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Artesanías et objets de fête

Découverte du monde - pratiques artistiques et histoire des arts - français / cycle 2

Par Barbara Samuel, professeure des écoles

DOCUMENTS

Squelettes du jour des Morts

DOC A Squelette en papier mâché pour le jour des Morts. Michoacán, Mexique.

DOC B Diego Rivera, Le Jour des Morts, 1923-1924. Mexico, secrétariat de l’Éducation publique.

La piñata des anniversaire et les posadas

DOC C Diego Rivera, La Piñata, 1953. Mexico, hôpital des enfants Francisco-Gomez.

DOC D Fabrication d’une piñata.

« Les murs doivent être comme des livres »

DOC B Diego Rivera, Le Jour des Morts, 1923-1924. Mexico, secrétariat de l’Éducation publique.

DOC C Diego Rivera, La Piñata, 1953. Mexico, hôpital des enfants Francisco-Gomez.

Fiestas, danses et masques

DOC E Danseur chinelos au carnaval de l’État de Morelos.

Costumes traditionnels

DOC F Vêtements traditionnels portés pour la fête de Guelaguetza au mois de juillet.

Peintures sur écorce et codex

DOC G Codex indien, civilisation maya. Mexico, musée national d’Anthropologie.

DOC H Peinture sur papier d’écorce de ficus ou amate.

ANALYSES DES DOCUMENTS

Squelettes du jour des Morts

Au Mexique, certains objets artisanaux sont fabriqués à l’occasion d’événements spécifiques. Le jour des Morts (el día de los Muertos en espagnol) se déroule sur deux jours, les 1er et 2 novembre, ce qui correspond aux fêtes chrétiennes de la Toussaint et de la Commémoration des fidèles défunts. Mais les festivités durent beaucoup plus longtemps, comme dans les traditions précolombiennes qui en sont à l’origine. Inscrit par l’Unesco au patrimoine mondial immatériel, le jour des Morts est l’une des plus grandes fêtes du Mexique, célébrée en musique dans l’allégresse, à grand renfort de nourriture et de boisson, de décorations aux couleurs vives et de nombreuses représentations caricaturales de la mort.
Dès le 1er novembre, les familles se rendent dans les cimetières pour visiter leurs ancêtres. Les tombes sont nettoyées puis décorées avec des fleurs – appelées zempaxuchitl – de couleur jaune ou orange, considérées depuis les Aztèques comme les favorites des morts. Le soir venu, chaque famille reste dîner sur les lieux mortuaires à la lumière des bougies. Sur les tombes et les autels sont disposés les plats préférés des morts, ainsi que de la tequila et des calaveras (crânes), friandises en forme de tête de mort au sucre ou au chocolat richement décorées et très appréciées des enfants. Elles symbolisent à la fois la mort et la renaissance. Le lendemain, les âmes des défunts descendent rendre visite aux vivants regroupés sur ces lieux. Ces rites remontent à environ trois mille ans. À l’époque préhispanique, des crânes étaient conservés comme trophées de guerre et exhibés lors de rituels pour symboliser la mort et la renaissance.
Quelques jours avant la fête, les familles construisent des autels dans leurs maisons tandis que les artisans vendent des figurines, en papier mâché, en carton ou en terre, représentant des cercueils miniatures, des squelettes de taille humaine dans des postures et des situations de la vie quotidienne : mineurs au travail avec leurs pics et leurs wagonnets ; orchestre de mariachis ; squelettes en papier mâché et fil de fer donnant la sérénade ; démon-squelette poursuivant un livreur de journaux-squelette, les deux circulant en vélo ; mexicain stéréotypé portant moustaches et sombrero (doc A). Ces innombrables objets sont produits avec une inventivité constante et déclinés à l’infini avec un luxe extraordinaire de couleurs et de détails. • Proposer l’activité 1 dans TDC, « Le Mexique », n° 1009, 1er février 2011, p. 32.

