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Colloque Cdidoc-fr  - 29 et 30 octobre 2001, CRDP de Bretagne

Le contexte de la prise de la parole

Construire de l'information permet à chacun de lever des incertitudes et de développer ainsi un peu de pouvoir sur son environnement. Nous définissons par information le savoir que l'usager de sources documentaires construit et qui peut lui être utile dans la maîtrise de son environnement, ce savoir contribue à construire du sens.
Dans le système éducatif, les professionnels d l'information (qui ne sont pas seulement des documentalistes) se situent dans le jeu des médiations entre les sources documentaires et l'utilisateur pour que celui-ci développe des stratégies d'appropriation des données. Quelle identité pour ces professionnels : "l'identité - dirait Pierre TAP - est un précipité actuel et provisoire" L'identité, qu'elle soit personnelle ou professionnelle évolue dans un jeu d'interactions permanentes entre soi et le milieu environnant. Certes il reste un socle permanent, mais si le contexte change en principe à moins d'être psycho-rigide le professionnel bouge.

A - Tout bouge

1) L'environnement éducatif se complexifie

Les trois dernières décennies ont vu évoluer les finalités du système éducatif. L'objectif de massification a entraîné la mise à disposition de l'information pour le plus grand nombre dans les établissements scolaires, l'élaboration d'outils standardisés tels que l'auto documentation de l'ONISEP et une recherche d'exhaustivité dans les apports d'informations.

Les années 1980 et les courants porteurs de différenciation pédagogique ont mis l'accent sur l'autonomie de l'élève, la nécessité de l'espace de liberté et de prise de responsabilités. Les situations pédagogiques de type "expérientiel" sont recherchées. La conception actuelle de la réussite scolaire centrée à la fois sur l'acquisition de savoirs et sur l'éducation des comportements impose aux établissements des ressources documentaires au service des 3 missions : - la mission d'enseignement - la mission éducative et d'ouverture culturelle - la mission d'orientation et d'insertion.

2) Le support documentaire évolue

L'outil, la source documentaire évolue dans sa forme, nous connaissons le papier, l'audiovisuel, le multimédia, ceci en référence à nos modes culturels de transmission des savoirs = le mode de l'oral, celui de l'écrit et l'actuel de type informatico-médiatique ; mais un mode ne chasse pas l'autre et c'est tout l'intérêt du croisement et de la confrontation des sources documentaires qui permettent des combinaisons du dire, de l'écrire et du créer.

3) Les usagers ne sont plus ce qu'ils étaient

La population scolaire s'est diversifiée, ce à tous les niveaux d'enseignement.

L'acte d'enseigner n'est plus seulement la transmission frontale de savoirs mais l'accompagnement de l'élève, de l'apprenant, dans sa construction de savoirs.

Les usagers des CDI se situent au cœur de réseaux de mutualisations possibles. Les usagers sont non seulement des élèves mais des enseignants, des adultes de la formation continue ou des dispositifs d'insertion et parfois des parents.

B - L'identité des professionnels de l'information

1) Des pédagogues de l'information

Nous attendons dans le contexte évoqué précédemment que les enseignants documentalistes notamment (mais aussi les COP et autres professionnels) soient capables de concevoir des situations pédagogiques qui permettent l'accès aux sources, qui facilitent le traitement de l'information et qui permettent d'en vérifier l'appropriation. Cela veut dire être centré sur le parcours et les stratégies d'apprentissage des élèves ; ceci nous amène à revoir les méthodologies de recherche qui seraient trop déconnectées des contenus disciplinaires ; des points méritent d'être particulièrement précisés : la prise en compte des représentations, le rôle du groupe, des interactions, la place de la production finale pour soi et/ou pour autrui.

2) La connaissance, la maîtrise des outils

Cela suppose rigueur et vigilance par rapport aux principes de base de la gestion d'un fonds documentaire, c'est aussi une veille permanente et une actualisation des connaissances. Il s'agit aujourd'hui de situer le CDI dans un réseau ressources et de contribuer à son utilisation optimale. Nous devons ensemble identifier ce qui relève des incontournables technologies pour les professionnels de la documentation et ce qui relève du bon fonctionnement des nouvelles technologiques au niveau de l'établissement dans son ensemble.

3) Un travail d'équipe

Il s'agit de concevoir, construire, faire vivre le projet documentaire de l'établissement au service des apprentissages des élèves. Cela ne peut se faire qu'avec les enseignants de discipline, les COP, le CPE, etc ..... sous la responsabilité du chef d'établissement. Mais l'expert, le chef de projet, c'est le documentaliste, c'est à lui qu'il appartient : - d'identifier le public, les usagers, leurs besoins - d'analyser l'activité du CDI - de partager.

Il s'agit peut-être de sortir d'une démarche de servitudes pour entrer dans une logique de projet de service. C'est sortir d'une logique de programmes d'activités pour entrer dans une logique de continuité des apprentissages des élèves en développant les liaisons inter - cycles.

En conclusion

Le professeur documentaliste est-il enseignant ? ou chef de projet en documentation ou plutôt en sciences de l'information ? ou les deux à la fois. C'est une situation problème qui devrait faire avancer.

Comment transformer une question en opportunité de progrès pour l'ensemble du système éducatif ?

Fait à Rennes, le 13 mars 2002

 

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