminin se vérifie dans les faits : selon le CSA, « entre 2012 et 2014, la part du sport féminin dans les programmes sportifs télévisés a en effet doublé. De 7% en 2012, elle est passée à 14% ». En 2016, plusieurs diffusions confirment la tendance : Canal+ programme un documentaire sur le tournoi de Paris de judo féminin, TF1 diffuse dans son journal un reportage sur la vice-championne d’Europe 2015 de Pentathlon, Élodie Clouvel, sélectionnée pour les prochains Jeux olympiques de Rio ; les ondes d’Europe 1 couvrent quant à elles le match de championnat féminin de football opposant le Paris Saint-Germain (PSG) face à L'Olympique lyonnais (OL). Autant de rencontres, de retransmissions, de diffusions qui placent plus souvent le sport féminin sur le devant de la scène. Cette médiatisation accrue confirme une autre tendance : un nombre de femmes de plus en plus élevé pratique le sport « de haut niveau ». Sur ce point, les « décodeurs » du journal Le Monde relèvent que si la féminisation dans ce secteur a augmenté, ce n’est que de 2 % en 10 ans ! En 2015, 2 400 femmes appartenaient à l’élite contre… 4 600 hommes. Elles ne sont donc que 50 de plus qu’en 2005 ! Et pourtant, si cette progression est lente, elle est incontestable et prometteuse. Parmi les sports où les femmes sont le plus présentes au plus haut niveau figurent le ski, le volley-ball, l’athlétisme et le basket-ball qui forment le gros du bataillon. Une centaine de sportives de haut niveau sont présentes en France pour chacune de ces disciplines.

Dépasser le symbole

Cependant, si le tableau tend à s’équilibrer, des inégalités subsistent. Les plus frappantes sont celles relatives aux salaires, bien inférieurs dans le milieu sportif féminin que masculin, ce qui traduit la difficulté pour certaines de ces femmes à se hisser au même niveau de reconnaissance que leurs homologues masculins. Sur ce point, le témoignage d’Anne-Sophie Da Costa, boxeuse ardennaise professionnelle, met l’accent sur les efforts invraisemblables à fournir pour pouvoir exister dans ce paysage sportif : « Pour que je puisse vivre de mon sport, il faudrait que je dispute un championnat du monde par mois, ou deux combats hors championnat. Alors que je fais deux combats par an ! », rappelait-elle à l’occasion d’un récent débat sur les clichés liés au sport. C’est dans le milieu du football que les plus fortes disparités persistent : pour les deux meilleures équipes du championnat de France féminin, L’Olympique Lyonnais et le Paris Saint Germain, les plus gros salaires mensuels féminins s’affichent autour de 10 000 euros par mois, soit à des années-lumière de ceux des hommes (1 million d’euro net par mois pour la star du PSG, Zlatan Ibrahimovic). Au-delà du symbole, cette cruelle réalité rappelle deux choses : la première, que les hommes et les femmes jouent en respectant les mêmes règles sur le terrain, mais pas sur celui de l’argent ; la seconde, que seule une diffusion accrue des programmes sportifs féminins pourra désamorcer cette situation paradoxale. Les émotions procurées par les performances des femmes et des hommes sont identiques, mais ces émotions ne semblent définitivement pas avoir le même prix…

Romain Lejeune
Journaliste sportif.

Une moitié de l’espèce humaine est hors de l’égalité, il faut l’y faire rentrer […] : donner pour contre-poids au droit de l’homme le droit de la femme.

Victor Hugo, écrivain, Actes et Paroles – Depuis l’exil (1876)

21 février 2016

Dopage, une réalité contrastée…

Les sportifs amateurs ou professionnels, débutants ou confirmés, peuvent être tentés par l’usage de substances dopantes pour entretenir leur corps ou améliorer leurs performances. Ils s’exposent alors aux dangereux effets secondaires qui les accompagnent.

Aux termes de dépistages régulièrement menés, le dopage ne semble toucher qu’une minorité de sportifs mais il fait office d’épouvantail dans le monde du sport et se révèle aussi néfaste sur le plan sanitaire que médiatique. Selon l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), environ 0,7 % des athlètes sont contrôlés positifs, mais le nombre de sportifs consommant des produits dopants pourrait en réalité être plus élevé. 

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En touchant les amateurs comme les professionnels, ce fléau s’immisce dans la vie des sportifs jusqu’à devenir un ennemi intime. « Les raisons pour lesquelles les sportifs utilisent des substances dopantes sont très variées, explique Xavier Bigard, conseiller scientifique à l’AFLD. Chez les professionnels, on observe deux périodes propices à leur utilisation : quand ils parviennent à atteindre le haut niveau et à la fin de leur carrière, lorsque leurs performances déclinent. » Les amateurs, quant à eux, décident de se doper pour relever un défi, atteindre une performance occasionnelle ou pour se soigner. Ils consomment alors, parfois sans le savoir, des médicaments chargés de corticoïdes. « L’ennemi intime » s’invite donc dans la vie du sportif de manière plus ou moins insidieuse, plus ou moins consentie et peut conduire à terme à un réel état de pharmacodépendance. « Quand il entre dans une dynamique de victoires, le sportif n’a pas envie d’en sortir, cela devient une dépendance psychologique, il a envie que l’on parle de lui », observe M. Bigard. Une soif de victoires qui peut conduire à la consommation de différents produits et à un processus d’addiction renforcé par des psychostimulants, des stimulants neurologiques ou de la sérotonine. « Ces stimulants n’ont pas d’effets extraordinaires sur les performances, à l’inverse de l’EPO, mais ils peuvent malgré tout créer une pharmacodépendance », insiste le chercheur.