La piñata des anniversaire et les posadas

Le papier mâché, l’une des techniques les plus populaires de l’artisanat mexicain, sert à la confection de toutes sortes d’objets, notamment des masques et des piñatas remplies de sucreries et de petits cadeaux. L’anniversaire d’un enfant mexicain est incomplet s’il n’est pas fêté avec cette grosse figure de papier mâché en forme d’étoile, d’animal ou de fruit, peinte de couleurs vives et construite autour d’un pot de terre, d’un moule ou d’un ballon. Les yeux bandés, les enfants doivent tourner plusieurs fois sur eux-mêmes afin de perdre la notion de l’espace et rendre le jeu plus difficile. Chacun à son tour, encouragé par une chanson typique, tape avec un bâton sur l’objet de convoitise suspendu à une corde jusqu’à ce qu’il se brise et déverse les jouets et les friandises qu’il contient.
Les piñatas sont également brisées après les processions précédant la fête de Noël, les posadas (auberges), qui se déroulent entre le 16 et 24 décembre. Elles représentent les neuf étapes du voyage de Marie et de Joseph partis de Nazareth jusqu’à Bethléem où naquit Jésus, et durant lequel ils demandèrent l’hospitalité à de bons Samaritains. Mais casser la piñata n’est pas qu’un simple jeu. Les sept pointes de sa forme en étoile représentent les sept péchés capitaux. En la frappant, le péché est symboliquement combattu et la tentation chassée. Le bâton représente la force spirituelle contre le mal, et le bandeau la foi aveugle. Les friandises répandues sur le sol symbolisent l’amour de Dieu et l’abondance. Traditionnellement, l’enfant aux yeux bandés doit tourner trente-trois fois, ce qui représente les années de vie du Christ. • Proposer l’activité 2 p. 32.

« Les murs doivent être comme des livres »

Diego Rivera, né en 1886 à Guanajuato, fait partie des peintres muralistes qui représentèrent l’histoire du Mexique sur les bâtiments les plus importants du pays (écoles, universités, palais, bâtiments publics) en revalorisant la culture indigène, l’héritage précolombien et la révolution. Ses œuvres sont conçues pour être exposées non pas dans des galeries et des musées mais dans des endroits publics. Son art est ainsi au service du citoyen et de ses revendications sociales. Il est conçu comme un retour aux sources, mettant en valeur le peuple et ses traditions, tout en exaltant la dynamique du progrès. Rivera témoigne ainsi de grands événements populaires, tels la fête des Morts (doc B), les fiestas ou le rituel de la piñata (doc C). En reprenant la technique de la fresque sur les murs des temples et sur les tombes faite à la détrempe, chère aux Précolombiens, il fit renaître un art et une peinture typiquement mexicains. On estime qu’il aurait peint, tout au long de sa vie, plus de quatre kilomètres de fresques ! • Proposer l’activité 1 p. 32.

Fiestas, danses et masques

Comme la plus grande part de l’artisanat mexicain, la fabrication et le port des masques remontent à l’ère précolombienne. Portés lors des danses de cérémonies ou des rites chamaniques à des fins religieuses ou magiques, ils représentent des animaux réels, notamment le tigre, ou mythiques, des personnages ou créatures divers, tel le Christ, auxquels s’identifie le porteur. D’autres, très prisés des Indiens, figurent des Européens moustachus, au teint pâle et aux grands yeux. Ces danses diffèrent d’une région à l’autre et ont parfois perdu leur signification d’origine, mais elles sont souvent encore associées à la fertilité ou à l’éloignement des ennemis et des forces maléfiques.
Fabriqués en bois, en papier mâché, en terre ou en cuir, les masques sont généralement peints et agrémentés de plumes, de poils, ou de dents. Mais il en existe également à usage purement décoratif, destinés à être accrochés aux murs. Les danseurs chinelos, qui participent au carnaval de l’État de Morelos de la fin février ou du début mars, parodient le plus souvent les colons espagnols des XVIe et XVIIe siècles. • Proposer l’activité 3 p. 32.

