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Laurence Guillaume est professeure-documentaliste au collège et lycée Notre Dame de la Compassion de Pontoise-Jouy-le-Moutier. Elle explique à travers son témoignage l’utilisation actuelle qui est faite des deux liseuses Bookeen dont le CDI a récemment fait l’acquisition ainsi que les perspectives d'exploitation pour l'an prochain.

Laurence Guillaume : J'exerce dans un établissement privé (cité scolaire d'un quarantaine de classes, de la 6ème à la terminale) et les deux liseuses dont nous disposons avec ma collègue au CDI nous ont été fournies par l'association de parents d'élèves avec laquelle nous avons organisé une semaine de la lecture [1] en mars 2015.

Nous avons choisi des liseuses de type Bookeen muse Frontlight avec éclairage que nous avons pu obtenir au prix de 100€ (au lieu de 120€) sur le salon du livre de Paris. Ce modèle était conseillé par le groupe Facebook des bibliothécaires [2] essentiellement pour deux raisons : à la fois parce qu'il s'agit d'un produit fabriqué en France mais également parce que le format de fichier utilisé n'est pas propriétaire (acte militant anti-amazon). De plus, c'est le même modèle que prête la bibliothèque (BEI) de Cergy Pontoise et j'ai donc pu le tester préalablement.

Les liseuses sont à disposition des élèves lorsqu'ils viennent au CDI mais nous ne les prêtons pas car nous n'en avons que deux et craignons que cela soit compliqué à gérer.

Concrètement, nous présentons rapidement les liseuses en début d'heure aux élèves et expliquons leur fonctionnement. Je leur montre l'objet, explique ce qu'est une liseuse et ce qui la différencie notamment d'une tablette. Si un élève souhaite emprunter une liseuse, je lui montre comment accéder à la liste des livres et comment « tourner » les pages.

Nous avons placé une des liseuses sur un présentoir en indiquant la liste des trois derniers titres acquis.

Comme nous n'avons pas beaucoup de place et ne pouvons avoir tous les classiques, les proposer au format numérique nous paraissait pertinent. Nous avons donc mis à disposition des élèves sur Esidoc des liens vers des livres gratuits, ce qui nous a permis de compléter notre fonds. Nous avons aussi installé Les contes de Grimm pour une élève qui souhaitait les lire car ils n'étaient plus disponibles au format papier au CDI. Nous utilisons la bibliothèque de livres numériques Lili [3] pour retrouver des titres tombés dans le domaine public.

Nos liseuses contiennent actuellement vingt classiques, vingt titres des éditions Bragelonne [4] qui étaient fournis avec les liseuses ainsi que cinq livres jeunesse récents que nous avons achetés. Les livres numériques proposés font l'objet d'une saisie dans la base documentaire et sont accessibles via le portail Esidoc [5].

Les ebooks sont financés sur le budget du CDI à raison de deux à trois acquisitions par mois. Nous installons toujours des livres au format epub reconnu pour sa meilleure adaptation visuelle et fonctionnelle au support de lecture : taille de l'écran, capacités d'interaction, etc. Seul le dossier Charlie que nous avions téléchargé en janvier sur le site des éditions PlayBac [6] est en PDF. Les livres achetés sont protégés par DRM, ce qui n'est pas le cas des livres du domaine public.

Pour plus de souplesse, et en accord avec le service comptabilité, j'achète les livres numériques sur Decitre.fr et me fait rembourser par l'établissement dans les jours qui suivent.

Nous avons pour le moment fait le choix d'auteurs que les élèves connaissaient déjà et appréciaient : Mismy Pocket et les enfants sans nom d'Arrou-Vignod, Terre Dragon d'Erik Lhomme (tome 1 et 2), Percy Jackson et les dieux grecs de Rick Riordan (série que nous n'avions pas et qui nous avait été demandée par les élèves) et tentons la série Jonah de Taï-Marc Le Thanh.

Nous nous sommes longuement posé la question d'acheter au format numérique des livres qui existent maintenant en format poche tel La guerre des clans qui nous a souvent été demandé et que nous avions envie de mettre sur liseuse car certains titres valent parfois moins chers en format poche qu'en numérique. Mais, il y a beaucoup de tomes et nos étagères craquent de toute part. Aussi, nous avons estimé qu'il était préférable et plus logique d'acheter une série complète dans un format unique (papier ou numérique).

Les liseuses sont utilisées une heure sur trois environ mais du fait que les élèves explorent le contenu des liseuses et feuillètent beaucoup, il nous est difficile de savoir ce qui est lu. Pour recueillir l'avis des utilisateurs, nous avons récemment lancé une enquête [7].

L'an prochain, nous comptons présenter les liseuses aux classes de 6ème espérant ainsi les promouvoir davantage et éventuellement en acheter trois de plus car chaque livre acheté peut être installé sur six supports : notre ordinateur et cinq liseuses. Pour le moment, nous n'avons pas envisagé d'utilisation pédagogique spécifique mais nous réfléchissons à l'écriture par une classe d'un livre numérique que nous pourrions mettre sur les liseuses.

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