Risques de cancer

Autant de « traitements » qui sont censés palier une baisse de performance ou un manque ressentis par l’athlète. Ainsi, la perception de douleurs ou de sensations désagréables peut disparaître. La motivation et l’agressivité peuvent être exacerbées. Le transport d’oxygène peut être amélioré, comme avec l’EPO. La masse musculaire peut exploser, à l’aide de stéroïdes anabolisants… Toutes ces substances vont agir sur des cibles dites biologiques. « Mais elles ont des effets secondaires sur la santé, sur le métabolisme du foie, par exemple. Cela peut entraîner un risque de cancer », rappelle fort justement Xavier Bigard. Ces effets secondaires sont parfois bien difficiles à observer, surtout lorsque plusieurs produits sont mélangés, prenant la forme de « cocktails » dopants très puissants. « Nous parvenons à savoir quels sont les effets secondaires d’une substance ou de deux substances associées, mais comme souvent il s’agit de cocktails, nous sommes désarçonnés. Dans ces cas précis, nous n’avons pas de vision de tous les effets. » Sur le plan médiatique, les « effets secondaires » sont en revanche très clairs. La mise à l’écart des sportifs dopés est souvent sans retour, à l’image du cycliste Lance Armstrong, déchu de ses sept titres de vainqueur du Tour de France. Reste que, derrière ces grandes « figures » du dopage, il demeure difficile de quantifier précisément le nombre des consommateurs. « Si nous savons que 0,7% des sportifs contrôlés sont positifs, où se situe la réalité ? Entre 0,7 % et 100 % ? », interroge le conseiller scientifique de l’AFLD. Malgré tout, l’Agence avance un chiffre : le pourcentage de sportifs qui ont utilisé ou qui utilisent des produits dopants pourrait osciller entre 15 % à 17 %. Face à ce phénomène, la mission des professionnels du sport et des encadrants consiste à décourager fermement les jeunes athlètes de les utiliser. « Il faut faire passer aux jeunes des messages de santé publique via les éducateurs sportifs », assène M. Bigard. Avec une question centrale : quel type de message de prévention justement ? Pour y répondre, plusieurs pistes sont explorées.

Rassurer les jeunes

La moins convaincante, selon lui, serait de leur exposer les risques sanitaires : « Expliquer à un jeune de 20 ans que, s’il se dope, il mourra à 60 ans plutôt qu’à 85 ans, ce n’est pas un argument audible. Il y a deux messages essentiels à privilégier. Primo, il faut lui dire que s’il prend des risques et qu’il est contrôlé positif à l’âge de 20 ans, sa carrière s’achève aussitôt. Secundo, il faut le rassurer, lui dire qu’il est fort, qu’il est puissant, qu’il est techniquement au point et qu’il doit adopter la position d’un sportif de haut niveau : no doping. » Car les effets psychologiques sont eux aussi dévastateurs. « Cela génère du mal-être, ajoute le chercheur. Si le sportif a touché au haut niveau, à la victoire, il aura tendance à vouloir gagner encore et encore, et… inévitablement, il va chuter. Son palmarès sera moins brillant. À ce moment-là, psychologiquement, cela sera pour lui plus destructeur encore d’avoir triché. » D’autant que le dopage n’est pas synonyme de victoire systématique. « Dire que le dopage, c’est la panacée, est une erreur. Ce n’est pas forcément cela qui permet de gagner, juge Xavier Bigard. S’il peut faire gagner quelques dixièmes de seconde à l’arrivée, ce n’est pas cela qui ne permettra pas de devenir un athlète de haut niveau. » Une réalité sans appel renforcée par un constat encourageant : la majorité des sportifs ne se dope pas. « Les outils de détection sont de plus en plus efficaces. Il faut faire confiance aux instances de lutte contre le dopage et il faut que l’athlète soit rassuré physiquement, qu’il soit accompagné sur le plan nutritionnel, sur le plan psychologique, pour faire en sorte qu’il ne soit pas tenté par l’usage de substances interdites, mais qu’il se concentre sur ses objectifs. » Un point de vue optimiste, fruit de recherches menées sur le terrain, à l’abri des emballements générés par les scandales liés au dopage et qui trop souvent masquent les efforts fournis, en toute honnêteté, par la grande majorité des athlètes.

Romain Lejeune
Journaliste sportif.

12 fév. 2016

En route pour Lillehammer

  • En route pour Lillehammer 04:05
  • Avec 71 pays participants et près de 150 événements culturels associés, la deuxième édition des Jeux olympiques de la Jeunesse d’hiver s’ouvre aujourd’hui à Lillehammer en Norvège. Julia Wagret et Matthieu Couyras, élèves de première au lycée Récamier de Lyon, vont défendre les couleurs de la France dans la discipline de la danse sur glace. Ultimes entraînements sous l’œil vigilant de leur entraîneur, quelques jours avant le grand départ…

26 janv. 2016

La grande fête du cross

  • La grande fête du cross 03:15
  • Le samedi 23 janvier, l’hippodrome de Nantes n’a pas vibré sous les sabots des chevaux mais sous les pas de plus de 2 300 jeunes venus de tout le pays pour participer aux championnats de France de cross scolaire. Des équipes de 6 coureurs défendaient les couleurs de leurs collèges, de leurs lycées ou de leurs universités. Cette grande fête de la course à pied était aussi l’occasion de marquer l’ouverture de l’opération « Les quatre saisons du sport féminin » destinée à promouvoir la pratique sportive chez les femmes et les jeunes filles.

19 janvier 2016

L’esprit du sport : entre grandeur et dérives

Par ses dimensions sociologiques, philosophiques et économiques, l’esprit du sport est parfois dépassé par son enjeu premier : le plaisir de jouer.

Sur le terrain, les joueurs se « donnent à fond ». Au football, les premiers tours de la Coupe de France le rappellent chaque année. Les « petits » clubs des divisions inférieures n’ont qu’un objectif : parvenir jusqu'aux 32e de finale pour affronter un club de Ligue 1, si le tirage au sort leur est favorable. Cet engagement, qui constitue l’essence même du sport, fait l’objet d’une étude approfondie dans le 46e numéro de la Revue du Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales (MAUSS) intitulé « L’Esprit du sport. Entre jeu, don et démesure » (éd. La Découverte). Donner la balle à son co-équipier, donner de soi pendant un match ou une course, donner du plaisir aux spectateurs, donner du fil à retordre à son adversaire, tout donner pour remporter une nouvelle coupe, et cela à tout prix, tout commence par cette notion de don. À tel point que l’esprit du sport – que nous considérons comme positif – peut se voir altéré par cette quête insatiable de victoires. 

