Spectacle “Le Cabaret du Poilu”

La grande guerre racontée et chantée avec humour, gravité, émotion…

Le “Cabaret du Poilu ” est un spectacle labellisé “Centenaire

La fête bat son plein, nous sommes à la Belle Epoque. Soudain les cloches sonnent et le monde bascule dans l’horreur… 

Mêlant le répertoire du café-concert du début du 20e siècle à celui des tranchées et de la chanson française, ce cabaret évoque avec humour et émotion la guerre de 14/18. Il en retrace le déroulement de Sarajevo à Rethondes et raconte la vie sur le front ou à l’arrière, le destin singulier de plusieurs personnalités…

Chansons en barre est une troupe de chanteurs/comédiens et de musiciens, dont l’originalité est de mêler la musique au théâtre, d’explorer avec humour et fantaisie la chanson à travers différents thèmes.Ils créent un ensemble de numéros chantés, drôles et pétillants, parfois émouvants, entrecoupés de transitions théâtrales.

De la bonne humeur et de l’émotion à l’état pur.” L’Est Républicain

“Ces mélodies enchainées avec un enthousiasme communicatif ont su évoquer le sentiment d’impuissance face à cette effroyable boucherie et l’espoir irrépressible des lendemains qui chantent”. Le Dauphiné libéré.

La Compagnie envisage une tournée en Limousin, dans l’attente de plus de précisions sur les lieux et les dates du spectacle, nous vous invitons à le découvrir sur le site de la Compagnie sans Lézard

Le conflit 14-18 en Limousin

Ce diaporama, réalisé à partir d’extraits du journal d’un Limousin qui fut acteur et témoin de la guerre 14-18 évoque le vécu des combattants sur le front.

Il retrace le départ en masse des soldats en 1914 et situe les ressources militaires du Limousin au moment du conflit.

La vie à l’arrière est évoquée, ainsi que le retour des blessés avec les traumatismes physiques et moraux engendrés par les combats.

Il se clôt sur un bilan : celui des pertes avec leur traduction sur d’innombrables monuments aux morts dans toutes les communes du Limousin.

Cette production du CRDP du Limousin a été réalisée pour les cérémonies du 11 novembre 1988 afin d’accompagner une exposition sur la Première Guerre mondiale présentée à Limoges au pavillon du Verdurier.

Co-Production : Office National des Anciens Combattants, Direction départementale ACVG, CRDP du Limousin

Réalisation : Robert Deconchat, 1988.

Durée : 10 minutes.

Sauvegarde à partir d’une cassette VHS : Dominique Larcher, 2017.

 

1638 Morts pour la France de Haute-Vienne en 1917

1917 : l’échec de l’offensive Nivelle et l’attente des Américains

” Le visage de la guerre au début de 1917 n’a pas beaucoup évolué par rapport à celui qu’il offrait au monde au début de 1915, quand l’apparition des tranchées avait divisé l’Europe en deux camps armés. (…). En France, aucun changement n’est intervenu. Les endroits où les armées se sont battues en 1914, à savoir l’Yser, les bas plateaux flamands, la crête de Vimy, les hauteurs calcaires de la Somme, l’Aisne et le Chemin des Dames, la Meuse à Verdun, les forêts de l’Argonne, les montagnes de l’Alsace, demeurent les points d’ancrage de la ligne de tranchées.” Source : La Première Guerre mondiale, John Keegan, éditions Perrin, septembre 2013, page 381.

L’enlisement sur le terrain ne signifie pas absence de changement, au contraire l’année 1917 est riche en bouleversements au niveau des hommes et des idées. Le général Nivelle qui en France a remplacé le maréchal Joffre au commandement suprême promet une rupture décisive du front… Malgré l’usage très intensif de l’artillerie, l’offensive du Chemin des Dames déclenchée le 16 avril est un terrible échec, c’est “le massacre de trop” (1). Dans les semaines qui suivent éclatent des mutineries dans l’armée française, une “grève des tranchées” qui traduit une immense lassitude de la guerre. Dès le 29 avril, le général Nivelle est remplacé par le général Pétain qui sera amené à prendre des mesures pour rétablir le moral des troupes et à adopter une stratégie défensive en attendant que les troupes américaines, qui débarquent en France depuis l’entrée en guerre des États-Unis le 6 avril, ne soient opérationnelles.

