Vous êtes ici :

Recevoir un auteur à l'occasion d'un Salon du livre

Par Anne Welker, documentaliste au CDDP du Haut-Rhin,
[mars 2011]

Mots clés : incitation à la lecture , auteur

  • Google+
  • Imprimer

Entretien avec Aura Meyer, documentaliste, coordinatrice du Groupe de Secteur de Colmar.

Chaque année à l'occasion du Salon du livre de Colmar, les documentalistes du secteur ont la possibilité de recevoir un ou plusieurs auteurs dans leur établissement. Comment le projet s'est-il mis en place ?

Aura Meyer : Dès la création du Salon du livre, il y a 21 ans, les documentalistes se sont associés au Salon du livre. Un fort partenariat s'est tissé avec la bibliothèque municipale.

Comment travaillez-vous avec la bibliothèque ? A partir de quelle période engagez vous le projet ?

Aura Meyer : Les bibliothécaires nous proposent dès le mois de juin une liste d'auteur. Nous nous réunissons à cette occasion afin qu'elles nous présentent les auteurs, leurs œuvres, le niveau adapté.
Cette liste n'est qu'une pré-seléction.  Nous obtenons la confirmation de la venue de l'auteur qu'aux mois de septembre-octobre. Il est arrivé que nous commencions à faire des acquisitions d'ouvrages puis d'avoir une annulation. Cependant, le Salon ayant lieu  chaque année, avec un certain nombre d'auteur habituels, ces livres ne sont jamais perdus, le projet est simplement reporté. C'est l'avantage d'une manifestation menée chaque année.

Le Salon a lieu mi-novembre, il vous reste donc un peu plus de deux mois pour préparer la venue de l'auteur. Est-ce suffisant du point de vue pédagogique ?

Aura Meyer : Oui, la question de la date du Salon a plusieurs fois fait l'objet de discussion. Personnellement, je trouve que le mois de novembre est une bonne période. En Alsace, c'est la saison froide pendant laquelle on apprécie les activités à  l'intérieur. Notre public est mieux disposé à la lecture qu'aux mois d'été...

Combien d'auteurs vous sont-ils proposés ? Combien d'établissements en bénéficient ?

Aura Meyer : Une centaine d'auteurs peuvent intervenir. Chaque établissement choisit ensuite en fonction de ses besoins, de son public, de ses projets pédagogiques.

Après ce choix, quelles sont les démarches à entreprendre au niveau administratif ?

Aura Meyer : Il faut simplement établir une convention entre les trois parties: l'établissement, l'auteur et la bibliothèque municipale.

Qui s'occupe de la rémunération des auteurs ? Est-ce gratuit pour les établissements scolaires et pris en charge par la bibliothèque ?

Aura Meyer : Chaque partenaire participe, la convention le précise. La Salon paye le cachet, l'hôtel et les repas; l'éditeur et la librairie ont à leur charge les déplacements, les déjeuners du samedi et du dimanche; l'établissement au final paye 95€ par auteur. Il s'agit d'une participation forfaitaire.

Sur quelle ligne budgétaire cette somme est-elle débitée ? Avez-vous un budget spécifique à l'occasion du Salon du livre ?

Aura Meyer : Non, il n'y a pas de budget spécifique. En revanche, il existe une ligne pour les animations culturelles. Le budget du CDI sert à l'acquisition des ouvrages uniquement.

Au niveau logistique ce sont les responsables du Salon qui gèrent les auteurs ?

Aura Meyer : Les documentalistes s'occupent des auteurs lorsqu'ils les reçoivent. Ils les cherchent à la gare lors de leur arrivée, les amènent d'un établissement à un autre, les raccompagnent à leur hôtel ou au Salon. Nous prévoyons également leur repas du midi.

Combien d’intervention font les auteurs en moyenne ? Combien de temps restent-ils dans l'établissement ?

Aura Meyer : Les auteurs interviennent le vendredi et le samedi avant d'aller au Salon. Trois rencontres sont possibles, deux le vendredi et une le samedi en moyenne. Selon le projet, ils peuvent rester avec les élèves une ou deux heures.

Au niveau pédagogique, quelles sont les pratiques dans les établissements ?

Aura Meyer : Chaque documentaliste monte son projet. Il peut s'agir d'une simple rencontre  pour une classe sous forme de questions-réponses avec un enseignant; certains font des conférences avec plusieurs auteurs et des enseignants de disciplines différentes en amphithéâtre; certains pratiquent également des ateliers d'écriture...Il existe une variété d'activités.

Y-a-t-il une « après-rencontre » ? Savez-vous si les élèves vont ensuite fréquenter le Salon pour y revoir l'auteur ou s'intéresser à la littérature et aux manifestations proposées ?

Aura Meyer : Nous n'avons jamais effectué de sondages, cependant, nous avons un stand et nous voyons beaucoup d'élèves passer. Ils viennent notamment  pour les remises des prix aux différents concours.

Autour du Salon, les documentalistes ne se contentent pas de recevoir les auteurs, vous avez développé une multitude d'activités pour solliciter au maximum les élèves. Pourriez-vous nous en dire plus ?

Aura Meyer : En effet, nous proposons des activités autour du Salon dès le primaire, en collège, puis au lycée. Ils participent dès qu'ils sont petits et bénéficient d'une continuité pédagogique. Les rencontres avec les auteurs sont une partie du travail que nous effectuons; nous mettons en place parallèlement des concours d'arts plastiques, de lecture et d'écriture à partir du thème du Salon, cette année, « Les écrivains du froid ». Les élèves gagnants sont invités au stand que nous tenons au Salon pour la remise des prix. Cette année, les documentalistes de collège ont aussi crée un rallye dans les musées de la ville. Au sein du CDI, c'est l'occasion de mettre en valeur des ouvrages que nous n'aurions pas instinctivement mis en avant et de renouveler notre fonds par de nouvelles acquisitions en fonction du thème annuel.

En somme, vous avez mis en place un rayonnement du Salon dans les établissements scolaires : plusieurs activités, plusieurs disciplines, tous niveaux confondus. Ils sont fortement sensibilisés, la rencontre n'est qu'un point du travail que vous effectuez. Je suppose qu'en plus de ce rayonnement pédagogique, vous bénéficiez d'une stratégie de communication qui dépasse le milieu scolaire.

Aura Meyer : Oui, les élèves dans leur vie personnelle voient les affiches publicitaires dans la ville, trouvent des tracts dans les lieux culturels. La presse relaye les concours que nous mettons en place et toutes les activités qui ont lieu dans le cadre du Salon. Sur Internet, ils peuvent également consulter le site du Salon.

Je vous remercie de votre témoignage et vous souhaite bon courage pour l'organisation de ce prochain Salon !

Recherche avancée