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L’exemple le plus flagrant ? Celui du dopage, qui touche désormais un grand nombre de disciplines. Des addictions qui, si elles permettent d’obtenir des résultats immédiats parfois stupéfiants (rappelons-nous les grandes étapes remportées par Lance Armstrong lors de ses sept Tours de France victorieux), peuvent décourager les sportifs « propres », et dévaloriser les sports incriminés, aux yeux d’un grand public, lassé par ce type d’affaires qui apparaissent de manière récurrente dans les médias. « Dans le milieu du sport, il n’y a pas de véritable place pour les perdants », note Jean-Pierre Escriva, sociologue, maître de conférences à l’université de Poitiers (p. 140). Autant d’éléments qui amènent, comme le mentionne le philosophe Jean-Claude Michéa dans son article (p. 49), au « déclin de l’esprit sportif » (rappelant la théorie développée par l’historien et sociologue américain Christopher Lasch). Un « déclin » renforcé par un certain nombre de situations hors-jeu, au sens hors du terrain de jeu.

Le beau jeu contrarié

L’exemple le plus marquant, relaté par M. Michéa dans son article, concerne le club de football de Luzenac en Ariège. Après avoir remporté le championnat au niveau national lors de la saison 2013/2014, le club s’est vu refuser la montée en Ligue 2 par la Ligue de football professionnel (LFP), puis rétrograder dans des divisions bien inférieures, pour des raisons financières. D’autres épisodes avaient déjà par le passé détérioré l’image de ce sport, comme l’affaire OM-Valenciennes en 1993, ou plus récemment celles liées aux scandales de la FIFA. Mais, dans les médias, l’affaire « Luzenac » a fait grand bruit, car le sentiment d’injustice à l’égard ce petit club de province prédominait. Pourtant, la « valeur travail », qui lui avait permis de réaliser une si belle performance, avait bel et bien été le moteur du groupe des joueurs et de leur encadrement. « Gagner des médailles sans travailler, ce n’est pas possible (…) La question du travail est cruciale dans le sport », explique le philosophe Stéphane Bornhausen (p. 68). Une « valeur travail » qui peut sembler contraster avec l’aspect ludique du sport, celui vécu par les spectateurs et les supporters. Il faut travailler pour être performant, et être performant pour proposer un beau spectacle : comme si le sport devenait alors un « produit de consommation » comme un autre (p. 108). C’est ce que souligne Jean-Paul Callède, chargé de recherche au CNRS. Cette équation fait entrer le sport dans une ère nouvelle, presque démesurée, qui s’amplifie régulièrement, au fil des grandes compétitions, qu’elles soient féminines ou masculines. Visuellement impressionnant, le terrain sportif devient alors un terrain de jeu économique à deux vitesses : l’un amateur, qui s’inscrit chaque week-end partout en France, et l’autre professionnel, diffusé sur tous les supports, à la télévision, à la radio, sur internet etc… Certains sports allant même jusqu’à modifier leurs règles pour être plus télégéniques, comme nous le rappelions dans notre article « Sport et Médias ». Deux mondes qui cohabitent, poursuivant des buts très différents : l’un, éduquer ; l’autre, faire rêver.

Éduquer grâce au(x) sport(s)

Une éducation par le sport soutenue par des acteurs divers : qu’ils soient éducateurs, entraîneurs, bénévoles ou salariés, tous se mobilisent pour défendre l’esprit du sport. « Le sport ne produit pas de valeur intrinsèquement, c’est l’éducateur qui lui donne toute sa force, toute sa valeur pédagogique », rappelle justement Jean-Philippe Acensi, fondateur et délégué général de l’Agence pour l’éducation par le sport (Apels). « À chaque projet, toujours la même constante : des trésors d’imagination chez celui qui remet les jeunes sur les rails, un engagement et une écoute de chaque instant. » Ce à quoi il ajoute : « Il y a quelques décennies, le métier d’éducateur de rue était créé pour remobiliser une jeunesse déboussolée. Les éducateurs socio-sportifs peuvent aujourd’hui jouer ce rôle dans la plupart des quartiers français » (p. 190). À cette affirmation incontestable, le journaliste Fekrou Kidane rappelle la dimension globalement « pacificatrice » du sport, lorsque celui-ci s’attache à diffuser des valeurs positives, loin des débordements inacceptables qu’il engendre parfois : « La popularité du sport et son pouvoir de rassemblement peuvent contribuer au rapprochement des peuples, à la promotion de la paix, du dialogue et de la réconciliation », écrit-il p. 211. Un kaléidoscope qui fait du sport, tour à tour, un jeu, un emploi, un loisir, un spectacle, une passion, capables de donner du sens à tous les échelons de la vie sociale, « entre jeu, don et démesure. »

Romain Lejeune
Journaliste sportif.

« L’esprit du sport. Entre jeu, don et démesure », Revue du Mauss, n° 46, éd. La Découverte, second semestre 2015, 273 pages.

Faites en sorte que les vaincus puissent se féliciter de vous avoir pour vainqueur.

Ou-Tsé vers 250 av JC.

04 janv. 2016

Attention avalanche !

  • Attention avalanche ! 03:34
  • Tous les ans, au moment des vacances d’hiver, quand l’appel des plaisirs de la neige se fait sentir, l’UNSS (Union nationale du sport scolaire) invite des lycéens à la station de l’Alpe d’Huez pour une journée formation et de prévention consacrée aux risques liés au ski hors-piste. Cours théoriques sur les états de la neige et entraînements à la recherche de victimes des avalanches sont au menu du jour. De quoi faire réfléchir les plus téméraires des fondus de la glisse…

17 déc. 2015

350 paires de jambes !