On retiendra également de cette année 1917, que dans les deux camps, les populations aspirent à la paix, mais que toutes les initiatives dans ce sens vont échouer car les gouvernants ne sont pas prêts à faire des concessions pour y arriver. Mais dans une Russie épuisée par le conflit, la crise politique s’aggrave et se transforme en révolution en février et en octobre 1917. Les bolchéviques qui ont pris le pouvoir proposent un armistice aux puissances centrales et ouvrent des négociations de paix. La sortie de la Russie de la Première Guerre mondiale permet à l’Allemagne de transférer la plupart des divisions à l’est vers le front occidental, dans la perspective d’une grande offensive au printemps 1918.

(1) Titre du chapitre pages 135-164 du livre de Jean-Yves Le Naour  : 1917, la Paix impossible. Éditions Perrin, octobre 2015.

Une année relativement moins meurtrière

Pour les soldats de Haute-Vienne, l’année 1917 est la moins meurtrière depuis le début de la Grande Guerre : avec 1638 Morts, elle se situe à des niveaux deux fois inférieurs à ceux de 1914 et 1915, et à près de 30% de moins de celui de 1916. Mensuellement, 87% des pertes se concentrent sur les 8 mois de l’année qui vont de mars à octobre, avec en particulier un bond en avril à 388 Morts lors de l’offensive Nivelle.

Les dates de décès

Quand on se penche sur le détail des pertes journalières, on comptabilise 40 jours sans Morts (essentiellement pendant les mois d’hiver) contre seulement 7 en 1916. À l’opposé, le 16 avril 1917, jour du déclenchement de l’offensive Nivelle, est le plus meurtrier de l’année avec 78 Morts. Il est  suivi par le 20 août 1917 qui de façon isolée enregistre 45 Morts lors du lancement de la seconde bataille de Verdun. Les trois autres jours à plus de 30 Morts se situent dans le prolongement de la bataille du Chemin des Dames, les 17 et 19 avril et le 5 mai.

Les lieux de décès

Les départements de décès reflètent les lieux des principales batailles de l’année. Sur le premier semestre 1917, les 1003 Morts se concentrent sur deux départements : l’Aisne avec 382 Morts (38,1%) et la Marne avec 367 Morts (36,6%).

Sur le second semestre, le nombre de Morts est moins important et il est plus dispersé dans l’espace : la Meuse enregistre 204 Morts (32,1%), viennent ensuite l’Aisne avec 149 Morts (23,4%) et la Marne (12,9%).

On notera la présence de quelques Morts à l’étranger, en captivité en Allemagne où dans les combats qui se déroulent dans les Balkans (Serbie, Grèce, Macédoine), ainsi que dans le réduit encore libre de la Belgique (31 Morts au second semestre, soit près de 5% du total de la période). Les troupes franco-anglaises envoyées à partir de novembre 1917 pour soutenir l’allié italien, suite à la très lourde défaite de Caporetto, ne se soldent que par 3 Morts. Il faut cependant y ajouter ceux de  la plus grande catastrophe ferroviaire en France qui s’est produite dans la nuit du 12 au 13 décembre 1917 à Saint-Michel-de-Maurienne en Savoie et qui a vu un train de permissionnaires de retour du front italien dérailler, s’écraser et prendre feu entrainant 22 Morts pour les soldats de Haute-Vienne (sur un total officiel de 425 Morts).

Les 28 principaux lieux de décès se situent pour la plupart sur la ligne de front de l’année 1917 : on y trouve les principaux lieux de combats dans l’Aisne liés à l’offensive Nivelle (Vauxaillon, Craonne, les plateaux de Laffaux et de Vauclerc, le Chemin des Dames, Berry-au-Bac, Cerny et Ailles) ; dans la Meuse il s’agit de la seconde bataille qui se déroule à l’avant de Verdun (bois d’Avocourt, Bois des Caurières, Champneuville, Esnes) ; dans la Marne on retrouve des lieux tristement célèbres depuis le début du conflit (fort de la Pompelle, Saint-Hilaire-le-Grand, butte de Souain) et ceux liés à la bataille des monts de Champagne le long du massif de Moronvilliers (Prosnes, Aubérive, Mont Cornillet, Mont sans Nom, Mont Haut). À l’arrière du front, on trouve les blessés et malades décédés dans les hôpitaux de Limoges, Soissons et Châlons-sur-Marne et le cas particulier de l’accident de chemin de fer de Saint-Michel-de-Maurienne.