Costumes traditionnels

La Guelaguetza, fête célèbre de l’État d’Oaxaca, à quelque 250 km au sud de Mexico, dont le nom signifie « cadeau, entraide et coopération » en langue zapotèque, est célébrée chaque année par des milliers de personnes. Elle tire son origine d’un rite précolombien en l’honneur des divinités du maïs et du vent, célébré chaque année sur le Cerro del Fortín, la colline au nord d’Oaxaca. Les deux lundis qui suivent le 16 juillet, des danseurs magnifiquement costumés, provenant des sept régions de l’État, célèbrent cette fête en exécutant une série de danses traditionnelles avant de lancer des offrandes à la foule. Les fruits, les paniers, le pain et les grains de café sont le symbole de la bonne humeur générale, du partage et de l’échange. Cette célébration met à l’honneur la diversité des traditions et des cultures : les femmes exécutent la pittoresque « danse de l’ananas » et la majestueuse danse des plumes zapotèque symbolisant la conquête espagnole.
Le costume traditionnel, les danses folkloriques et les produits jetés à la foule par les danseurs diffèrent d’une région à l’autre, d’un village à l’autre. Signe d’appartenance communautaire dont la variété et la richesse sont immenses, la réalisation de ces vêtements requiert une somme de travail considérable et fait appel à un savoir-faire ancestral. En effet, les méthodes de fabrication ainsi que les motifs ornementaux n’ont pas beaucoup changé depuis l’ère précolombienne. Quatre types de vêtements féminins étaient en usage bien avant la conquête espagnole. Le huipil est une tunique brodée rectangulaire sans manches, en coton ou en laine, de longueur variable selon les régions et surtout portée dans la moitié sud du pays. Certaines d’entre elles sont couvertes de formes stylisées animales, humaines, végétales ou mythiques dont la réalisation demande des mois de travail. Le quechquemetl est un petit poncho sans manches, en laine ou en coton, entièrement brodé, que les femmes mettent sur leurs blouses. Il est porté dans le centre et dans le nord du pays. L’enredo est une jupe enroulée autour de la taille que l’on voit à peine si on la porte sous le huipil, et la faja est la ceinture large qui maintient l’enredo. Les missionnaires espagnoles ont introduit les corsages, jugeant le quechquemetl impudique lorsqu’il était porté sans huipil. Ils sont brodés avec autant de soin que les vêtements traditionnels. Le rebozo, apparu également à l’époque espagnole, est un long châle en coton, laine ou soie, qui couvre les épaules ou la tête. Il permet également aux Indiennes de porter confortablement leurs enfants dans le dos, ou de transporter des objets. • Proposer l’activité 3 p. 32.

Peintures sur écorce et codex

La peinture sur papier fabriqué à partir d’écorce de ficus (amate) fait partie de l’héritage préhispanique. Aujourd’hui, ce sont les femmes qui fabriquent le papier selon des techniques perpétuées à travers les siècles : une fois l’écorce bouillie, elles étendent les fibres et les battent jusqu’à ce qu’elles fusionnent. Le « papier » ainsi obtenu est ensuite séché au soleil et vendu principalement aux Indiens Nahuas, qui composent des peintures sur écorce dans l’État méridional du Guerrero depuis les années 1960. Ces dernières représentent des scènes villageoises très détaillées et vivement colorées (doc H).
À l’époque précolombienne, l’amate servait à la réalisation de livres manuscrits mayas ou aztèques, les codex, composés d’inscriptions pictographiques dessinées et peintes selon un code très précis pour en faciliter la lecture. Leur forme en accordéon permettait de lire d’un côté comme de l’autre. De véritables bibliothèques de codex existaient avant la conquête espagnole. De nombreux ouvrages ont été détruits par l’empereur aztèque Itzcoatl, qui souhaitait réécrire l’histoire mexicaine sous un jour plus favorable aux Aztèques, puis par les prêtres espagnols qui les jugeaient démoniaques. Aujourd’hui, il en subsiste peu. Ces manuscrits préhispaniques sont essentiellement des calendriers aux indications astrologiques (doc G). Les scribes qui les rédigèrent étaient experts en astronomie. À l’aide de calculs mathématiques sophistiqués, ils parvenaient à déterminer les mouvements du ciel nocturne sur des milliers d’années dans le passé et dans le futur. Ils savaient également prédire les éclipses du soleil et le temps que met la lune pour tourner autour du soleil. • Proposer l’activité 4 p. 32.