  • 350 paires de jambes !
  • Le village de La Bridoire accueillait il y a quelques jours le grand cross annuel organisé par l’USEP de Savoie. Tous les enfants des écoles du département étaient conviés à y participer. Pendant tout un après-midi, 350 gamins de 5 à 12 ans, filles et garçons, ont crotté leurs chaussures sur les chemins alentours. Il y a eu des joues rosies par le froid de décembre, quelques points de côté, des glissades dans les flaques, des médailles durement gagnées, mais, heureusement, des boissons chaudes à l’arrivée…

09 décembre 2015

Sport et laïcité

À l’occasion de la Journée de la laïcité, retour avec Yvan Gastaut, historien de l’époque contemporaine et maître de conférences à l’université de Nice Sophia Antipolis, sur les enjeux d’un monde sportif en mutation.

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Comment définiriez-vous un terrain de sport ?
Un terrain de sport est un espace naturellement laïque : il se réfère à des règles, à des uniformes, à des tenues, que ce soit pour le sport professionnel ou amateur. Dans ce cadre, une même règle s’applique à tous, il faut porter des tenues réglementaires, respecter des codes communs. Il n’y a rien de plus laïque qu’un espace sportif, et cela n’a pas été contesté pendant longtemps.

Sur ce point, observez-vous un changement récent ?
Oui, depuis une dizaine d’années environ, de nouvelles questions se posent, que ce soit dans le sport féminin ou masculin. Par exemple, est-ce que le temps de prière doit être pris en compte dans le sport ? Est-ce que cela serait salutaire ? Il est incontestable que, derrière les maillots, il y a des individus, une dimension humaine des acteurs. Mais la prise en compte de l’individu ne risque-t-elle pas de rompre l’équilibre du projet collectif du sport ? Il n’y a rien de plus homogène qu’une équipe sportive, et donner une place à l’expression des singularités religieuses au sein de cette homogénéité semble assez incompatible.

Dans ce contexte, à quoi font face les entraîneurs, les éducateurs, toutes les personnes qui œuvrent dans le monde du sport ?
Les encadrants ont dû s’adapter au fait que, dans leur équipe, il puisse y avoir des croyants pratiquants. Lorsque certains athlètes font le ramadan, cela implique des aménagements nécessaires, pas forcément dans le temps du match, mais dans le temps de la vie collective, de la vie du groupe. À quel moment laisse-t-on la croyance religieuse s’exprimer ? On voit alors se recomposer une micro-société à laquelle les entraîneurs doivent s’adapter. Beaucoup d’entre eux ont le souci de respecter la vie privée des athlètes. Parfois, cela pèse sur la vie d’un groupe, parfois cela peut aussi l’enrichir. Dans le sport de haut niveau, il y a beaucoup de temps faibles. Dans ces moments, l’encadrant a un groupe humain à gérer, comment doit-il s’y prendre ? On observe majoritairement que dans un groupe sportif, qu’il y ait des chrétiens, des musulmans ou des juifs, il n’y a presque jamais de conflits ou d’animosité qui apparaisse entre les joueurs à ce sujet-là. C’est précisément le rôle du staff d’une équipe que d’encourager la vie commune, d’apaiser les braises lorsqu’elles peuvent apparaître. À cet égard, il y a plutôt une bonne cohabitation dans les équipes.

La mixité religieuse est donc effective sur les terrains de sport ?
Visiblement, elle l’est. Le terrain de sport est un espace de rencontres formidables. Des compétitions mondiales, comme les Jeux olympiques, permettent de se rencontrer, de s’opposer. Le sport, c’est la mixité, c’est la rencontre avec l’adversaire et la rencontre au sein d’une même équipe. Dans ce contexte, même s’il y a parfois des moments où les choses peuvent déraper, c’est le plus souvent un formidable accélérateur de rencontres d’échanges et de respect. Le brassage des cultures, des croyances est l’une des réussites de l’olympisme.

Et la mixité sociale ?
Cela se décline aussi à l’échelle sociale, même s’il y a des sports plus marqués que d’autres. Le football est un formidable ascenseur social, peut-être plus que le tennis ou l’équitation. Cette mixité sociale existait déjà au début du xxe siècle, lorsqu’un ouvrier pouvait accéder à une vie meilleure. C’est toujours le cas aujourd’hui.

Y a-t-il des engagements citoyens pour promouvoir la laïcité dans le sport en France ?
Je pense qu’il y a un déficit de sens citoyen en France de la part des sportifs eux-mêmes. Il y a une sorte de mythologie en France et ailleurs qui voudrait faire du sport un monde apolitique. Un monde où les sportifs seraient déconnectés de ce qui se passe autour d’eux. À mon sens, c’est très préjudiciable. Celles et ceux qui encadrent les jeunes subissent aussi ce comportement. Pour beaucoup de sportifs, professionnels ou amateurs, il n’est pas nécessaire de s’occuper du champ politique, alors que le sport est au contraire traversé par des enjeux énormes. Il est même parfois au premier plan du champ politique et diplomatique. Il ne faut pas le nier, sinon on fait fausse route. Il y a des moments où les sportifs prennent position, comme lors des récents attentats de Paris, où lorsque Jean-Marie Le Pen était présent au second tour des élections présidentielles, en 2002, mais c’est assez rare.

Comment expliquez-vous ce déficit de sens citoyen de la part des sportifs ?
Aujourd’hui, les jeunes athlètes ne ressentent pas forcément le besoin de s’engager, ils sont au diapason de la société. Si l’on regarde sur le temps long, on observe que les athlètes de haut niveau font de même depuis les années 1920. Ils sont éloignés du champ politique alors que, s’ils prenaient position, ils seraient entendus de tous car les gens les suivent de près, ils constituent des modèles pour leur public. Les sportifs ont donc la légitimité pour réagir, livrer leur point de vue sur des questions importantes, notamment sur la question de la laïcité sur les terrains.