La bataille du Chemin des Dames du 16 avril au 24 octobre 1917

La bataille des Monts de Champagne du 17 avril au 20 mai 1917

La seconde bataille de Verdun du 20 août au 18 septembre 1917

Les régiments des Morts de Haute-Vienne

Dans la répartition des Morts selon les types de régiments, on retrouve l’idée que l’on meure d’abord dans l’infanterie au sens large (active, réserve, territoriale, chasseurs, coloniaux), mais il y a une tendance au recul de cette part dominante : 85% des décès en 1917, contre 90% en 1916 et plus de 94% en 1915. En contrepartie il y a une augmentation de la part des Morts dans l’artillerie qui passe à près de 8% en 1917, contre moins de 2% en 1915, car cette arme est de plus en plus massivement utilisée dans les batailles. Cette augmentation se retrouve aussi au niveau des Morts des régiments du génie, mais dans une moindre ampleur : 2,6% en 1917 contre 1,9% en 1915. Plus significativement, on retiendra la recomposition des proportions au sein de l’infanterie : la part des Morts dans l’infanterie d’active recule alors que celles de l’infanterie de réserve et de l’infanterie territoriale augmentent. Avec le prolongement de la guerre, les classes les plus jeunes s’épuisent et on est obligé de mettre en première ligne des soldats plus âgés.

L’observation sur l’âge des soldats décédés et la nature des régiments se retrouve dans le détail des 28 régiments qui comptent plus de 10 Morts en 1917. Aux deux premiers rangs on trouve deux régiments de réserve de Haute-Vienne : le 338e RI de Magnac-Laval avec 46 Morts et le 278e RI de Limoges avec 38 Morts qui sont tombés principalement à Vauxaillon et à Laffaux lors de l’offensive Nivelle. On note également les pertes du 89e RIT de Limoges lors de combats à Sillery dans la Marne et à Verdun, et celles du 90e RIT de Magnac-Laval lors de combats au fort de la Pompelle. On remarquera que l’artillerie est présente dans ce classement avec les 14 Morts du 112e RAL. Les autres régiments de la liste sont essentiellement des régiments d’active dont les dépôts de situent en Limousin, dans le reste du sud-ouest ou dans des casernes à proximité du front.

► Pour consulter le détail des statistiques sur lesquels reposent les graphiques téléchargez le document Excel 1917 MPF HV

Limoges et la Grande Guerre

Les effets de la Grande Guerre sur une ville de l’arrière comme Limoges

Un article sur le blog “Ici c’est Limoges ” de Laurent Bourdelas, historien et écrivain, auteur de L’Histoire de Limoges (Geste Editions) qui propose des posts sur l’histoire de la ville qu’il connaît intimement. Anecdotes, souvenirs, singularités, récits, fantaisie… Un véritable plaidoyer pour un limogeage.

Il relate l’atmosphère dans la ville au moment de la mobilisation en août 1914, les articles hostiles à la guerre parus dans le Populaire du Centre, le parcours des régiments limousins appartenant au XIIème corps d’armée, le “limogeage” d’officiers par Joffre, l’accueil de blessés et de prisonniers allemands, l’impact sur les industries locales, la liesse populaire suite à l’armistice du 11 novembre 1918, les étapes de l’édification du monument aux morts de Limoges…

► lien vers l’article : https://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/ici-c-est-limoges/2017/02/20/limoges-et-la-grande-guerre-1914-18.html

La Grande Guerre a tué dans tous les milieux sociaux

Cet article* propose deux illustrations tirées de la liste des 3003 Morts pour la France de Limoges : Firmin Tarneaud (1894-1914), engagé volontaire et fils de banquier ; Henri Dumont (1882-1918), syndicaliste et fils d’ouvrier.

donte-ses-14

* Il n’est présenté ici que des extraits de l’article paru en intégralité dans la revue D’Onte ses ? du Cercle de Généalogie et d’Histoire des Marchois et Limousins (CGHML), n°14, automne-hiver 2016.

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