Un soutien à toute épreuve Les moyens nationaux

Les moyens nationaux de la sécurité civile française regroupent des professionnels aux compétences très diverses. Des sapeurs-sauveteurs des formations militaires de la sécurité civile aux démineurs, en passant par les personnels navigants, les pilotes et mécaniciens de bord, les techniciens de la logistique et les personnels administratifs… tous interviennent pour protéger la population en France ou à l’étranger, en anticipation ou en réaction à une crise.

Une force de l’État pour intervenir lors des crises : les moyens nationaux disposent de capacités variées et adaptées pour remplir leur mission de protection des personnes, de l’environnement et des biens. Regroupés au sein de la sous-direction des moyens nationaux, leurs compétences s’expriment au travers de différentes professions.

Les formations militaires de la sécurité civile (ForMiSC)

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Des sapeurs-sauveteurs recherchent des personnes ensevelies dans les décombres d’un bâtiment détruit. © Joachim Bertrand / Sécurité civile
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Dépollution des rives de la Loire suite à une fuite d’hydrocarbures d’un dépôt à Donges. © Joachim Bertrand / Sécurité civile

Ce sont plus de 1 400 militaires, placés sous les ordres du ministre de l’intérieur pour accomplir des missions de sécurité civile. Ces sapeurs-sauveteurs sont répartis en trois unités, capables d’intervenir immédiatement sur toute catastrophe, en renfort des acteurs de secours locaux. Ils sont à la fois des renforts humains mais aussi de matériels et de savoir-faire spécialisés, notamment dans la gestion des crises technologiques et/ou sanitaires. Des personnels militaires sont aussi présents au centre opérationnel de gestion interministérielle des crises (COGIC) ainsi que dans les centres opérationnels zonaux (COZ), métropolitains et en ultra-marins (Guyane, Réunion et Martinique).

Les démineurs

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Exercice sur colis suspect avec la tenue lourde et le détecteur de rayons X © Joachim Bertrand / Sécurité civile
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Intervention du robot Théodore sur un colis suspect © Joachim Bertrand / Sécurité civile

306 démineurs de la sécurité civile sont répartis sur tout le territoire français. Historiquement, leur mission était de dépolluer les champs de bataille des mines et munitions qui n’avaient pas explosé durant les deux dernières guerres mondiales. Peu à peu, leurs missions se sont diversifiées notamment pour faire face aux menaces terroristes. Ils sont répartis dans toute la France dans 24 centres de déminage (dont 2 en outre-mer), 1 antenne et 4 sites de prépositionnement, 1 centre de formation, 1 échelon central. Les délais d’intervention sont courts : ils arrivent dans les villes les plus éloignées des centres de déminage en moins de 3 heures et en moins de 15 minutes sur les sites où des équipes sont déjà présentes (aéroports). Ils effectuent annuellement près de 12 000 interventions sur munitions anciennes, plus de 2 000 interventions sur objets suspects et assurent la sécurisation de plus de 350 grands rassemblements et voyages officiels.
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Les moyens aériens

Les moyens aériens de la sécurité civile assument deux missions : la lutte contre les feux de forêts (voir un article) et le secours aux personnes.

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Canadair CL 415 au largage © Joachim Bertrand / Sécurité civile
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Dash en vol © Joachim Bertrand / Sécurité civile

La lutte contre les feux de forêt : 90 pilotes arment une flotte d’avions composée de bombardiers d’eau (12 Canadair, 9 Tracker et 2 Dash 8) et d’avions de liaison, de coordination et d’investigation (3 Beechcraft King 200). Les Canadair (avions amphibies) permettent l’attaque massive de feux établis. Les Tracker et les Dash 8 (qui font leur plein au sol) effectuent des missions de guet aérien armé (survol des forêts avec du produit retardant dans les soutes pour l’attaque des feux naissants). Les Dash 8 peuvent aussi être utilisés pour transporter personnels et matériels, notamment les ForMiSC, sur des opérations à l’étranger.

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Beechkraft King 200 © Joachim Bertrand / Sécurité civile
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Hélitreuillage depuis un hélicoptère EC 145 © Joachim Bertrand / Sécurité civile

Le secours aux personnes : 225 pilotes et mécaniciens arment les 23 bases hélicoptères opérationnelles en France et en outre-mer (Guadeloupe et Martinique). La flotte se compose de 35 hélicoptères EC-145, aussi appelés « dragons » (15 043 interventions en 2012, dont 13 581 personnes secourues). Ils peuvent également effectuer des missions de transport, de feux de forêts, de transport interhospitalier et de missions au profit d’autres administrations.