Sur ce point précisément, que pourraient-ils apporter ?
Je pense qu’il serait intéressant que le monde du sport professionnel et amateur témoigne du fait qu’à travers le sport, les gens se rencontrent et s’affrontent, et que, 99 fois sur 100, cela se passe bien. Le sport est un champ qui favorise fortement l’expression concrète de la laïcité. Le sport incite à la mise en scène d’une certaine cohésion. Dans l’arène sportive, on se bat collectivement pour un projet, un club, derrière un drapeau, un pays. Que l’on soit 11, 14 ou 15 dans une équipe, c’est un ensemble cohérent, une métaphore très forte de la société, où l’on poursuit un objectif commun sur un temps donné. Cet objectif permet de mettre en scène l’existence des différences et l’expression de la pluralité. Il faut faire en sorte que le sport puisse être utile à cela.

Propos recueillis par Romain Lejeune

Ce qui constitue la vraie démocratie, ce n'est pas de reconnaître des égaux, mais d'en faire.

Léon Gambetta (1838-1882)

08 déc. 2015

Tous capables

  • Tous capables 03:04
  • Le 2 décembre dernier, l’USEP du Cher réunissait une centaine d’enfants valides et handicapés dans le gymnase du CREPS de Bourges, pour leur permettre de faire du sport ensemble. Pas de records à battre, pas de médailles à remporter mais le plaisir de se rencontrer, de mieux se connaître et de se respecter dans la différence. Cette manifestation était l’occasion de découvrir des activités physiques adaptées aux capacités de chacun et de permettre à tous de réussir, à sa manière...

30 novembre 2015

L’environnement plébiscité par le sport

Jeux olympiques « recyclables », stades éco-responsables, équipements « verts »… Le sport relève lui aussi les défis écologiques de demain.

Depuis les structures construites pour les Jeux olympiques de Londres, en 2012 – considérés comme la manifestation sportive d’envergure la plus écologique de ces dernières années, grâce à la réutilisation de ses différents matériaux –, jusqu’au grand stade de Nice, l’Allianz Riviera, et sa conception dite « innovante » (l’enceinte est notamment équipée de 7 500 mètres carrés de panneaux photovoltaïques), les ingénieurs et architectes chargés d’imaginer les nouveaux équipements sportifs s’appliquent à respecter l’environnement. « Il faut concevoir ces bâtiments en limitant leur impact environnemental, explique Francis Allard, professeur à l'université de La Rochelle, spécialiste de l’impact énergétique et environnemental des bâtiments au Lasie (Laboratoire des sciences de l’ingénieur pour l’environnement, commun au CNRS et à l'université de La Rochelle).

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Pour cela, il faut distinguer deux types d’équipements sportifs : les équipements de plein air, comme les stades, et ceux qui sont fermés. Dans les deux cas, les bâtiments sont soumis à des règles de conception environnementale communes. » Dès lors, qu’il s’agisse de la conception d’une piscine, d’un stade de rugby ou d’une enceinte de football en salle, les enjeux sont similaires : comment faire en sorte que le bâtiment soit respectueux de l’environnement, tout en perturbant le moins possible le site sur lequel il va être édifié ? Mais aussi comment limiter sa consommation de ressources fossiles, autant au cours de sa fabrication que durant son « cycle de vie », tout en garantissant le confort, la sécurité et la santé de tous ses usagers ?

Recycler les énergies

« Le coût énergétique du bâtiment doit être aussi faible que possible », analyse M. Allard. Plusieurs solutions sont avancées par les spécialistes pour répondre à ces critères. Parmi elles, privilégier l’éclairage naturel. Il s’agit alors de « jouer » sur la qualité de l’enveloppe et la performance des équipements proposés. Le but : faciliter la production d’énergie renouvelable. C’est le cas, par exemple, du stade de l’Allianz Riviera à Nice, qui produit de l’électricité grâce à ses panneaux photovoltaïques puis la redistribue dans le réseau des quartiers alentours, compensant en partie l’énergie qu’il consomme. « Compenser une partie de la consommation d’électricité en produisant soi-même de l’électricité à partir de ressources renouvelables est une manière de développer la qualité environnementale du projet », précise le chercheur, sans oublier qu’est également prise en compte dans ces paramètres « la qualité des environnements créés vis-à-vis du confort, de la sécurité, et de la santé des joueurs et des spectateurs. » Par exemple, dans une salle de basket, le maître d’œuvre tentera de concilier le confort des joueurs (soumis à une activité et un métabolisme intenses) avec celui des spectateurs. Il est ainsi imaginable de réutiliser l’énergie thermique obtenue depuis le parquet. « C’est ce que l’on appelle les chaleurs fatales, celles qui sont destinées à disparaître mais qu’il faudrait pouvoir conserver grâce à des installations techniques performantes. » Dans le même temps, il est crucial de maîtriser le choix des matériaux utilisés pour construire ces bâtiments. On doit veiller à ce qu’ils soient performants d’un point de vue mécanique et thermique mais aussi non nocifs pour la santé (des revêtements faiblement polluants sont alors privilégiés).

Ressources « durables »

Les matériaux doivent en outre être, autant que faire se peut, à proximité des chantiers (l’impact sur l’émission des gaz à effet de serre n’en sera que plus faible). « Cette énergie dite grise, celle qui sert à l’élaboration des bâtiments, à la fabrication des matériaux, à leur transport et à leur mise en œuvre, doit être la plus faible possible », appuie le professeur. Ainsi, les architectes œuvrant dans le monde du sport s’attellent-ils à utiliser des ressources « vertes ». Dans ce cadre, l’utilisation de matériaux bio-sourcés, comme le bois, est souvent privilégiée. C’est le cas de la « coque » du grand stade de Nice. « L’impact en CO2 du bois est nul voire positif, car c’est un stockeur de carbone », indique le chercheur. Enfin, la durée de vie des équipements sportifs, pendant et après leur utilisation, est également étudiée de près. « Si le potentiel de recyclage du lieu est important, son impact sur l’environnement est bien moindre que si tout est jeté à la poubelle. Les gens voient souvent le coût d’investissement ou le coût de maintenance d’un équipement, mais ils voient plus rarement son éventuelle réhabilitation ou recyclage après usage, alors qu’il s’agit d’un facteur environnemental très important. » À Londres, les tribunes de la piscine olympique ont été réalisées dans cette optique : trois ans après son inauguration, le PVC utilisé pour réaliser ses sièges est recyclé en objet du quotidien. « Pour les sports aquatiques, il faut ajouter des considérations spécifiques telles que la gestion de la qualité de l’eau et de l’air, pour les nageurs et surtout pour le personnel permanent, qui reste longtemps dans ces espaces confinés. » Une manière responsable de faire prendre conscience au plus grand nombre des enjeux sanitaires et environnementaux auxquels fait face le monde du sport, et plus encore les organisateurs de ses manifestations.

Romain Lejeune
Journaliste sportif.

09 novembre 2015

Le sport peut-il s’affranchir des clichés ?

Tous les athlètes professionnels sont riches, naturellement talentueux et forcément increvables. Autant de caricatures que sportifs et chercheurs s’emploient à déconstruire.

Loin des caméras et des salaires mirobolants qui entourent certaines disciplines (on pense au joueur de football Zlatan Ibrahimovic, l’attaquant du Paris-Saint-Germain, et ses 15 millions d’euros par an), une grande majorité de sportifs, qu’ils soient amateurs ou professionnels, évolue avec des revenus infiniment plus modestes. 

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C’est le cas d’Anne-Sophie Da Costa, boxeuse rémoise professionnelle (4 sélections en équipe de France, 20 combats pour 19 victoires) qui s’entraîne beaucoup, soucieuse de concilier sa vie de famille, son travail et sa passion. Régulièrement performante, la Champardennaise aimerait se consacrer à 100 % à son sport. « Je ne peux pas car je ne gagne pas du tout ma vie avec la boxe, explique-t-elle à Charleville-Mézières, à l’occasion d’un débat organisé autour des clichés du sport. Pour que je puisse en vivre, il faudrait que je dispute un championnat du monde par mois, ou deux combats hors championnat. Alors que je fais deux combats par an. » Trouver les sponsors pour organiser un championnat fait, par exemple, partie des tâches à laquelle la championne doit aussi s’adonner. Pourtant, la Française remporte des titres (2 ceintures mondiales WBF dans la catégorie 47,6 kg), et fait figure de première dame dans le milieu trop méconnu de la boxe féminine professionnelle. Chez les hommes, le constat est identique : Hakim Chioui, boxeur professionnel dans la catégorie mi-lourd (78 kg), deux fois champion de France et finaliste aux derniers championnats d’Europe, ne peut pas « lâcher » son emploi. « Dans de nombreuses disciplines, il n’y a pas de salariat, explique Manuel Schotté, spécialiste d’athlétisme, maître de conférences en science politique à Lille 2, auteur de l’ouvrage intitulé La Construction du ?Talent?. C’est un système extrêmement précaire, où les bons athlètes vivent grâce aux primes, avec des gains très éloignés de ceux des sportifs les plus connus. » Autant de situations, de clichés persistants, qui poussent certains acteurs du monde sportif à témoigner.

« Formations implacables »

C’est le cas de Maxence Melin, champion amateur de tir à la carabine – une discipline peu médiatisée – qu’il pratiquera pendant 10 ans, avant d’arrêter après avoir été plusieurs fois dans le top 3 aux championnats de France individuel. « Le tir à la carabine n’est pas un sport, me répétaient inlassablement mes amis. Pourtant, c’est un sport comme un autre, qui demande de la préparation, de la concentration… » Une vision partagée par Gérald Scandella, champion de France 2015 du lancer du poids en salle, dans la catégorie vétéran M45. Derrière ces disciplines, les performances résultent en effet d’entraînements drastiques, au même titre que le football ou le tennis. Des entraînements indispensables pour atteindre le haut niveau, loin du cliché qui consiste à penser qu’il existerait une prédisposition génétique à la performance. « Mes recherches démontrent que le talent n’est pas inné, assure M. Schotté. Il est le résultat de processus historiques et sociaux complexes, et de formations implacables. Les succès sont le produit de diverses conditions structurelles. Lorsqu’il n’y a plus de structure, il n’y a plus de succès. » C’est le cas, par exemple, pour les coureurs marocains (longtemps représentés par Hicham El Guerrouj), kényans ou éthiopiens. « Dans ces pays, les meilleurs sont repérés très jeunes parmi une masse de pratiquants, puis envoyés dans des centres d’entraînement où l’on "fabrique" littéralement des coureurs, avec des infrastructures dédiées, sur lesquelles on mise énormément, et ce depuis plusieurs décennies. Chaque année, quelques-uns sortent du lot et apparaissent sur le circuit européen », précise-t-il.

Forteresses fragiles

De la même manière, les sportifs ne sont pas épargnés par l’angoisse. Un lieu commun laissant parfois penser que les athlètes ne connaissent pas la peur. En proie au doute, certains d’entre eux peuvent se voir confrontés à des traumatismes qui les paralysent. C’est le cas du skieur spécialiste de descente Antoine Dénériaz (champion olympique de ski alpin aux Jeux olympiques d’hiver de Turin, en février 2006), qui n’a plus réussi à réaliser de telles performances après une lourde chute à Are, en Suède, en mars 2006. Elle le conduira à prendre sa retraite l’année suivante à l’âge de 31 ans, encore choqué par cet accident. « C’est triste mais le corps ne répond plus » : c’est ce qu’a déclaré le demi d’ouverture français Frédéric Michalak à l’issue de la dernière Coupe du monde de rugby en Angleterre, en annonçant sa retraite internationale. Le rugby, spectacle soumis à des cadences de matchs infernales et des combats de plus en plus rugueux, use prématurément les organismes des joueurs au point que certains se mettent à douter et décident de se préserver.

Des travaux, des exemples, des situations qui mettent à mal bien des idées reçues et offrent un point de vue réaliste sur les performances et les conditions de vie des sportifs, qu’ils soient boxeurs, footballeurs, pongistes, rugbymans, skieurs ou coureurs de fond.

Romain Lejeune
Journaliste sportif.