Le soutien opérationnel et logistique

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Exercice du groupement d’intervention logistique © Joachim Bertrand / Sécurité civile
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L’entretien des véhicules est assuré par les techniciens des ESOL © Joachim Bertrand / Sécurité civile

Les 3 établissements de soutien opérationnel et logistique et l’antenne Est (ESOL) sont des bases importantes pour le maintien en condition opérationnelle et le stockage des matériels. Ils permettent aussi un soutien technique et logistique en assurant le transport, l’installation et l’utilisation des matériels. Ils forment une arrière-garde indispensable pour l’accomplissement des missions de la sécurité civile. Ils ont aussi la responsabilité de la réserve nationale : du matériel stocké dans 6 dépôts (dont 2 outre-mer), capable d’être mobilisé en cas de crise à la demande du préfet et utilisé par tous les intervenants d’une opération. Cette réserve de renfort (15 millions d’euros de matériel) peut fournir :

  • des outils pour produire de l’eau potable (voir l’article Puiser l’eau douce, comment ça marche ? ) ;
  • de l’énergie et de l’éclairage ;
  • du matériel de sauvetage et de déblaiement, de lutte contre les feux de forêts ou contre les inondations ;
  • des tenues de protection face aux risques NRBC (nucléaires, radiologiques, bactériologiques et chimiques) ;
  • de quoi héberger des populations et restaurer de nombreuses personnes.

Une logique de synergie

Même si ces forces de secours paraissent très différentes, elles œuvrent continuellement ensemble afin d’être le plus efficace possible. Au sein de la sous-direction des moyens nationaux, les liens entre ces acteurs sont importants car ils permettent de mutualiser les compétences.

Par exemple, les moyens aériens sont utiles pour transporter des démineurs lors de missions urgentes. Les militaires de la sécurité civile et les établissements de soutien opérationnel et logistique collaborent très régulièrement sur le front des inondations et lors des grands événements. En matière d’innovation, les techniciens des ESOL sont mobilisés pour tout type de matériel : ils ont ainsi récemment créé une remorque adaptée au transport des hélicoptères.

Cette synergie des moyens nationaux permet donc l’amélioration des matériels et des techniques d’intervention. Elle implique le maintien d’une cohérence, assurée par une hiérarchie partagée au sein de la sous-direction des moyens nationaux de la sécurité civile. Cette cohérence facilite l’adaptation des moyens en fonction des besoins : prise en compte de nouveaux aléas de risque, déploiement des personnels et matériels en fonction des enjeux (à long terme : suivant l’évolution des bassins de population, ou à court terme : en fonction des saisons, des personnels sont prépositionnés, comme dans le Sud de la France pendant l’été en raison du risque de feu de forêt). Il faut aussi prendre en compte la contrainte budgétaire qui implique de disposer rationnellement ces moyens sur le territoire français.

Une perpétuelle adaptation

L’objectif des moyens nationaux est de développer des capacités d’intervention complémentaires à celles des autres acteurs du secours. En effet, les moyens nationaux opèrent soit en renfort des moyens traditionnels (renfort des sapeurs-pompiers lors des feux de forêt par exemple), soit en cas d’intervention spécialisée (telles une action de déminage ou des interventions lourdes de pompage d’eau en cas d’inondation). Leur rôle est d’apporter une expertise et des compétences spécifiques : formations spéciales en déminage, capacités d’intervention uniques (comme le détachement d’intervention héliporté, pour lutter contre des feux de forêts inaccessibles), spécialisation spatiale et technique des pilotes d’hélicoptères de la sécurité civile (vols en milieux difficiles, vols de nuit).

En plus de ces capacités d’intervention, les moyens nationaux nouent de nombreux partenariats afin de collaborer avec les autres acteurs de secours. Les sapeurs-pompiers sont les premiers partenaires car ils partagent la même culture du secours. Des liens existent aussi avec les services de santé (Samu) et de police (Raid, par exemple). Ces partenariats visent à optimiser la sécurité de la population. Ils servent aussi à repousser les limites des moyens nationaux : restreindre le recours au secteur privé pour l’utilisation de matériel lourd, coordonner les moyens spécialisés (pour éviter une concurrence entre les services).
Les moyens nationaux de la sécurité civile font perdurer un savoir-faire de qualité et maintiennent des capacités uniques d’intervention ; ils font aussi preuve d’imagination pour anticiper les crises futures et développer dès maintenant les outils qui permettront de les gérer.