Pour aller plus loin : Manuel Schotté, La Construction du « Talent ». Sociologie de la domination des coureurs marocains, Paris, Raisons d’agir, coll. « Cours et travaux », 2012, 249 p.

Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait.

Mark Twain, écrivain, Pensées et aphorismes (1835-1910)

19 octobre 2015

La technologie au service du corps

Combinaisons intelligentes, prothèses bioniques ou bracelets électroniques font l’objet de nombreuses recherches scientifiques.

Que vous soyez féru de course à pied ou simplement piéton, mesurer ses efforts est, depuis quelques années, devenu un sport national : qu’il s’agisse du nombre de pas effectués dans une journée, des calories brûlées, de son rythme cardiaque, tout est désormais « calculable ». Derrière ces outils en tout genre, notamment disponibles sur les smartphones, se cache un grand nombre de chercheurs. 

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Leur objectif : tirer profit des technologies en faveur du plus grand nombre. « En termes d’innovations technologiques liées au sport, nous pouvons distinguer trois enjeux, analyse Bernard Andrieu, professeur à l’université Paris Descartes, directeur du laboratoire EA 36 25 TEC Techniques et enjeux du corps. Le premier concerne le dopage technologique, avec des équipements qui augmentent la capacité du corps ; il y a ensuite le sport bionique, afin de développer de nouvelles continuités motrices ; et enfin les bracelets d’auto-santé, pour mesurer ses performances. » Trois enjeux encouragés par les industriels, qui financent ces recherches et permettent aux scientifiques de travailler depuis leurs laboratoires. Ainsi, Redha Taiar, professeur à l’université de Reims Champagne-Ardennes et spécialisé dans la technologie des combinaisons de natation, précise par exemple : « Nous travaillons de notre côté sur une idée simple : quand la molécule d’eau arrive sur le textile de la combinaison, nous tentons de rendre le tissu hydrophobe. Le but : que ce tissu n’aime pas l’eau et la rejette, afin que le nageur ne soit pas ralenti par une masse d’eau supplémentaire. »

Mixité sociale

Des travaux très pointus au service de la performance, menés également pour répondre à des problématiques sociales et sanitaires complexes. « Dans une société de plus en plus individualiste, le marché du sport connecté entre le corps vivant et le corps vécu est colossal, argumente M. Andrieu. Cela entre dans un processus de régulation de santé. » Un processus qui entraîne l’élaboration d’outils toujours plus avancés pour mesurer ses propres performances. « Même pour les sportifs amateurs, il est possible de suivre son état physiologique, de relever des données. » Dans le même temps, les réponses sanitaires apportées par ces travaux vont encore plus loin. « Nous travaillons par exemple sur des prothèses mécaniques connectées au système nerveux, poursuit le professeur de l’université Paris Descartes. Il s’agit de rendre une nouvelle continuité motrice à des personnes sorties du mouvement corporel, comme les handicapés moteur. » Des initiatives soutenues et développées en France, mais également aux États-Unis, où l’armée américaine (via la Darpa, Agence pour les projets de recherche avancée de défense), ainsi qu’un grand nombre d’associations, soutiennent la recherche en faveur des nouvelles technologies bioniques. Autant de travaux qui tendent vers une plus grande mixité sociale et sportive entre les personnes handicapées et celles sans handicap. « Une mixité qui, d’ici 20 ans, sera sans doute encore plus visible en France », conclut Bernard Andrieu. Soit d’ici 2035.

En savoir plus sur les travaux de Redha Taiar.

Romain Lejeune
Journaliste sportif.

13 oct. 2015

Aux enfants de l’ovalie

  • Aux enfants de l’ovalie 03:12
  • Alors que s’ouvre la phase finale de la Coupe du monde en Angleterre et au Pays de Galles, des centaines d’enfants, filles et garçons, se sont retrouvés à Arras, de l’autre côté du Channel, pour Scolarugby une grande fête du rugby, organisée par l’USEP et la Fédération française. Il y est question de passe à dix, de respect de l’arbitre, de fair-play, de haka géant et de bonne humeur partagée…

01 oct. 2015

La Ministre et le Champion

  • La Ministre et le Champion 02:19
  • Nicolas Batum, figure emblématique de l’équipe de France de basketball, a été choisi par Najat Vallaud Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, pour être le parrain de l’Année du sport de l’École à l’Université. Son parcours de champion, commencé dans les cours d’école et sur les terrains de l’UNSS, est exemplaire de ce que sera cette Année du sport : goût de l’effort, engagement, sens de la collectivité, respect des règles et dépassement de soi. Interview croisée de la ministre et d’un grand des parquets…

28 septembre 2015

Le sport : un spectacle médiatique

De la Coupe du monde de rugby à l’Euro 2016 de football, le sport connaît une médiatisation croissante depuis la fin des années 1990.

Samedi 19 septembre 2015. À l’occasion de la huitième Coupe du monde de rugby, le Japon bat l’Afrique du Sud après un match haletant. Une issue inédite saluée par les médias, dont le journal Le Monde, qui parle d’une victoire historique. « Si l’on compare le rugby d’il y a 15 ans à celui d’aujourd’hui, c’est le jour et la nuit », constate Hervé Mathoux, journaliste sportif pour la chaîne Canal+, qui a contribué à l’essor de ce sport, en diffusant le Top 14, championnat de référence en France pour les amateurs de rugby. « Lorsqu’une chaîne de télévision jette son dévolu sur un sport, il fait un bond, poursuit le présentateur du Canal Football Club (CFC). Certains sports vont même jusqu’à changer leurs règles pour être plus télégénique. » Parmi eux : au tennis, le tie-break (jeu décisif) a été créé pour débloquer les sets. Au tennis de table, les manches sont passées de 21 points à 11 points. Au volley, les joueurs marquent désormais des points sur tous leurs engagements. « C’est aussi une manière de rentrer dans des créneaux horaires plus acceptables », complète M. Mathoux. 

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En effet, la retransmission d’un sport plus dynamique, plus rythmé, génère automatiquement plus de téléspectateurs, et par conséquent des recettes publicitaires plus importantes. Pour les diffuseurs, c’est une aubaine. Autant d’évolutions qui donnent à ces sports une dimension plus lucrative.

« Que le sport soit entré dans le monde du spectacle est une évidence, mais l’émotion sportive est toujours la même. Le Tour de France est suivi avec la même ferveur que dans les années 1970, mais dans des conditions techniques différentes. »

La médiatisation et ses limites

Une adaptation à laquelle les chaînes de télévision font face à tous les niveaux, comme lorsqu’elles donnent la parole à des anciens sportifs de haut niveau, spécialistes charismatiques connus du grand public. Parmi eux, Philippe Candeloro, champion de patinage artistique et consultant pour France Télévisions, aux côtés de Nelson Monfort. « Être consultant permet de préserver la diffusion des sports que l’on a pratiqués, explique-t-il. Je fais cela par passion et par compassion. Pour les chaînes de télévision, c’est une assurance de résultat supplémentaire. » Une médiatisation accrue, qui trouve parfois son origine dans la performance sportive elle-même. « Les médias français se sont intéressés au patinage artistique lorsque je suis devenu champion d’Europe à Helsinki », se souvient M. Candeloro. Des performances qui rythment le calendrier sportif médiatique, de plus en plus chargé en compétition. « Aujourd’hui, le rythme de la vie est différent, donc le sport s’adapte, ajoute Hervé Mathoux. Le sport ne peut pas rester la seule activité immuable qui ne bouge jamais. » Pour autant, la médiatisation du sport a ses limites. « Lors de la Coupe du monde de football aux États-Unis, en 1994, les Américains ont tenté de mettre la pression sur la Fédération internationale de football (FIFA). Objectif : transformer les deux mi-temps habituelles de 45 minutes en quatre quart-temps plus courts, pour donner plus d’amplitude à la publicité, ce à quoi la FIFA ne s’était pas pliée. La médiatisation n’est pas l’ennemi », conclut M. Mathoux. Surtout lorsqu’elle rend compte du beau jeu, et qu’elle salue les exploits vibrants de tous les amoureux du sport.

Romain Lejeune
Journaliste sportif.

21 sept. 2015

Dribblez jeunesse !

  • Dribblez jeunesse ! 02:58
  • L’Espagne vient d’être sacrée championne d’Europe de basketball 2015 à l’issue d’un tournoi haletant. Mais à quelques encablures du stade Pierre Mauroy de Lille où se déroulaient les phases finales du tournoi, d’autres parquets résonnaient de rebonds, dribbles et autres paniers gagnants. La Fédération française de basketball et les fédérations de sport scolaire (USEP, UNSS et UGSEL) ont organisé en effet, pendant toute la durée de la compétition, des rencontres de « basket à trois » pour les jeunes de la région. L’occasion pour eux de partager d’inoubliables moments et de vibrer à l’unisson de l’événement…

18 septembre 2015

6e Journée nationale du sport scolaire

Najat Vallaud-Belkacem s'est rendue à la Halle Carpentier mercredi 16 septembre pour célébrer la 6e Journée nationale du sport scolaire. La ministre a assisté, en compagnie de Thierry Braillard, secrétaire d'État aux Sports, à des ateliers sportifs organisés par les élèves de l'académie de Paris et des sportifs de haut niveau. Cette journée a été l'occasion de donner le coup d'envoi de l'Année du sport de l'École à l'Université.

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L’ambition de cette « Année du sport » est de valoriser les pratiques sportives de l’École à l’Université dans le but d’améliorer les capacités physiques des jeunes dans la perspective de leur bien-être, de leur santé et de leur développement personnel, de leur permettre d’accéder au domaine de la culture que représente l’ensemble des activités physiques, sportives et artistiques, de faciliter l’intégration en créant du lien social, via les activités physiques et sportives, de contribuer à la réussite scolaire et universitaire et enfin de renforcer la vie associative de la communauté scolaire et universitaire dans son ensemble.

Mais le sport, peut être aussi un levier pédagogique contribuant aux différents domaines de l’enseignement. C’est ainsi qu’au cours de l’année scolaire 2015-2016, des approches croisées du sport permettront de s’en saisir comme d’un objet didactique pour les apprentissages disciplinaires.

Mobiliser le sport scolaire c’est enfin créer ou renforcer du lien avec les parents d’élèves, notamment ceux qui sont les plus éloignés de l’École, développer la pratique physique dans les établissements de l’éducation prioritaire et, chez les filles, améliorer la qualité de la vie étudiante, corriger les inégalités d’accès à la pratique sportive quelles qu’en soient les causes : territoriales, sociales, sexuées, culturelles ou bien liées à un handicap.

Cette ambitieuse opération nationale de promotion du sport pour tous se déploiera tout au long de l’année en métropole et en outre-mer, mais également dans les établissements français de l’étranger.

 

 

Le sport va chercher la peur pour la dominer, la fatigue pour en triompher, la difficulté pour la vaincre.

Pierre de Coubertin, Fondateur des Jeux olympiques modernes

16 septembre 2015

Année du sport, c’est parti !

L’année 2015-2016 sera marquée par l’organisation en France de grands événements sportifs tels que l’Euro de basket, les championnats d’Europe de cross-country, les championnats d’Europe de badminton et l’Euro  de football. En prenant appui sur ces différentes manifestations, le ministère de l’Éducation nationale souhaite mettre en avant le sport comme vecteur des valeurs éducatives et citoyennes à l’école, et hors de l’école, avec un large réseau associatif qui donne à chacun la possibilité de découvrir et de pratiquer une multitude d’activités. Ces douze mois sous le signe du sport doivent permettre de souligner que le sport et l’école s’appuient sur les mêmes valeurs : le goût de l’effort, la persévérance, la volonté de progresser, le respect des autres, de soi et des règles.

« Les pas ne conduisent pas seulement vers le but ;
chaque pas est un but. »

Alain, philosophe, Les Aventures du cœur (1945)

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